lundi, 29 août 2005

L'Angoisse, l'Univers, la bonne et moi

medium_dsc00862.jpgListe de lois physiques et de théorèmes abstraits m’amenant à une angoisse métaphysique voire des douleurs gastriques (ou alors c’est les moules qu’étaient pas fraîches).



Nous avons chacun nos phobies, nos angoisses, cette part primitive de notre être qui ne sait pas raisonner, une faille à notre armure. Ma compagne ne peut pas supporter la vue d’une araignée, animal qu’elle juge sale, poilu et méchant ( et après elle dit qu’elle m’aime, faut pas chercher à comprendre des fois). Je connais un claustrophobe pour qui la perspective d’un voyage en ascenseur est un véritable calvaire. Il existe des gens qui ont peur de l’avion, des espaces ouverts, de la foule, de la maladie, il est, paraît-il, des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril, quoique cette dernière assertion nous éloigne un peu de notre sujet.



Quant à moi, je suis thermodynamicosecundolexophobe. C’est plus fort que moi et c’est très difficile à prononcer : je n’arrive pas à maîtriser l’appréhension qui m’envahit à l’évocation de la deuxième loi de la thermodynamique. Certes, la cohorte des pousse-choucroute (je trouve ça assez joli comme insulte) levant au ciel un regard désabusé, grommellera : « et c’est la raison pour laquelle il nous défèque un carillon ! » Certes car cette diablesse de loi et partout, et j’avoue qu’elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde vous dis-je.



Que nous apprend cette loi ? Simplement que dans tout processus spontané, le désordre (ou entropie pour les intimes) augmente, ce qui n’est pas si anodin qu’il n’y paraît. Dans notre vie quotidienne, les conséquences sont énormes puisque tout cela signifie que l’on sera toujours obligé de faire la vaisselle, qui se salit spontanément mais ne se nettoie jamais. Il en est de même pour la literie, les tiroirs du bureau, les vitres, le sol, etc… Si bien que lorsque ma compagne, le cheveu en bataille et le plumeau au bout du fusil, après s’être échiné à faire briller notre logis, me regarde fièrement en affirmant « c’est tout propre », je lui répond avec lassitude « ça durera pas » en traînant ma flemme dans le canapé, parce qu’avec le temps va…



Mais cet aspect décourageant n’est rien au regard de la catastrophe cosmique qu’est cette putain d’entropie, car si nous pouvons faire le ménage chez nous, personne ne range quoique ce soit à l’échelle de l’Univers. D’ailleurs, SuperMan, au lieu de faire le beau en cassant la tête à des méchants, il ferait mieux de prendre une serpillière et de se mettre au boulot. A force de pas faire les vitres de l’Univers, dans, quoi… vingt milliards d’années, fini l’Univers, a plus l’univers. Et qui c’est qui aura l’air fin à s’être tartiné la gueule au placenta de porc pour avoir l’air plus jeune ? C’est bibi. Et moi je dis que c’est pas à ce moment qu’il faudra venir se plaindre, parce que cette fameuse deuxième loi de la thermodynamique, elle est pas tombée du ciel, hein, on a fait des études, on s’est cru malins, on l’a cherchée, on l’a trouvée, bien fait pour ta gueule, c’est ça que je dis ! Total : au lieu de copuler comme des fous dans le jardin d’Eden, on essuie les verres au fond du café.



Où voulais-je en venir ? Ah oui : je vous conseille Une Brève Histoire du temps de Stephen Hawking. Un super thriller cosmologique.

 

(Avant toute remarque désobligeante, la photo n'a rien à voir, mais c'est un cadeau de ma chérie pour ma rentrée. C'est gentil, non ? Non? je suis d'accord. Ndlr)

samedi, 27 août 2005

Dis papa ?...

Liste de questions à absolument éclaircir avant de mourir (mais si vous pouviez faire ça avant la fin du week-end, ça m'arrangerait.).

 

 

Où est le centre du monde ?

Pourquoi les femmes de nos amis sont-elles toujours plus belles que les nôtres ?

Qui a eu l'idée d'inventer la mayonnaise ? Comment ? POURQUOI ?

Où sont les flèches de l'arc-en-ciel ?

Qui qui qui sont les Snorkis ?

De quoi est-ce qu'on est fait, en définitive ?

Dieu est-il schizophrène ?

Qu'y a-t-il d'intéressant dans les making-of ?

Pourquoi Trois Mousquetaires ?

Comment se fait-il que sur mon bureau il y ait huit paires de ciseaux et onze règles ?

Qui a tué Harry ?

Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ?

L'univers peut-il être fini sans pour autant posséder de limites ?

Comment ça va ?

mercredi, 24 août 2005

Je veux pas y aller !!!

Liste des symptômes normaux chez l'enfant en ce moment et donc propre à rassurer les parents soucieux de la santé de leur bambins (feriez mieux de pas leur donner des bonbons à tous les repas.).

 

 

C'est la semaine de l'angoisse. Pauvres parents, réveillés au beau milieu de la nuit par les cris de peur du petit qui vient de cauchemarder, obligés de rester à ses côtés jusqu'aux prémices de l'aube pour le rassurer, je compatis. Je vous soutiens. Mais c'est la semaine de l'angoisse. La terrible semaine qui précède la rentrée.

 

A l'horizon, l'inconnu d'un nouvel environnement, au présent, dans les songes des marmots les péripéties les plus improbables défilent, malfaisantes et cyniques. Le petit Kévin se rêve la cible de cruels lazzis et, stupéfait découvre qu'il est venu en classe chaussé de pantoufles : il sait que son seul ami cette année ce sera le prof qui sent mauvais dans la bouche. Paméla-Rose, elle, s'est réveillée en sursaut, dégoulinante de sueur, après qu'elle eut constaté que son cartable ne contenait que ses affaires de plage et qu'elle ne pouvait suivre le cours de la Mère Tapedur. Enfin, Jesse-James* a pleuré sa mère toute la nuit parce que dans son cauchemar, il était le seul à ne pas avoir fait le devoir de japonais qu'on demandait pour la rentrée et que commencer l'année par huit heures de colle tous les mercredis, c'est pas chouette, ah ça non alors.

 

Et bien il faut croire que l'école conserve. Je fais ma rentrée en avance cette année. Et je vais vous apporter la preuve que ces vilains rêves ne sont pas le fruit d'une sensibilité exagérée, d'un manque affectif, ou d'une mauvaise image de soi. Non, c'est la faute à l'école. La veille de la rentrée, on fait un cauchemar, c'est comme ça, et bien que mon blog ne soit pas un blog érotique, vous y ouïrez néanmoins (je participe au concours du style le plus affligeant, vous inquiétez pas.) le récit de mes derniers souvenirs noctambules.

 

En voyage chez Morphée, je me trouvais donc plongé dans l'ambiance survoltée d'un concert, et pas des moindres, puisqu'il s'agissait du retour tant espéré de Dorothée sur scène. Les spotlights, les neonlights, les sunlights, les flashlights, toutes les lights enfin retouchaient l'obscurité de leurs pinceaux de lumière hystériques (je fais aussi le concours de l'image poétique la plus improbable.). Sur la scène, tandis que l'orchestre jouait piano, une poursuite vint se fixer brutalement sur un pied où trônait une superbe Stratocaster bleue.

 

Descendant des cintres, une voix, lourde comme une très gros morceau de plomb (et le concours de la comparaison la plus inadéquate, j'avais failli oublier.) - certainement celle qu'utilisa Dieu pour ordonner à Abraham de lui sacrifier son fils unique (avant de raccrocher, parce que c'était une tellement bonne blague que le Fils Et le Saint-Esprit étaient pétés de rire.)- une voix d'outre-Ciel nous annonça: " Et maintenant, mesdames et messieurs, pour le première fois sur scène. Il nous fait l'honneur de tenir la guitare solo de Dorothée. Un triomphe s'il vous plaît pour Môôôssieur PhiLLIIIPE DOUSTE-BLAZY !!!"

 

Gainé de cuir, il est monté sur scène, a plaqué un énorme accord sur la strato, distors au max, pédale wawa hystérique, faisant hurler la foule.

 

 C'était l'intro de "Allô Allô, Monsieur l'Ordinateur."

 

La semaine de l'angoisse je vous dis.

 

 

[*authentique]

dimanche, 21 août 2005

C'est grave ?

Liste de mes petites amoureuses ?

 

Elle avait des yeux gris d’une incroyable malice et la bouche large et souriante qui se mariait avec. Son visage possédait d’une beauté étrange, mêlant les lignes marquées de sa mâchoire carrée et  de son nez pointu et les lignes ondulés et douces de sa longue chevelure et de son cou gracieux. Ce visage m’avait d’emblée séduit, qui surmontait un corps souple et musclé, à la poitrine proéminente mais ferme, aux fesses rebondies.

 

Je l’avais abordé avec un naturel dont je ne me savais même pas capable tant elle avait vaincu par sa beauté ma timidité naturelle. Elle était douce et triste, souriante et têtue, envoûtante à tout point de vue. Nous avons vécu deux ans de plein-amour, exigeant et tempétueux. J’avais dix-huit ans. Elle avait un enfant. Peut-être pour cela, peut-être à cause de moi, elle m’a laissé sur le bord de sa vie un jour, avec mes mots d’amour coincés dans la gorge, par surprise.

 

Quelquefois, je repense à cette histoire en m’allongeant auprès de ma compagne actuelle. Et je ressens de l’admiration pour cette femme-là qui a choisi d’être auprès d’un homme comme moi. De l’admiration pour l’abnégation que demande le fait de vivre à mes côtés en sachant que jamais elle n’entendra ce qu’elle espère.

 

Parce que, mesdames et messieurs, cela fait quinze ans que je ne peux plus dire « je t’aime ».

mercredi, 17 août 2005

Une page de pub.

Liste angoissante qui prouve que je ne corresponds pas aux canons du français moyen à partir du moment où j'arrive à cesser de paniquer.

 

 

 

"Miroir, mon beau miroir, dis-moi suis-je toujours la plus belle ?" disait la belle-mère à Blanche-Neige (au temps pour moi la belle-mère de Blanche-Neige à son miroir magique.). Et moi c'est pareil. Sauf que les temps étant ce qu'ils sont, je ne parle pas à mon miroir (ils étaient un peu brelots les préhistoriques -La préhistoire regroupant aujourd'hui l'ensemble des éres ayant existé avant l'invention de la Playstation.). Non, moi je parle à mon téléviseur : "Télé, gentille télé, dis-moi, suis-je toujours beau, jeune et en bonne santé ?" Et invariablement cette sale garce me répond que je suis vieux, malade et moche.

 

Et en plus ça ne lui prend guère de temps : cinq minutes de pub et hop, cinq ans dans le tiroir. D'accord, je me suis déjà énervé sur la publicité, mais bon, c'est tout de même elle qui a commencé à me traiter de con. C'est bien simple, dans tous les sondages de pub je fais dernier. Deux français sur trois pensent avoir trop de cholestérol ? Pas moi, moi je pense que ça devrait aller. Quatre vingt pour cent des gens préfèrent les pâtes Schponk à leur pâtes habituelles. Pas moi. J'ai même pas de pâtes habituelles, t'as qu'à voir. Soixante quinze pour cent des femmes chient mieux au bout de quinze jours grâce au yaourt Atroudbal ? Pas moi, je vais pas attendre quinze jours non plus pour me déconstiper. Cent pour cent des gagnants ont tenté leur chance ? Pas moi, même là je suis exclus !

 

J'ai demandé à ma compagne :

- Chérie (oui, dans le blog je l'appelle Machine mais dans la vraie vie je l'appelle "chérie" pour brouiller les pistes.) pourquoi n'ai-je pas l'impression d'avoir trop de cholestérol ? Tu crois que je devrais aller voir un psy ?

-Je l'ignore, mon homme, tu veux du saindoux sur ta tartine de beurre à l'huile ?

- Ah oui, tiens.

C'est comme ça, impossible de faire comme dans la pub.

 

Tiens des fois je vois cette femme de quarante ans qui en fait quarante et qui nous confie : "je ne l'avais pas vu depuis une éternité, il m'a reconnue tout de suite." Et ben, c'est quoi la conclusion ? C'est que ce type c'est un sacré con, parce que moi les gens que je n'ai pas vu depuis une éternité, c'est pour une bonne raison : c'est qu'ils étaient chiants! Et elle nous affirme que quand on paraît dix ans de moins, tout est possible... Cependant, j'aimerais mettre en garde tous ceux qui font confiance (c'est le cas de le dire...) à cette pub : ne confondez tout de même pas vos couches pour incontinents avec les Pampers du petit dernier.

 

Et c'est partout pareil, on nous dit "vous vous trouvez bien conservé ? Elle trouve que vous vous laissez aller.". "Elle" c'est un gamine à peine pubère dont on peut se demander de bon droit si elle sait que quand on fait une turlute ON N'ASPIRE PAS DANS LE TUYAU ! (vous rigolez, mais moi ça m'a fait bizarre.) Et cette petite conne va encore me regarder de haut en sous-entendant que j'ai de la poussière dans les rides et le nombril qui sent le vermoulu ? Non mais oh, passe ton bac, on discutera après ! D'accord, je m'agace vite mais faut me comprendre, j'angoisse vite aussi devant mon écran, et il faut que je me prenne par la main (je vais pas faire ma chochotte et demander à quelqu'un non plus.) et que je me raisonne en ces termes : "Mon kiki (oui bon, ça va, hein ?), mon kiki, ce que tu vois, ce sont les problèmes de la République des gens Riches Heureux et Beaux. C'est pas ta vie à toi. Regarde tes voisins." Et là ça va mieux.

 

Mais n'empêche, toutes ces émotions, c'est pas bien bon pour le coeur.

 

Je vais m'acheter de l'huile de colza, il paraît que ça répare.

 

lundi, 15 août 2005

Clic clac, merci cloaque.

Liste de métiers durs à avouer à son entourage et auxquels on préfèrera un evasif :"je travaille à la télé".

 

Je ne suis pas abonné à Canal Plus ! Ce n’est pas moi, c’est plein de gens, mais ce n’est pas moi et le fait qu’entre deux DVD et un paquet de Télé 7 Jours (Je ne suis pas abonné, etc…) l’on puisse deviner la diode verte d’un décodeur n’a rien à voir. J’apprécie uniquement, sur la chaîne cryptée, quelques émissions en clair, raison pour laquelle je laisse à mes beaux-parents le soin de régler mon abonnement (Quand on arrive dans une famille, il est crucial de savoir imposer sa personnalité.).



Doté cependant d’un sens de la famille fort développé, j’ai vite ressenti qu’il s’agissait de ne pas snober ce don sous le prétexte que la programmation cinématographique de cette chaîne ressemblait plus à un fourre-tout sale qu’à un choix raisonné et de bon goût (Même dans le film de boules, c’est comme les films d’Hollywood, c’est toujours pareil : elle suce, il pénètre, il encule et puis il jouit sur les nichons. C’est d’un triste la fesse chez Canal.).



Alors, que faire puisque je suis un homme entier en matière de convictions (comme disait Méhaignerie avant sa disparition.) ? La mort dans l’âme, je me suis donc résolu à regarder régulièrement le championnat de Balle au Pied. D’ailleurs cet après-midi, j’ai assisté au un duel passionnant (d’après Guy Roux, hein, moi je savais pas.) opposant les rouges aux blancs.


Outre les supporters défendant les éternelles valeurs de fraternité et de générosité du sport en hurlant « Oh hisse enculé », en chantant qu’ils étaient fiers d’être originaire d’un endroit qu’ils n’avaient même pas choisi (fiers d’être Auxerrois, comme Petiot), ou en exécutant tous le même salut de l’avant-bras dans un grand élan d’esprit critique, outre ces sympathiques (encore d’après Guy Roux.) abrutis (non là c’est moi.) les retransmissions footballistiques modernes ont ceci de fascinant qu’au lieu de commentaires concernant la tactique, la technique ou la stratégie, l’accent est mis sur les statistiques. (Oui je suis de mauvaise foi, mais cela sied mieux au déroulement de mon texte donc Schtoum.)



Donc, tandis qu’un phénoménal coucher de soleil enflamme le toit du stade, le téléspectateur est tenu au courant du nombre de fautes par camp, ou par joueur, ou encore du nombre de buts marqués de la tête sur coup de pied de coin par cette équipe depuis 1987 et autres choses fascinantes dont une : le pourcentage de possession de la balle. Statistique captivante car il faut bien que quelqu’un la contrôle. Et j’imagine, tout en haut du stade, pour bien voir le terrain dans son entier, un petit bonhomme, le nez alourdi d’une forte paire de lunettes, équipé d’un interrupteur marquant à gauche « rouge » et à droite « blanc ».


A chaque fois que le ballon change de pied : clic… clac… le petit bonhomme joue du bouton clic… clac… Pendant une heure et demie clic… clac…


Alors la prochaine fois que vous verrez un match de football, au lieu d’admirer des hommes aux corps superbes et à la lourde feuille de paye qui, finalement n’en ont pas besoin, pensez au petit bonhomme avec ses grosses lunettes qui rentre chez lui en pleurant parce qu’il n’est pas comptable.

vendredi, 12 août 2005

J'veux du cuir, etc...

Liste d'arguments propres à dégouter les femmes de la mode (enfin c'est le but), le tout synthétisé dans un texte un peu long mais fort plaisant (c'est ce qu'a dit ma mère.).

 

Le thème du billet du jour m'est venu pendant l'attente de l'ascenceur qui devait me mener au troisième étage de la tour Eiffel, attente ennuyeuse au possible mais que l'équipe technique taquine sut égayer par le subterfuge d'une alerte d'évacuation intempestive et innoportune. Vous le savez tous (à moins que vous l'ignorassiez.) la queue subséquente à cette attente est fort longue et l'observation qui a suivi fut minutieuse et m'a méné à une thèse hardie que je vous expose tout à trac. Elle concerne nos amies les femmes : voici un essai pour vous dissuader de suivre aveuglément la mode, et notamment l'actuelle.

 

Dans une fille d'attente, le seul phénomène que je trouve positif est la promiscuité. Pas n'importe laquelle. J'évite méticuleusement le touriste batave à l'aisselle odorante ou la famille italienne dont les trois enfants tournent et crient et virent et sautent. Par contre, je m'intéresse particulièrement aux jeunes (et moins) femmes (va savoir pourquoi )auxquelles je file le train, train qui m'a amené à cette conclusion : la femme posséde trois ennemis, le baggy, le 0% et les tailles basses. Développons.

 

Quels traumatismes physiques et psychologiques les tailles basses auront-elles crées! Ces pantalons flattent le galbe des hanches féminines. Au temps pour moi. De face, ces pantalons, pour peu qu'ils soient un peu lâches, flattent le galbe des hanches féminines qui surplombent des jambes de 1 mètre 20 montée sur talons. Soyons précis et par ailleurs constatons l'ampleur des dégâts.

 

La hanche est l'endroit du corps le plus large chez la femme. Porter un vêtement dont la ceinture est à cette hauteur est donc une abérration puisque rien ne le peut empêcher de tomber. Bien sûr les mannequins ont leur truc pour qu'il tienne (je ne dévoilerai pas ici ce secret, sachez seulement qu'un godemichet et beaucoup de fil sont en jeu.). Mais une femme normale ne peut que le porter serré, de deux tailles de déficit : une pour que ça tienne, et une pour faire croire à la vendeuse qu'on est mince. D'où l'apparition d'un bourrelet graisseux plus ou moins prononcé qui vire rapidement au rouge, les veines capillaires se nécrosant (ah ben oui, mais mettez des bretelles!).

 

Le deuxième effet (pas kiss et pas cool) tien au fait que soit à la mode le baggy-trouser (littéralement pantalon-sac dont mon papa dit que c'est bien on peut se chier dessus sans attirer l'attention, bref...)  dont les jambes bouffantes empâtent notablement la ligne de la cuisse, effet amplifié par le port obligatoire de chaussures atalonnes (a- privatif parfaitement) de marque américaine que l'on traduit approximativement par "Va te faire foutre". La femme alors se transforme en un animal mythologique moderne : la Sirène Boyardesque : mi femme, mi Passepartout.

 

Enfin ces animaux étranges que sont les mannequins ont réussi à convaincre nos compagnes que toute une chacune peut leur ressembler. Sans m'énerver, je répondrais que ces gonzesses là, à part être belle, elles n'ont RIEN A FOUTRE, ce qui porte à croire que la beauté est un travail à plein temps. Ainsi les femmes se sont ruées sur les produits à 0% (Arrrrh, je les hais, je les hais.) et les conseils diététiques de Prima. Elles se goinfrent de poulet vapeur, de colin vapeur, de carottes vapeur (c'est plein de sucre, mais bon), de colibris vapeur (salamis ? Brocolis !).

 

Et puis ? Et puis c'est tout. Elle nous font une méchante carence en protides, la graisse ne bouge guère mais le muscle s'atrophie, se recroqueville. Elles perdent le statut de femmes, elles gagnent celui de cierges, tout en suif (mais apparemment minces, hein.) avec une mèche au milieu. Le résultat je l'ai devant moi (ah oui, je suis en direct Cognac-Jay, je fais mon intello à la con.). Cette jeune femme au visage charmant est l'heureuse propriétaire d'un cul plat, et large néanmoins, enserré en haut, puis invisible et rétracté dans le baggy taille basse. Un cul invisible mais dont on devine qu'il pendouille. Un cul honteux de lui-même, un cul renfrogné, un cul introverti : un triste cul.

 

Alors, dans ma lutte sacrée en faveur de la fesse arrogante, de l'arrière-train bien plein, du popotin voluptueux, je parodierai Les Funérailles d'Antan de Brassens dans un hymne vibrant aux miches amicales :

Mais où sont les arrières-trains d'antan ?

Les bons gros pétards, gros pétards, gros pétards, gros pétards de nos grand-mères

Sillonant les rues en ballotant,

Toutes ces belles fesses, belles fesses, belles fesses, belles fesses rondes et prospères.

La main y trouvait tout son comptant :

On les tâtait, les palpait, les pinçait, on tripotait leur chair.

On ne les reverra plus, oui, ils ont fait leur temps

Tous ces gros popotins, popotins de naguère.

Ils ont tous disparu, et c'est bien attristant,

Tous ces bons gros valseurs qu'avaient nos grands-mamans.

 

En vérité je vous le dis, dans notre quête de la beauté, en perdant des fesses, nous avons tout perdu.

jeudi, 11 août 2005

Ca c'est ben vrai ça.

Liste de ce qui m'incite à grommeler quand je suis tranquillement devant la télé à attendre pendant cent mille ans l'arrivée de mon programme.

 

 

Quand je corrige une copie, j’ai deux terribles lettres qui sonnent le glas de la moyenne de l’élève qui les récolte. Les deux lettres ultimes du prof de français, ma guillotine à moi : HS. Hors sujet. Les deux lettres auxquelles j’ai tenté d’échapper, étant étudiant, par une logorrhée avenante et séduisante qui cachait mon manque de travail et incitait mes professeurs, séduits, à me pardonner (c’est ce que j’essaie de vous faire croire, hein, j’étais un excellent étudiant, la preuve, j’ai mis moins de six ans pour avoir ma licence, presque.).


Aujourd’hui, j’ai honte d’avoir usé de tels subterfuges car ils me reviennent dans la tronche avec force. J’ai regardé « L’aveu » de Costa-Gavras et j’ai trouvé de nombreux points communs entre la dialectique stalinienne (d’un point de vue uniquement langagier, soyons clair) et … et… ? la publicité. Ben oui. La publicité et ceux qui la font ont le talent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, de nous mentir, sans vraiment nous dire des mensonges, ou plutôt en nous faisant croire que tout est presque vrai.

 


Deux publicités sont particulièrement frappantes ces derniers temps :
-         Bip au vrai goût de crabe.
-         Une boisson pour les femmes à 0% de calories.
Analysons ensemble.

 


« Au vrai goût de crabe » montre qu’il y a un faux goût de crabe. Par exemple, le goût d’asperge est un faux goût de crabe. Renvoyez votre crabe s’il sent l’asperge, n’hésitez pas.  Donc un vrai goût de crabe, c’est un goût de crabe qui a le goût de crabe comme le surimi au goût de crabe ou un préservatif au goût de crabe (pour les gourmettes.). Donc ici « vrai » veut signifier « naturel ». Ce qui est faux. Sans quoi on aurait dit : « avec des morceaux de crabe ». H.S.

 


Il y a aussi les radasses au petit cul moulé et au nez superbe qui veulent faire croire au monde qu’il suffit d’utiliser un produit pour leur ressembler (si c’est pas de la salope patentée ça. Est-ce que je dis qu’en mangeant du saucisson on devient aussi intelligent que moi ?). Ceci dit, elles rigolent comme des folles  parce qu’elles boivent une boisson gazeuse avec 0% de calories (et donc qui rend mince... C'est simple, ces derniers temps, plus tu bouffes, plus t'es mince.). Les connes. Donnez moi donc votre poids, votre taille, vos mensurations en pourcentage. (Tiens une bonne blague : « t’as combien de couilles ? 100 %. Ah Bon, t’en a trois aussi ? ») La calorie (qui n’existe plus depuis longtemps) est une unité de mesure. Une unité. 0% de calories, c’est aussi con que 0% de mètre ou de tonne. H.S.

 


Alors je pose une première question : nous prend-on pour des cons, ou les publicitaires sont-ils des abrutis ?
J’ai le choix entre deux réponses.


Les publicitaires sont des abrutis. C’est la plus rassurante.


 

On nous prend pour des cons. Outre la honte que je puisse ressentir pour ce qu’on pense de moi, j’imagine le niveau de cynisme qu’ont atteint les créatifs des agences pour faire cela exprès, mais bon faut faire son trou, hein ?


 

mardi, 09 août 2005

La technologie, ça rajeunit.

Liste des nouvelles technologies qui ermettent de se dire que l'humanité est sur la voie de la solitude la plus absolue.

 

Quand j’étais petit, j’avais des mémés. Des mémés c’est rigolo et des fois pas du tout. Par exemple, quand il s’agit de les saluer par le biais d’une paire de bises, les petit-enfants sont souvent réticents au contact de cette peau flasque. Réticence théorisée dès la plus haute antiquité par le mathématicien Mamikipik sous la forme suivante : « La longueur du bisou est équivalente au carré de la différence d’âge des impétrants, et sa ferveur égale au carré de l’âge de chacun. » D’où des embrassades qui n’en finissent pas et amènent immanquablement au monde son lot de refoulés et de sociopathes.

 


Mais je m’égare. Ce qui est rigolo avec les mémés, c’est qu’elles ont une tendance certaine au radotage. Par exemple, avec ma mémé Rose (oui, j’avais une mémé Rose. Et une mémé verte parce qu’elle était décédée. D’ailleurs elle était tellement décédée qu’elle a toujours été morte depuis que je suis né. Si ça tombe, elle n’a même jamais existé.) Avec ma mémé Rose, nous avions inventé un jeu qui consistait à lui faire raconter avec la verve qui la caractérisait (Deux exemples marquants : « mon médecin m’a dit que j’y voyais plus rien, éh con, j’y vois bien, puisque je conduis », et à un type à qui elle avait fait une queue de poisson et qui par conséquent l’avait traitée de vieille pute : « Si j’étais une pute, j’aurais un maquereau qui me conduirait, fan de chiche. »). Donc, nous lui faisions raconter chaque réveillon en la faisant monter dans les aigus l’année où son petit-fils lui avait fait rater le quarté en le tirant aux cartes. Un grand moment de rigolade et de colère de Noël.

 

Mais je m’égare. L’aspect ludique de la grand-mère tient tout entier dans sa capacité à traiter sa descendance de « fils de saoul » et à ratiociner, même (et surtout) en situation d’extrême solitude. Une mémé qui ne grommelle pas dans sa barbe (ou bien qui n’a pas de barbe) n’est qu’une pâle imitation d’ancêtre, tout juste bonne à passer sous le rouleau compresseur vengeur du légalisme douanier, ministériel et commercial.


Mais je m’égare. L’autre jour, tandis que je chassais pour nourrir la tribu (à Carrefour, donc.) je me fis in petto (j’ai longtemps cru que cette expression signifiait « dans ton cul ») la remarque que les mémés, radoteuses donc, si vous avez suivi, étaient de plus en plus jeunes. J’en vis même une qui n’avait pas quinze ans, et d’après le fantôme de moustache pointant à la lèvre supérieure était de sexe masculin (la moustache féminine est un apanage de la vieillesse ou de la brunitude extrême.) ; Et donc tous ces spécimens parlaient tout seuls, à haute et intelligible voix, me laissant pantois.



Mon sens acéré de l’observation (c’est ça les chasseurs cueilleurs) me fit remarquer le dénominateur commun à toutes ces personnes : un écouteur prolongé d’un long fil leur sortait de l’appendice auriculaire. Ce que j’avais pris pour des grands-mères ratiocinantes n’étaient en fait que des gens normaux (ou presque) en conversation téléphonique publique. Réjouissons-nous donc des progrès technologiques qui permettent à l’homme de garder toute sa dignité, quand bien même il prenne la parole en public, à haute voix et en affirmant que « qu’est-ce que tu veux que je te dises ? c’est la vie… » (des fois ça vaut le coup de payer trente euros par mois.)

 


Grâce à cela, quand mémé sort, foin des regards méprisants, elle n’attire que  l’admiration.


Elle radote ses vieilles histoires avec son oreillette.


C’est pas un kit piéton, c’est un vieux casque de walkman.


Mais pour moins cher le résultat est le même.

vendredi, 05 août 2005

Le gros de la troupe arrive.

Liste des évènements récents m'ayant poussé à croire que je vis dans un conte de fées, ce qui est fortement angoissant selon le point de vue que l'on adopte.

 

 

J’ai toujours plaint les étudiants qui, pour subvenir à leurs besoins durant cette période de leur vie, devaient travailler chez MacDo, rentrant harassés à minuit tout en sentant fortement le gras et l’engueulade de petit chef. De concert avec mon amie du moment nous les regardions avec une moue railleuse, proche du mépris. Nous avions trouvé le travail étudiant idyllique, payant bien (très bien) pour une assiduité toute relative et un effort physique quasiment nul.

 

 

Nous écumions les écoles d’art ou de design ou d’autres métiers pseudo-artistiques afin de proposer nos services comme modèles. Bien sûr, il existe quelques revers à la médaille de ce métier idéal : une semaine de chômage par mois pour les femmes, et l’angoisse indescriptible d’être victime d’une érection inopinée pour les garçons. Il requiert aussi une qualité certaine, qui n’est pas celle d’avoir un beau corps, mais de n’avoir surtout pas honte du corps que l’on a.

 

 

Pendant quelques années, j’ai donc vendu mon corps pour subsister. Temps heureux au cours duquel un kilo de tripes aux nouilles n’avait guère de conséquence sur ma ligne, folle jeunesse dont les pires excès ne marquaient pas de leur empreinte la peau nacrée de mon corps d’éphèbe (si je veux.). Et puis… et puis les années ont passées jusqu’au temps fatal où j’ai rencontré mon actuelle compagne. J’ai commis l’exceptionnel exploit de prendre huit kilos en deux mois.

 

 

D’aucunes m’ont rassuré : « ce sont les kilos du bonheur. », auxquelles je répondais que je n’avait jamais été aussi mal dans ma peau, connasse (les hommes ne prononcent pas de telles paroles de réconfort,  ils se contentent d’un : « comment t’as pris mon cochon. »). Ma compagne m’a tendrement convaincu que « nous allions nous reprendre en main », suite à quoi j’ai pris huit kilos de plus, et elle trois. Et je me suis retrouvé, en début d’été avec une envie certaine d’aller n’importe où en vacances, sauf à la plage.

 

 

Depuis une semaine, nous nous astreignons à un régime qu’elle a mis en place, parce que question nutrition, le seul moment où j’ai le droit d’ouvrir ma gueule, c’est quand on dit « bon appétit ». Ce matin, j’ai voulu vérifier l’efficacité dudit régime. J’ai escaladé le pèse-personne et, me penchant pour éviter ma bedaine, j’ai observé le hublot de lecture. Sous l’aiguille incarnat, les kilos ont défilé à une vitesse impressionnante dans un sens, puis dans l’autre avant de se bloquer. Définitivement.

 

 

La balance, lasse de me supporter, avait préféré rendre l’âme.

Je suis maintenant en train de faire mon sac.

Je cherche un hébergement.

C’est très urgent.

Je suis comme Hensel, je crois que ma compagne m’engraisse en vue de me manger.

 

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