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mercredi, 22 octobre 2008
Promotion de l'incompétence.
Je suis (du verbe suivre ) depuis quelques temps déjà les tribulations de Mickaël Vendetta, le buzz blog du moment. Le jeune homme vient apparemment de signer un contrat (de quoi , là est la question ) avec une société de production nommée Trendy Prod, société qui possède dans ses poulains la jeune (?) Cindy Sander. Son blog reçoit près de deux mille visiteurs par jour et présente les oeuvres cinématographiques et pensées de son auteur qui dit être comme comédien, réalisateur et producteur.
Si l'on se penche sur les-dites oeuvres, on ne peut constater que l'étendue des dégâts : absence totale de scénario, dialogue d'une pauvreté affligeante, technique cinématographique proche du zéro absolu, films n'ayant pas de fin... Si cela vous intéresse vraiment, vous pouvez aller sur sa page You Tube. Si nous nous contentons de ses pensées, nous lirons un ramassis de lieux communs, d'arrogance idiote, d'égotisme et de fautes de français. Bref, nous sommes face à un mythomane qui croit à la belle vie qu'il s'est inventée sur le net. Rires en cascade des bloggeurs patentés, moqueries, insultes, chacun veut voir le phénomène de foire. Ils (nous) viennent à plus de mille par jour et le blog n'ayant qu'une approche quantitative du succès, le blog de MV est un succès ! La farce pourrait s'arrêter là et le soufflé doucement retomber.
C'est alors qu'interviennent les véritable malfaisants, ceux pour qui l'équation notoriété=rentabilité est la clé du succès. Ici il s'agit de Trendy Prod, ils auraient beau jeu de dire que si ce n'avait pas été eux, c'en aurait été d'autres. Toujours est-il que surfant sur ce succès d'estime, ils décident d'exploiter le filon et flattent affreusement le pape de la "bogossité" pour faire un peu d'argent. Qu'en pense la blogosphère ? Pas grand-chose, les plus optimistes pensent que MV a tout compris, les autres qu'on va bien rigoler. Bref, tout le monde accepte cet état de fait,, le répand même, personne ne met en doute l'équation.
Pourtant il y aurait beaucoup a dire sur cette promotion de la nullité et de l'incompétence. Peut-on vraiment parler de réussite quand on fait l'éloge de ce qui dessert l'intérêt commun ? N'y a -t-il rien d'immoral à exploiter ce qui est le moins défendable en l'être humain : le mensonge (y compris à soi-même) le sentiment vélléitaire, l'inabouti, l'arrogance ? Il me semble choquant qu'on puisse dire des gens qui ont eu l'idée de ce genre d'usage qu'ils ont "réussi". Un tel point de vue est un point de vue de calculatrice et rien d'autre. La réussite est-elle simplement le reflet de ce que nous avons recueilli pour notre besoin personnel ? Ou alors est-elle aussi l'ensemble de ce que nous avons légué aux autres ? Dans le premier cas, on pourrait dire de l'oeuvre de Verlaine qu'elle est moins réussie que celle de Sulitzer.
Ou bien n'y a-t-il plus rien d'humain dans ces relations ? Peut-être n'est-ce que de l'exploitation, on prend un produit humain, on l'élève comme on le ferait d'une poule et on tente de le revendre plus cher qu'on ne l'a acheté. Pour le coup c'est assez facile, puisqu'on l'a acheté un croûton de pain. L'homme serait donc une marchandise comme une autre ? Et si ce jeune homme gagne sa vie en étant volontairement acteur de la farce, ce n'est pas un signe d'intelligence contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est au mieux le signe du cynisme le plus absolu (celui qui vole un argent qui lui est indu), au pire celui d'une immoralité assumée (celle qui ment pour son propre bien-être).
Enfin, suis-je le seul à être choqué qu'on puisse récompenser l'incompétence plutôt que la compétence, qu'on promeuve le vide plutôt que le sens ? Manquons-nous tellement de gens talentueux pour que nous en soyons à nous rabattre sur le pire qu'on nous propose ? Sommes-nous nous-même assez cyniques, assez vide d'empathie pour rire de la grotesque glorification de MV ? Pourquoi ne trouvons-nous pas les moyens d'empêcher de telles évènements d'advenir ?
Il est vrai qu'on ne peut aller contre la liberté d'un homme : chacun a le droit de se montrer tel qu'il se croit. Cependant, lorsqu'il est évident que cet homme se fourvoie, ne propose rien qui soit de qualité, rien d'enrichissant pour lui et pour les autres, n'est-il pas de notre devoir de le lui dire ? Il est déroutant de constater que l'accès à la richesse soit devenu le seul référent de réussite sans même qu'on s'autorise à prendre en compte la culture, ou encore le talent, ou bien la contribution au bien commun, ou finalement ce gros mot : la vertu.
13:36 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : colère, vendetta, trendy prod
samedi, 18 octobre 2008
Journée poisson.
Hier à la cantoche il y avait sardines à l'huile en entrée et tarte au saumon en plat.
Quand je suis rentré, on a fait un apéro à base de rillettes de thon et de maquereau.
Je sentais des pieds.
Et j'ai baisé avec ma compagne.
Journée poisson.
10:22 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 16 octobre 2008
12 euros foutus en l'air.
Aujourd'hui j'ai ruiné mes chaussons. Bien sûr tout le monde s'en fout. N'empêche c'était des chaussons de collection quasiment par les temps qui courent, avec une semelle épaisse en polymachin de schmilblick, tout en pétrole. Ruinés parce que j'ai du sortir dehors sous la pluie, parfaitement, sous la pluie, en chaussons. Il fallait que je me presse à cause de cette satanée vieille conne.
J'avais rien demandé moi, j'étais tranquille en congé à regarder le Renard sur la trois (des fois on se demande à quoi servent les congés) quand soudain le téléphone sonna. D'accord c'est pas terrible comme soudain , mais face au suspens du renard c'est déjà bien je trouve. Donc soudain le téléphone sonna et je décrochis : "allo M. Cohen ?" Chic me dis-je, ma mandoline électrique est arrivée (oublions cette dernière phrase). "Voilà je viens de retrouver votre portefeuille dans un caddie et je me demandais au vu de votre physique avantageux sur votre carte d'identité si je pouvais avoir l'honneur de coucher avec vous ou au moins de vous faire une fellation, mon nom est Uma Thurmann. " Pour le caddie et le portefeuille c'était vrai.
J'ai donc dû sortir sous la pluie pour aller chercher mon portefeuille parce que la vieille chose qui me le rapportait était infoutue de lire une adresse et s'était garée à deux cents mètres. J'étais d'autant plus en colère que ces satanées tatanes, quand elles prennent l'eau, font un bruit qui oscille entre le poumon écrasé et le chat malade (très malade). Je me promettais donc de faire savoir mon mécontentement à qui de droit, c'est -à-dire à ma compagne qui m'a suggéré que puisque je foutais rien autant me rendre utile, pour une fois, ça serait original, et d'aller faire les courses. Les courses du manger de la semaine.
J'y suis allé. Deux fois. Car la première fois en,lieu et place de la liste des courses, j'ai pris la liste des menus de la semaine. je m'en serais tiré à peu près à bon compte si une soudaine attaque d'abrutite aigüe ne m'ai poussé à confondre fondue savoyarde et raclette, ce qui me poussa à acheter un kilo de comté et de gruyère ainsi que de la viande des grison, du jambon, du bacon... Bref, 90 euros plus tard, j'étais déjà dans une humeur de dogue, mais je me contenais en pensant au Renard que j'allais regarder tranquillement dans mon canapé après le deuxième voyage. Certes, j'eusse pu (j'adoore la conjugaison) me dire que ma compagne irait faire le complément un autre jour, mais viril en diable, je décidais à nouveau d'affronter les rayons de mon supermarché préféré.
Au début tout se passa bien. J'avais onze produits dans mon caddie. Quand la charmante caissière m'intima l'ordre de changer de file attendu que j'étais dans celle des clients payant MOINS de 10 articles, j'aurais peut-être dû lui écraser les oeufs sur la gueule en lui demandant si ce coup-là je pouvais passer ou si elle voulait aussi que je lui mette le saucisson dans le cul. Mais en fait un sursaut d'intelligence vint me signifier que je devais m'en prendre plutôt à son chef, lequel mesurant son double-mètre, m'incita à m'écraser et à passer à la file la plus proche.
Ce fut une grave erreur. Des deux personnes me précédant, la première avait pour ambition de résorber la faim dans le monde, et entassait encore et toujours des tonnes de produits alimentaires divers sur le tapis roulant. Une demi-heure après, tandis qu'elle rajoutait un zéro à son chèque, je me dis que nous étions sur la bonne voie et que le Renard n'avait qu'à bien se tenir. L'observation de la seconde personne me fit alors frissonner d'horreur. Autant le premier client entassait des montagnes de produit, autant le second les posait comme l'eût pu faire le petit Poucet. Ahanant, quasi grabataire, mesurant deux cents kilos de trop, il enfilait (mettait en file) les bouteilles de bière et les sacs du rayon charcuterie.
Ne voulant pas le vexer en lui faisant sentir son handicap, je ne lui proposait pas de l'aider, et je me contentais de lui lancer des regards furieux. Regards qui me furent rendus d'ailleurs lorsque la caissière s'aperçut qu'un de mes articles (2€60) n'avait pas de code-barre. Savez-vous combien de temps cela prend pour trouver une vendeuse en rayon ? Ceux qui me suivaient le savent et je ne dois ma survie qu'à ma parfaite maîtrise du nunchaku-saucisse sèche.
Pour faire court, lorsque ma compagne est rentrée, je n'ai pas cessé de regarder le Renard et j'ai dit que la prochaine fois c'était elle qui faisait les courses et qu'elle ferait bien de m'offrir des chaussons.
23:24 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note