dimanche, 27 novembre 2005
La poésie j'aime d'amour.

Liste de vers et de raison d'être prof.
J’avais le temps. J’avais l’intimité. J’avais à mes côtés une enfant amoureuse, amoureuse comme on ne l’est plus jamais par la suite, parce que ces amours ne comptent guère, parce qu’ils ne sont pas graves donc forcément heureux. Une amoureuse reprenant de pâles vers sur une feuille pour se rappeler celui qu’elle s’entraîne à aimer. J’ai pris la feuille, et j’ai écrit.
« J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends »
J’ai mis le nom de l’auteur parce que la beauté a souvent un propriétaire, même si on se l’approprie. Et elle m’a dit : « c’est beau ». Simplement.
Alors j’ai repris son bic et j’ai écrit.
"Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus lègère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.
Ô traverse les murs, s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans, couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort."
Pas tout entier parce que j’avais oublié un peu. La beauté aussi on peut l’oublier. Elle a lu, elle n’a rien dit et j’ai eu l’impression que les mots peut-être dépassaient les sentiments. Nous avons attendu un moment, juste le temps que la magie opère, un long moment, et puis elle m’a demandé « un poème monsieur, avec de l’amour, mais sans que ça fasse mal, tranquille. »
Alors j ai écrit les paroles de Saturne de Brassens.
Et j’ai réalisé que ces textes ne servaient pas à rien, qu’ils pouvaient redevenir, quotidiennement, bêtement, un porte parole, j’ai redécouvert leur pouvoir d’accompagnement. Et je suis bien content de savoir que dans un coin de ses carnets il y aura les plus grands poètes du monde. A côté de M.Pokora.
21:59 Publié dans Ethique en toc | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
vendredi, 25 novembre 2005
Toute première fois, toutoute première fois.

Liste unique que ce cher STV m'a demandé de raconter par le menu et que j'écris parce que c'est bien mais que je passerai pas parce que dans ma blog-roll tout le monde l'a fait , de mes primo-émois sexuels, à savoir la première que j'ai fait pssfftarg avec mon zizi.
Le sujet m’a été sympathique, mais je vais encore déroger à la règle attendu que ma première relation charnelle fut inopportune, anale et fort peu satisfaisante. Je vais vous raconter ma seconde relation charnelle, ou plutôt : la première fois que j’ai baisé.
Etant d’un naturel fort timide, je me glorifie des circonstances ayant prévalues à mon dépucelage puisque je me suis permis de piquer la gonzesse à deux mecs. Cohen superstar. Il s’agissait d’une de ces soirées étudiantes pleines de bière et de fureur. Nous y avions été invité et n’avions guère tardé à prendre les choses en main, tant et si bien que certains imbéciles crurent bons de nous raccompagner manu militari avant que notre carrosse ne se transforme en citrouille.
Nous fûmes accompagné dans cette fin de non-recevoir par la jeune fille qui nous avait invité. Or cette demoiselle fort avenante avait un fiancé officiel. De plus, un de mes amis avait des vues sur la dite jeune femme. Hélas pour lui nous commençâmes à nous embrasser quasiment par la force des choses puisqu’entassés à cinq sur la banquette arrière d’une LN Citroën. La proximité crée l’intimité.
Ayant été déchargés à son logis et dans l'espoir de décharger à son logis, nous nous introduisîmes dans son petit appartement coloué par une sienne amie (que je n’eus pas le réflexe de convier à nos agapes, on est con quand on est puceau) .Les préliminaires furent longs et nombreux, car j’aime à goûter les femmes avant de les consommer et j’aime notamment avoir l’impression de dompter un pubis affolé, sans les mains.
Quand je me décidais enfin à sortir la bête de son antre (on a le droit de rêver, non ?), je ne réalisai pas que j’avais mésestimé plusieurs facteurs. D’une part le taux de mon alcoolémie, et d’autre part le fait que des préliminaires trop poussés peuvent mener à un degré d’excitation non négligeable, surtout quand la partenaire a bon goût. C’est ainsi qu’à peine introduit, je ne réussis pas à maîtriser la fougueuse vague de jouissance et laissais filtrer un cri balançant entre « arg » et « putain merde ».
Prenant acte de l’évènement et en conséquence, assumant mes responsabilités, je me proposai alors de quitter définitivement le plancher en faisant la gueule afin de cacher ma honte et ma déception.
Un mois plus tard, son fiancé devait m’ouvrir les lèvres mais pas méchamment, juste par hasard au gré de mes entraînements de boxe. Lui c’était le coup de pied fouetté qu’il n’arrivait pas à maîtriser.
17:30 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
mercredi, 23 novembre 2005
Labiche + toilettes = bonne idée de réception.
Liste de carnets que j'ai semé nonchalamment dans mon logis et qu'il serait bon que vous égayiez pour peu que vous passassiez à la maison ce qui n'est pas demain la veille attendu que je suis en pleine hibernation, c'est dingue comme j'arrive à recycler mes vieilles notes par des allusions fines.
Certains textes littéraires ont cette appréciable faculté de nous replonger dans des époques révolues, faisant ressurgir la douce odeur des mœurs surannées. En ce moment, en compagnie d’une de mes classes de quatrième, nous lisons et nous jouons, quand la salle de classe s’y prête, Le Voyage de M. Perrichon d’Eugène Labiche, une œuvre légère mais néanmoins joyeusement critique à l’égard d’une société bourgeoise sclérosée. Bref un truc un peu imbitable.
Or dans ce texte dramatique (forcément), le héros qui se nomme … M. Perrichon, je vous prierai de suivre au lieu que vous faisez les couillons merci, le héros donc, effectuant un voyage ne montagne, est sollicité par son hôte afin qu’il laisse un paraphe dans le livre d’or de l’auberge. Belle tradition que celle qui consiste à recueillir les fortes pensées des fortes panses rebondies qui nous rotent à la plume leur contentement touristique.
Il se trouve que la théorie du chaos aidant, un carambolage d’idées eut lieu à la sortie même du cours. Bouillant du désir d’évacuer de ma vessie durcie une miction désagréable à ma concentration (je pisse pas comme tout le monde moi monsieur), je m’isolais dans l’atmosphère surchargée en solvants des toilettes du personnel.
Sur le mur de l’isoloir à déféquer, un collègue, dont l’humour ravageur égayait la salle des profs avant que nous ne l’achevassions à coup de barre à mine, avait affiché un panonceau où trône un homme affolé de n’avoir pu tirer qu’un minuscule bout de papier hygiénique du rouleau, tandis que cette prose illustre le dessin : « Mobilisons-nous pour les sans-papiers ! Enfin une cause à laquelle tous adhèreront. ».
Fin lettré, un autre collègue avait osé la correction suivante : « adhèreronts » .On peut se consoler en se disant qu’il n’y a pas plus d’analphabètes chez les profs que de malhonnêtes gens dans la police. S’ensuit une série de remarques, de biffures, une riche conversation que clôt la phrase suivante, qui a le mérite de recentrer le débat : « c’est dingue comme on se fait chier aux toilettes. »
Tout ceci fit naître en moi une irrépressible envie d’inclure aux endroits les plus incongrus des livres d’or que les passants rempliront au gré de leurs pérégrinations. J’en ai déjà égaré une dizaine dans la maison.
Je vous fais part des premières réflexions de ces ouvrages : « Vive le bronzage intégral ! signé Coco le poulet » (livre d’or du four) « j’avais la banane, maintenant j’ai la pêche » (livre d’or du compotier) « le bourgogne était excellent . Signé : une mère satisfaite. » (livre d’or du pot en grès qui sert à faire le vinaigre)
17:03 Publié dans Les conseils de la Barbaronne. | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
Hiver 2054 - le retour de l'AbbéPierrator

Liste de raison pour lesquelles je n'ai pas écrit ces derniers temps laissant mes lecteurs dans un intense désespoir, mais j'espère que vous ne vous êtes pas tous suicidés, ça me ferait malice.
Il n’est plus temps de se voiler la face, les évènements récents l’ont prouvé : la situation est grave. Oh certes, nous avons encore le choix de détourner les yeux, nous pouvons chercher des boucs émissaires et des solutions simples, nous ne pouvons plus rester indifférents devant notre poste de télévision. L’hiver est là.
Les dentelles givrées des araignées ornent au matin les arbres des jardins. C’est très joli. En même temps, ça prouve qu’il y a des méchants crados dans le monde. Le thermomètre est si bas qu’on pourrait marcher dessus comme disait le poète couillon. Au matin, il nous faut gratter les vitres des automobiles pour partir au travail.
La majorité des humains a décidé de baisser les bras. Ils s’engoncent dans de lourds pulls en laine, ils se carapaçonnent de modernes fibres thermiques, c’est un festival de nez bleus et de nez coulants. Ils n’ont pas encore pris la mesure de l’hiver. L’hiver n’est pas une saison, l’hiver est une guerre surhumaine entre l’Univers avec un grand U et l’Homme avec une petite bite (ah ben oui c’est le froid).
Vaillamment je résiste, parce que je ne laisserai pas de telles forces me priver de ma planète à moi, que je paie des impôts dessus merde alors. Et si l’hiver n’est pas content qu’il retourne dans son pays, je lui ai pas demandé de venir après tout. Alors si je veux sortir en maillot de bain, je sortirai en maillot de bain et puis c’est tout.
En fait je prends plutôt exemple sur l’ours et la marmotte, animaux sages, et je somnole tranquillement en faisant un ou deux bras d’honneur à l’hiver ambiant et puis même tiens au temps qui passe. Donc la voilà mon excuse pour ne pas avoir posté depuis une semaine : j’hiberne.
Vous allez m’objecter que j’avais que ça à faire d’écrire puisque je ne sors pas de la maison. Je répondrais que si vous aviez fait des études plus poussées en animalogie, vous sauriez qu’afin de ne pas souiller leur antre, les plantigrades se collent au fondement un bouchon végétal afin de garder leurs sécrétions naturelles.
Personnellement, l’herbe tiens pas et j’ai mis un bouchon de champagne. J’ai du mal à m’asseoir devant l’ordinateur ces derniers temps.
18:49 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
dimanche, 13 novembre 2005
Pot de caste le retour
Juste pour dire j'en ai fait un second à droite.
Voilà voilà.
17:02 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
jeudi, 10 novembre 2005
Etre invité.
Liste d'indispensables règles de savoir vivre quand on sort chez des gens avec qui l'on ne veut pas se fâcher nonobstant le fait que l'on soit le premier samedi du mois et qu'on a autre chose à voir devant Canal +.
Avoir une vie sociale est une épreuve dont on ne peut guère se passer aujourd’hui et il m’arrive de regretter la douce ère néanderthalienne où le plus proche voisin habitait dans un rayon de trente kilomètres. A notre époque, il semble que la seule façon que nous ayons trouvé de nous sentir aimé est de fréquenter nos semblables, et c’est pourquoi nous nous invitons à tout crin les uns les autres. Afin de rentabiliser au mieux les invitations de vos proches, voici quelques précieux conseils qui vous permettront de passer pour un être fréquentable en société. (Au passage, vous remarquerez que toutes les phrases du paragraphe commencent par un A. Voilà voilà)
Quand vous vous présentez chez vos hôtes n’oubliez pas de vous munir de quelque friandise que vous offrirez en souriant (malgré l’argent que vous avez du débourser)sans vous fier au cri strident de votre hôtesse qui affirme que « il ne fallait pas », alors qu’il fallait pour ne pas passer pour un plouc. Je conseille à cette occasion de fournir un vin d’assez bonne qualité sans être excessivement cher et qui puisse se boire tout de suite car il n’est pas question que ces cons-là en profitent dans votre dos. Vous avez payé, vous consommez, non mais oh.
Il est appréciable aussi de se munir d’un ou deux enfants en âge assez bas et de caractère plutôt vif. D’une part ils vous permettront d’échapper aux vaines discussions ayant pour thème au choix, l’invincibilité lyonnaise dans le courant du championnat (alors que Saint Etienne va les latter, tout chauvinisme mis à part), le malaise économico-social ambiant, la fraîcheur des coquilles Saint-Jacques dans les bacs d’Intermarché, et ce grâce à leur propension à brailler, ce qui vous permettra de vous absenter pour leur gueuler dessus en les traitant au choix de rhodanien dégénéré, de fils de soûl ou de bouffeur de saucisse.
De plus quand se présentera le délicat moment où vos boyaux torturés demanderont grâce du kir breton qu’accompagnait l’oumos de l’apéritif, il vous suffira de prendre l’un d’eux par la main et de lui dire : « tu as envie de faire caca ma chérie ? » Avant que l’enfant n’ait le temps de répondre, emmenez-le aux petits coins et enfermez-vous à deux. Vous pouvez maintenant déféquer avec délectation en crépissant l’émail et en produisant de méphitiques émanations qui font croire que M. Bush aurait mieux fait de chercher des armes de destruction massive dans vos fesses.
En revenant lancez un jovial « je sais pas ce qu’elle a, elle digère très mal ces derniers temps ! » à la maîtresse de maison, car il faut faire preuve de savoir-vivre.
Pour ce qui est de la prise de congé, ne refusez jamais le moindre alcool qu’on vous propose, une cuite gratuite est bien trop précieuse. Et si jamais vous avez un peu trop bu, n’oubliez pas : « tu as envie de vomir ma chérie ? »
20:25 Publié dans Les conseils de la Barbaronne. | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note
mercredi, 09 novembre 2005
Rions en parlant des banlieues qui crâment.
Liste de rien du tout j'ai pas envie de faire un titre alambiqué alors prout, je m'excuse mais bon il y a des jours comme ça où la tournée des forums vous font réaliser qu'en France il y a plus de racistes que de noirs et d'arabes, alors forcément quand on est amoureux de la République et d'un pays superbe, ça me chie un peu la bite.
Six jours sans poster, quelle honte, je suis fort marri. Mais ma raison est simple. D'un naturel jovial (sauf en vrai hein, je suis chiant en vrai), je me délecte à l'idée de vous faire pouffer quand vous venez lire ce blog. Eh bien, croyez-moi ou allez changer la caisse du chat, mais ces derniers temps je n'ai guère le coeur à la gaudriole. Outre des problèmes professionnels et un emploi du temps très chargé (pour un prof n'est-ce-pas, pas 120 heures par semaine comme n'importe qui dans le privé, faut pas déconner), je suis touché plus que je ne m'y attendais par les incendies et autres violences péri-urbaines.
Normalement je m'en fous, c'est des gens qui ne sont pas de mon monde, mais là, va savoir pourquoi, je m'agace. J'ai fait aussi l'erreur de m'y intéresser, de surfer un peu sur les sites d'informations et les forums internet, ce qui ne peut avoir pour conséquence que l'énervement. Les soulèvements sont graves. Oui. Pas pour moi. Non, moi je suis dans mon milieu privilégié et puis si ça chie trop je file en Suisse.
Bien sûr il me revient quelques réminiscences d'une autre vie où j'étais éducateur et m'occupais de jeunes délinquants en réinsertion. J'étais notamment référent pour deux d'entre eux un Majid et un Benoît qui étaient les heureux possesseurs de rien du tout et cherchaient un apprentissage en mécanique. Le premier coup fut le bon et le garagiste engagea mon jeune en affirmant que "c'est bien, ça fait un mois qu'on cherche quelqu'un de sérieux, c'est pas évident à trouver" ce qui prouva que si le patron avait des compétences en réparation automobile, il n'était guère physionnomiste puisqu'il avait décliné la demande de mon autre protégé la semaine précédente en me disant que "ah non y'a rien".
Je vous laisse le soin de deviner qui de Mourad ou de Baptiste fut engagé. Mais en fait je m'en fous un peu, je ne m'appelle pas Abderzak. Ceci est juste une anecdote, pas une analyse bien sûr et je pense que Farid fut la victime d'un cas particulier, comme le furent tous les aspirants vendeurs ou vigiles du garage Ferrari sis en la riante banlieue de la Duchère (je n'invente rien, les zones franches c'est pas fait pour les chiens) et originaires du même quartier. Ca n'excuse pas, mais avouez que ça peut énerver.
Heureusement, il y a encore dans notre beau pays de France quelques élites responsables qui savent comment régler tous ces problèmes. M. Eric Raoult en fait partie (oui, on va pas toujours taper sur Sarkozy non plus, le pauvre déjà qu'il s'est fait jeter par sa femme, ce qui explique son envie de karchérisation. Ca n'excuse pas, mais avouez que ça peut énerver) qui débattait hier dans la télévision et qui eut ce mot digne des plus grands. A la question :" Quelle est votre analyse finale, M. le ministre ?" Gaullien en diable, les yeux tendus vers la ligne bleue des Vosges, il répondit avec inspiration : "La banlieue, aimez-là !"
Ce qui me porte à penser qu'il est plus tendance Séguéla que Villepin.
(Rions un peu avec nos amis journalistes. Entendu là maintenant sur France Trois : "c'est l'acalmie générale dans les banlieue malgré des incidents dans 198 communes et plus de 600 voitures brûlées")
(Rions un peu avec nos amis juges qui viennent de mettre en garde à vue une mère avec son fils pour manquement à l'éducation. Nul doute qu'à sa sortie de prison, son fils va la regarder avec des yeux emplis d'un respect nouveau.)
Bon, ce soir, ce n'était pas drôle, mais promis la prochaine fois, je vous apprends comment faire caca quand on a la diarrhée et qu'on est invité chez des gens.
19:45 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (49) | Envoyer cette note
jeudi, 03 novembre 2005
Jean de la lune.
Liste de ce que j'ai fait un soir chez ma mère.
J’ai eu l’envie de dire du bien du garage Peugeot de derrière chez moi, de vous le soumettre en parangon de la poésie moderne avec ses carcasses troublantes. J’ai bien fait de me retenir parce que ce soir, j’ai décidé de le faire crever une bonne fois pour toutes, de lui vomir dessus tout ce qu’il me vole quotidiennement. Imaginez l’odieux entrepôt équipé d’un flash radar qui s’allume à tout marsupial ou rongeur qui s’ébat joyeusement et nocturnement. Imaginez quatre forts lampadaires orangés qui vous font sembler le jour et vous cachent la nuit.
Maintenant téléportez-vous. Il existe encore des lieux vivants au mitan des montagnes, des lieux où la peur de l’étranger ne vous fait pas allumer les lumières au long des nuits, tout simplement parce que pour que des étrangers arrivent dans ces lieux désolés, il en faudrait du courage ou bien de la poésie. Certes ils sont froids, certes ils sont sombres.
Et cependant si vous faites l’effort de vous asseoir sous le vent nocturne, si vous laissez vos yeux s’habituer au ciel, alors vous verrez éclore des merveilles. Brûlante orangée, vient de naître Jupiter, planète gazeuse. Puis à gauche, en regardant vers l’est, apparaît Aldébaran, l’œil du taureau. Capella du cocher n’est pas bien loin, ni Rigel, ni Orion. Et au beau milieu de ces géantes, il est un endroit magique où des étoiles se poussent du coude pour paraître la plus gracieuse. Ce sont les Pléïades, qui ont bien fait de piquer le nom des poètes du seizième siècle.
Elles sont belles, distantes, un peu froides, elles sont un nid de vie. Elles sont six, elles sont huit, douze ou vingt peu importe, on s’intéresse peu au tour de poitrine d’une femme qu’on aime. Et finalement, les noms on s’en fiche un peu, le nez à la lune, en regardant la dentelle que nous offre la Voie Lactée, on pisse un coup la quique à l’air, on dit trois mots juste pour affirmer qu’on est vivant.
Et puis les nuages tombent lentement, et comme un fait exprès des deux côtés de l’horizon, véritables rideaux de ce spectacle céleste. Alors on rentre et comme une andouille je me précipite sur l’ordinateur pour celer dans le micro processeur ce qui me semble un beau texte et que pourtant les étoiles regardent en rigolant.
Doucement, parce qu’elles sont magnanimes.
18:30 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note