samedi, 29 octobre 2005
Toussaint au balcon, Pâques...on s'en fout de Pâques.

Liste minimale des raisons pour lesquelles je ne suis pas là dans les jours à venir vu que je vais m'occuper de faire la fête non mais oh faudrait pas que ça n'arrive qu'aux autres non plus.
Je descends. Je descends au pays où il y a de vraies montagnes qui fatiguent quand on les grimpe. Je descends parcourir de véritables forêts où l’on peut se perdre sans trop se forcer. Je descends patauger dans une vraie rivière, grouillante de truites d’élevage et d’écrevisses américaines.
Je descends voir maman dans son petit appartement. Au temps pour moi, je descends voir maman dans sa grande maison vide depuis qu’on est parti. Je vais la fêter. C’est qu’elle est née le jour des morts, maman. En 39. Comme elle dit : « ça commençait mal, j’ose pas imaginer comment ça va finir ».
Nous allons causer un peu ensemble après que je lui aurais offert un cadeau minable mais qui fera plaisir quand même. Nous allons causer devant quelques flacons, elle me donnera les dernières nouvelles du village. Et comme c’est normal pour un premier novembre, on va causer des morts.
Elle a soixante-six ans maman, et si elle parle des morts, c’est parce que dans son agenda, il y a de plus en plus de personnes qui habitent au cimetière. Des gens qu’elle a vu se ratatiner, d’autres qui sont restés éternellement jeunes, des gentils, des salauds, des gens quoi. Elle le prend bien, comme on doit le prendre, juste une fatalité. Non, c'est moi, c'est seulement une appréhension.
Je n’ai pas d’enfant, et c’est en la regardant que je prends de l’âge. C’est fou, chaque année qui passe elle vieillit un peu, elle n’a jamais été aussi proche de sa mort.
En même temps moi non plus.
On est à égalité en somme.
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mardi, 25 octobre 2005
C'est la lutte finale chez Carrefour jusqu'au mois de novembre.
Liste de numéros de code-barre qui à la longue deviennent lassants au point qu'on puisse ne plus ressentir aucune compassion pour les gens devant soi, ce qui ne laisse augurer d'un avenir sombre en matière de relations humaines.
Je n’ai rien contre les pauvres. Ils sont un mal nécessaire, comme disait le baron Sellière. Sans eux, la fortune aurait un goût d’inachevé, et être nanti n’aurait plus le même charme si l’on ne pouvait de temps à autre, glisser la pièce en larmoyant un peu.
Je n’ai rien non plus contre les grandes surfaces. Leur présence a permis à l’architecture des années cinquante d’être reconnue dans toute sa splendeur. Et imaginez le nombre de chanteurs qui se trouveraient aujourd’hui au chômage si leurs trilles navrantes n’étaient assenées au long des journées dans les rayons de nos grands magasins.
Il se trouve toutefois que la conjonction de ces phénomènes peut faire naître chez l’homme du monde un certain agacement, voire une irritation féroce. Les têtes pensantes de nos chaînes de grande distribution ont constaté que la masse des pauvres est bien plus grande que celle des riches et subséquemment, ont mis en place divers systèmes de fidélisation de leurs pauvres et moyen-pauvres qui n’ont pas le bon goût d’aller chez Fauchon.
Le dit système de fidélisation est toujours le même, soit une remise conséquente (en centimes) sur un achat conséquent (en euros). Moi qui vous parle, je reçois régulièrement des chèques de 80 centimes d’euros de bon d’achat. De cette manne vous pouvez disposez comme bon vous semble, pourvu que ce soit à l’intérieur du magasin appartenant au généreux distributeur, cela va sans dire.
Jusque là rien que de très banal. Mais il faut se rappeler que le pauvre à une fâcheuse tendance à accumuler pour se mettre à l’abri des lendemains qui déchantent. Une attitude mesquine qui ne lasse pas d’étonner le dandy dilapidant son argent avec brio et avec des cover-girl qu’il godemiche à coup de bouteilles de champagne Cristal sur son yacht. (oui, ben laissez-moi rêver un peu je vous prie) Ah, quand verrons-nous un pauvre allumer sa gitane maïs avec un Rapido gagnant ?
Voilà les quelques réflexions qui me vinrent à l’esprit tandis que je patientais dans la file de la caisse « moins de dix articles » de mon supermarché favori où j’étais allé acheter un gadget parfaitement inutile. Devant moi, un jeune couple avait l’intention de se rendre acquéreur d’un système compliqué de reproduction du son en Hi-Fi. Leur mise simple trahissait leur origine modeste : en clair ils étaient habillés comme des sacs.
Le paradoxe de la situation s’imposa à mon esprit aiguisé au moment où sur le cadran de la machine automatique s’afficha le prix de cent vingt euros. Fichtre, me dis-je, se peut-il que des gens aux moyens réduits sacrifient six mois de nouilles à l’appel d’une technologie superfétatoire ? Quel mérite pour se hisser au niveau des plus riches d’entre nous, quel toupet, quelle flamboyance !
Je déchantai soudain quand la jeune femme (qui devait bientôt devenir en mon esprit « une grosse abrutie de salope ») sortit de son sac, liées entre elles par un élastique une impressionnante pile de bons d’achat. De trois euros. Et elle en tendit une quarantaine à la caissière qui dût alors taper leur numéro à quinze chiffres, un à un, sur sa caisse.
C’est à ce moment je crois qu’un autre mystère de la vie tarauda mon esprit.
Les boyaux sont-ils assez solides pour que l’on pendît l’un ou l’autre par iceux de son vivant ?
16:10 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (63) | Envoyer cette note
vendredi, 21 octobre 2005
Et vous le matin, vous êtes thé ou pâté de foie ?
Liste de minutes habituelles qu’au matin je vis et que m’a obligé à mettre sur le papier Christian après avoir fait un superbe texte et ce dans l’intention évidente de m’humilier en me faisant sentir l’inanité de ma prose qui, entre nous soit dit, est tout de même un peu plus élégante que ma poésie(et sur la photo c'est moi mais rarement quand même).
Je ne voudrais pas faire mon original, mais moi, tous les matins, je me recouche. Mon travail ne commençant qu’aux alentours de huit heures vingt, le fait de se lever à six heures du matin ne me paraît guère judicieux. C’est un avis que je suis seul à partager dans mon couple.
Tandis que j’essaie de me replonger dans le monde merveilleux des songes où mes moindres désirs sont assouvis par de fantastiques créatures (la plupart du temps des lutins tout verts), ma compagne est souvent d’humeur affectueuse. Avec un sens de la diplomatie qui n’appartient qu’à moi, je lui fait comprendre que « groumpf » car en vérité je vous le dis, le doux baiser du matin, il a une fâcheuse tendance à bien canarder de la gueule.
M’enroulant plus profondément au creux de la couette, et tandis que dans la cuisine l’on se livre à une savante alchimie culinaire, je comate doucement, à l’écoute de l’Ecole du Savoir, moment privilégié de culture qui m’échappe souvent car il me faut sacrifier à une inéluctable coutume : ma flatulence quotidienne.Qu’il est doux au matin de soulager son abdomen, tendu par tout un processus nocturne de digestion, empli de quelques litres de méthane, grâce à un long, sonore, profond, vibrant et jubilatoire pet, mon Hiroshima familier. Sur mon visage froissé un sourire s’épanouit. Je me réveille. Il est six heures cinquante-neuf.
Vite je me lève car le bisou n’est pas loin qui viendrait m’inciter à émerger, bisou certes moins nauséabond, mais plus graisseux (c’est de la margarine). J’ai trois minutes. Passé ce délai, les portes-fenêtres s’ouvriront toutes grandes dans l’optique louable d’assainir l’atmosphère (oui d’accord, j’ai pété). Un vent glacé pénètrera la chambre et j’aurais les poils des fesses qui s’horripileront. J’ai trois minutes, montre en main, pour trouver un boxer propre (pas trop sale à tout le moins) et des chaussettes peu trouées.
Enfin, me voilà dans la salle de bains. La manifestation raide de ma virilité m’informe de l’urgence à procéder à une miction matinale : je n’hésite pas un instant et je m’empare de ma brosse à dents. La coloration jaunâtre de ma denture souligne le fait que j’ai longtemps considéré l’hygiène buccale comme un moment privilégié d’ennui, face à soi-même, s’astiquant les chailles sans enthousiasme. J’y ai pallié en lui alliant le pissou matinal, que je pratique assis, et la lecture de quatre pages de roman quelconque (ou très bien des fois) ce qui nous mène à trois minutes. Mon trois en un à moi.
Ensuite, je me récure, je me savonne, je me gante de crin, je me rosis, je me rince, quasiment d’humeur badine, et enfin je mets le doigt sur ce qui me tracassait depuis le début de la douche : comme tous les matins, j’ai oublié d’aller chercher ma serviette de bains, mise à sécher dans la chambre d’amis (oui ben la logique, c’est pas elle qui est située plein sud non plus). J’appelle, j’implore, je hurle, on m’extorque un bisou.
Plus que vingt minutes avant le départ, je n’ai plus le temps de déjeuner, juste celui d’avaler une gorgée d’eau et de me rendre au dressing, appelé aussi « bureau », pour choisir mon habillement : quel costume enfilerais-je ? Quelle chemise repassée est-elle disponible et seyante ? Met-on une cravate à carreaux avec une chemise rayée ? Habit Rouge, ça se pchitte sur un costume gris anthracite ? C’est mon indispensable quart d’heure pétasse.
Au sortir, je jette un œil dans le psyché, j’ébouriffe les quelques cheveux qui me restent, je sens bon, j’ai l’haleine fraîche, tout est parfait…
J’ai juste oublié de me raser. D’un pas rageur j’agrippe ma sacoche et je sors de la maison en claquant la porte
Les quatrièmes ont pas intérêt à trop la ramener en première heure.
23:35 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
mardi, 18 octobre 2005
Peut mieux faire ?
Liste simple d'une rédaction que m'a fait une élève de troisième(description de l'"apparition" dans l'Education Sentimentale de Flaubert, rien que ça).
"Elle était assise sur un banc de chêne blanc, regardant au loin, les yeux dans le vague. Ceux-ci étaient d'un gris pâle presque transparent, si beau et si extraordinaire qu'il semblait pouvoir lire dans l'âme.
Elle avait une peau parfaite qui semblait douce comme de la soie. La blancheur de sa peau était telle que les divinités l'auraient enviée. Cette couleur de neige contrastait avec ses lèvres pleines dont la couleur évoquait les framboises mûres que l'on dégustait en chaleur d'été.
Des lèvres faites pour embrasser.
Son doux visage était orné d'une cascade de cheveux d'or dont la brillance rivalisait avec le soleil, et au beau milieu de ce visage où la moindre impurté était impensable se dressait le plus adorable petit nez mutin qu'il n'ait jamais vu. Sa taille de guèpe mettait en valeur une longue robe, d'un bleu si clair qu'il en paraissait irréel, décorée de quelques rubans assortis au ciel. Une robe pourtant simple mais qui, sur elle, aurait fait pâlir de jalousie les plus riches princesses. Son échancrure dévoilait de fines épaules et un décolleté à la peau nacrée.
Un corps fait pour être aimer."
Fautes d'orthographe et grammaire comprises. Le premier qui me dit que le niveau baisse, je le.
23:35 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
dimanche, 16 octobre 2005
Est-ce un plot ? Est-ce une bitte ? Non, c'est...
Liste de diverses façons de se rendre compte que l'on possède un super pouvoir et qu'on pourrait être un héros de comics mais e nmême temps ces derniers temps je trouve que c'est un peu de la merde, je me trompe ?
Je n’ai pas toujours été ce petit bonhomme falot à l’embonpoint naissant. Il fut un temps ou j’étais un petit bonhomme falot au ventre plat. Cela remonte au temps où j’étais super-héros. Comme tous ceux de ma race je me cachais sous l’apparence d’un petit bonhomme, et caetera, et caetera, j’arrête de me plaindre, d’accord.
Je me souviens de l’aventure qui décida de mon destin comme si c’était il y a quinze ans. J’étais encore un jeune étudiant au regard clair et je sortais du métro, la foulée alerte et dynamique comme tous ceux qui glandent en voulant faire croire qu’ils sont vachement occupés (parce que ceux qui sont vraiment occupés, ils profitent du métro pour glander, pas cons les mecs). Cette démarche féline (j’ai le droit de dire ce que je veux) m’amena jusqu’à l’escalator que j’empruntai en doublant une grand-mère d’un mètre douze, équipée d’un cabas à l’arrière.
A peine l’escalier mécanique m’avait-il fait monter deux mètres qu’un bruit sourd accompagné d’un grognement aigu se fit entendre à mon derrière (et non pas à mon endroit puisque je tournais le dos). Volte-façant avec une élégance qui eût poussé Fred à se taire (je le referai plus, promis), j’écarquillais les yeux sur un spectacle tragi-comique inédit. Victime d’une crise de chute, la vieille dame débaroulait avec fracas, tandis que l’escalator, sans pitié, s’élevait régulièrement.
N’écoutant que ma bonté d’âme, mes lestes pieds se mirent à descendre l’escalier à un rythme frénétique. Frénétique pour moi bien sûr, car il semblait normal pour cette chniaquerie d’escalier automatique. Eussiez-vous été présent que vous auriez pu contempler le confondant spectacle d’un jeune crétin courant sur place, à la poursuite d’une vieillarde dévalant les marches sans bouger d’un pouce.
Nous y serions encore aujourd’hui si un quidam n’eût reçu mamie Rouleau dans les pattes. Il la releva et pris de ses nouvelles tandis que fort marri de mon exploit inutile, je prenais mon souffle. Il était le héros du jour et j’avais l’air bien con.
Alors je conçus mon projet suivant : puisque le mal se dérobe quand je le poursuis, je l’attends bien planté sur mes deux pieds, et je devins le super-héros que je suis aujourd’hui : Super Inerte Man.
Je suis le seul super héros qui combat le crime sans bouger en espérant que le-dit crime vise assez bien pour me tomber dans les bras.
(quelques remerciements : à Epsilon qui me remémora cet épisode de ma vie et à STV dit Super Boulet Man qui me fit retrouver certaine BD)
22:25 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
lundi, 10 octobre 2005
Les bushmens racontent-ils des histoires salaces ?
Liste d'arguments propres à nous faire prendre en compte la sérieuse hypothèse que sous des dehors bonhommes, les peuples premiers sont finalement rien que des assistés qui vivent à nos crochets plutôt que d'aller à l'usine ces salauds là.
La Grande Guerre de la Zapette Vespérale bat son plein. L’offensive de Machine me contraignait jusqu’alors à supporter dans l’ordre : les péroraisons de Juju Lepers qui fait croire qu’il connaît toutes les réponses alors que c’est vrai puisqu’elles sont écrites sur ses cartons, les marronniers quotidiens du journal régional aujourd’hui en direct de Chaumercenne, Haute-Saône, et ses accidents qui ont presque fait un mort, l’édition nationale-la-voix-de-son-maître du 19/20.
J’ai réussi à convaincre Machine de zapper pendant ce dernier épisode de l’Abominable Début de Soirée et Après Tu t’Etonnes Que Je Sois Sur Mon Blog. J’eusse voulu que dégageasse le journal en entier, mais autant les séismes indiens laissent froide ma compagne, autant l’inauguration du rond-point Guy Roux à Vaucresson, ça la passionne. Une fois que je l’eut convaincue, il fallut bien que j’imposasse mon programme (désolé pour les subjonctifs imparfait, mais j’ai eu un stock pas cher, plus personne les utilise) et je choisis le documentaire d’Arte.
Non pas qu’il me passionne, mais ce programme étant culturellement défendable, contrairement à la masse des autres productions, il me permet d’arborer dans mon couple un masque pseudo-intellectuel légèrement snob qui me permet de me hausser sur un piédestal conséquent et donc par ricochet d’être follement désirable, de mépriser les choses du vulgaire et de baiser quand j’en ai envie et si j’en ai envie et comme ça je n’ai plus l’air d’un éjaculateur précoce mais d’un pur esprit qui a autre chose à faire c’est vrai, quoi.
Or ces documentaires m’ont ouvert les yeux sur des horizons jusque là inconnus. Non pas sur les pays qu’ils explorent et les rencontres avec les peuples qui les habitent. Non, ça j’en ai franchement rien à cirer d’autant que le temps de s’y rendre en hors saison combien tu paries qu’il y a un tremblement de terre qui va te l’éradiquer sous six mètres de boue ta civilisation de pègreleux ? Par contre j’en apprends un bout sur les réalisateurs de documentaires et leur capacité innée à pimenter leurs reportages de poncifs tout à fait jubilatoires.
On peut s’attarder sur l’osmose par exemple. Tous les peuples plus ou moins primitifs qu’on nous dépeint vivent en osmose.Ainsi, les fiers ex-guerriers et néo-alcooliques des steppes du Kialeboukistan entretiennent une relation symbiotique avec le yaourt dont ils tirent nourriture, vêtements et armes. De même les Mapotos vivent en osmose avec le poisson-chat à tête plate duquel ils tirent nourriture, vêtements et armes, ce qui explique que le cri de guerre de cette tribu de l’âge de pierre soit « Akawédétolo », ce qui signifie approximativement « allez les gars, piquons leur les fesses ».
Il y a aussi le passage obligé nous démontrant la sauvage beauté du paysage aux éclats rougissant d’un soleil qui se meurt, le passage le plus apprécié de tonton Roger qui fait presque aussi bien avec son caméscope sauf qu’on voit la déchetterie (à chaque fois, hein ? Même à Corfou, il a pris le soleil couchant ben, paf, une déchetterie qui se la radine en bas à gauche).
Il y a enfin, il y a surtout, la séquence sur les travaux des champs (ou sur la préparation d’un plat typique, ou sur une kermesse locale, des trucs de gonzesse quoi) qui est rythmée par le chant venu du fond des âges que la doyenne de la tribu entonne d’une voix légèrement éraillée. Tandis qu’elle laisse s’échapper cette mélopée antique, sa tête se relève et fixe un point vague du ciel, il semble flotter dans l’air un lourd parfum de traditions, des fantômes se joignent à son chœur…
Et si ça se trouve, ce qu’elle chante c’est « un jour la p’tite Huguette, tripote-moi la bite avec les doigts… »
Alors après qu’ils viennent pas se plaindre de voir dénaturées leurs traditions à la con, merde.
21:00 Publié dans Terra incognita | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
vendredi, 07 octobre 2005
Imagine all the people...
Liste d'explications de ma mutance actuelle.
Imagine. Imagine un coin de campagne de notre beau pays avec un collège au milieu. Imagine un paysage fait plus de champ et de nationale que de forêts où les voitures passent vite vite parce que le paysage suinte tellement l'ennui. Imagine. Imagine que tu serais employé à l'éducation nationale.
Imagine un gamin de quatorze ans, l'air bête et les boutons naissants. Imagine qu'il aurait fumé, trafiqué, roulé du hash, de la beu en voyage pédagogique. Imagine qu'il ne serait pas le seul, mais qu'il ait été trop bête pour ne pas se faire prendre. Imagine que tu l'entendes te raconter sa pauvre vie de gamin perdu. Imagine que la seule solution possible soit de le virer.
Imagine une cour avec tout plein de gamins. Tous différents. Imagine que les grands d'un mètre quatre-vingt isoleraient un bout de chou de vingt kilos contre un mur. Imagine qu'ils le terroriseraient doucement, patiemment. Imagine qu'en parlant au petit, il reste désespérément muet pendant que les larmes coulent sur ses joues. Imagine qu'il ne puisse même plus te regarder en face.
Imagine que les parents d'un enfant de sept ans viendraient au collège. Imagine que leur enfant aurait été tabassé par quatre élèves de l'établissement. Imagine que ton chef d'établissement les accueille en leur disant que hors du collège rien n'est de sa responsabilité, au revoir, merci.
Imagine bien tout ça. Et maintenant mesure le bonheur que peuvent t'apporter tous ces élèves pour que tu restes là-bas, dans ce collège, au milieu d'un paysage qui suinte tellement l'ennui.
samedi, 01 octobre 2005
Le mieux disant du moins disant (ou l'inverse si t'es gaucher).
Liste dont j'ai tellement honte que je dirai même pas de quoi elle parle parce que ça pourrait dégouter mes lecteurs et que le truc choquant est tout à la fin, on sait jamais, vous pourriez lire le premier paragraphe(et je demande encore pardon à mes lecteurs, ainsi qu'à mes parents qui ne m'ont pas élevé comme ça, j'ai juste pas pu me retenir).
En ce jour de la Saint Jérôme, deux qui le tiennent, trois qui l’arôment, je vous le dis mes biens chers frères, nous vivons les dernières heures de l’ère industrielle. Il est fini le temps où l’ouvrier allait pointer à six heures à l’usine. Le constat est parfois dur, mais la machine l’a remplacé. Nous vivons les dernières heures de l’ère industrielle et nous entrons de plain-pied dans celle des services.
L’homme aujourd’hui ne vend plus sa force de travail, il marchande sa capacité à venir en aide à son prochain. Et si les annonces publicitaires sont crédibles, c’est un sacré incompétent, l’homme susdit. Car enfin les chiffres parlent d’eux-mêmes (j’aurais pu faire une carrière politique, non ?). Il y a encore deux ans, quand je m’abonnai à l’ADSL, le contrat type était de 20 euros environ pour un contenu quasi illimité.
Aujourd’hui,à la pub, le mieux disant est arrivé, qui me promet l’ADSL, le téléphone, la télévision et le tout pour la moitié du prix de mon abonnement. Et si t’es pas content, pas de problème, on t’offre trente minutes gratuites de hot-line. Merveille. Bonheur. Tropiques. Vahinés. Daïquiri.
Enthousiaste devant mon écran télé, j’ai tapé dans mes mains en voyant ces offres. Je ne m’y abonnerais pas. Pas tout de suite. J’attends un effort commercial.
Je m’abonne si on me suce.
Oh et puis non.
Je m’abonne si on me suce et qu’on avale.
(pardon)
00:13 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note