vendredi, 29 avril 2005

Excusez-moi, je viens vous protéger.

Listes des différentes raisons pour lesquelles les gardiens de la paix raseraient les murs dans une ville où la terreur ne règne pas franchement.

Il faut savoir redécouvrir le plaisir de flâner le nez au vent dans la ville. Au cours de ces instants rares dans une petite ville ne connaissant pas de problèmes de stationnement, où l’on se rend d’un point à l’autre à pied, une nécessité s’impose de ne pas se laisser aller à la rêverie, ni de foncer tête baissée jusqu’au but de notre pérégrination. D’abord parce qu’il s’agit du meilleur moyen de se tartiner la semelle d’une déjection traîtresse, et ensuite parce que flâner ce n’est pas ça. Le flâneur peut sembler distrait, mais il ne l’est pas, bien au contraire, si son œil se perd au coin de l’orbite, si sa tête se tourne à tribord ou à bâbord, c’est qu’il a été sollicité par un fait, une odeur, une action, une chute de rein.

Une flânerie bien menée doit toujours être productive de souvenirs, quels qu’ils soient : une rencontre insolite, la date et l’objet d’une sortie potentielle, une chute de rein abordable. Aujourd’hui, le promeneur de chez nous aurait pu constater, si tant est que l’horaire et le lieu correspondissent, la présence d’une voiture de police. Rien d’étonnant ? Et bien sachez que cette voiture de police était en mission, le gyrophare clignotant avec enthousiasme. Eh quoi, serait-ce donc tout ? Ah lecteur dubitatif, vous avez tort de tant me décrier, car enfin, l’acmé de l’anecdote est que, bien qu’étant visiblement en mission, cette automobile ne fendait guère la bise et qu’il ne s’échappait de sa sirène qu’un léger ululement aigu. Vous le savez comme moi, un klaxon de police passant à proximité vous transforme, tout citoyen avide d’ordre que vous êtes, en dangereux anarchiste tant elle vous blesse le tympan.

Ici, rien de tout cela, c’est à peine si l’on tournait la tête à son approche, on aurait dit une sirène de pacotille, l’égale de cette carte que nous glissions dans les rayons des roues de nos vélos, nous donnant l’impression que nous conduisions un gros cube (pardon, une grosse chute de rein). L’événement me stupéfia. Pour quelle raison, nos chers sheriffs faisaient-ils preuve de tant de discrétion ?

Peut-être s’agissait-il d’une escouade de gardiens de la paix timides, qui rougissaient à l’intérieur de leur patrouilleur avec l’intime conviction qu’ils dérangeaient leurs contemporains.

Ou alors leur conviction avait été émoussée par le but de leur intervention : le cambriolage d’un receleur, l’agression d’un violeur, un accident entre un tricycle et une patinette, une manifestation d’agoraphobes…

Sinon, il est possible que les braves pandores fussent des citoyens responsables et désireux d’économiser l’argent du contribuable et de préserver la coche d’ozone par un tel artifice.

Enfin, la mission qu’ils exécutaient revêtait peut-être un aspect secret qui explique cette discrétion, James Bond se trouvant à la place du mort dans la Scénic blanche à parements tricolores.

Il me semble que cette question va longtemps me hanter. Les rares fois où j’ai eu l’occasion de mettre en route une sirène de police (c’était pour aller à la piscine avec M. qui était chauffeur à la préfecture.), j’ai mis le volume à fond et mon comparse roulait comme un dingue en rigolant bêtement. Bon sang, quand on a l’occasion de faire du foin, d’être différent de ses contemporains, on en profite.

Cela ne me rend guère optimiste quant au devenir de notre société. Une civilisation dans laquelle les policiers ne veulent plus déranger les gens est une civilisation qui fonce droit vers sa chute (de rein), les populations saines ayant nettement plus peur de la police que l’inverse. Non mais.

mercredi, 27 avril 2005

Une charade, gnyark gnyark gnyark

J'ai décidé que le mercredi serait jour de jeux à la con, dont acte et je propose une charade idiote.

Mon premier est la réplique d'une caillera à Saint Pierre.

Mon second est une scie musicale.

Mon troisième est la question fraternelle d'un qui aurait comploté sans le savoir.

Mon quatrième, c'est Johnny annonçant ses vacances estivales dans une localité du Gers anti-MST.

Mon cinquième est l'auto-questionnement sentimental d'une amante déçue de voir que l'objet de sa passion a pris une douche.

Mon sixième est le cri citoyen incitant les caddies d'une marque de Hard-Discount conduit par des esclaves à aller voter.

Mon tout est écrit en bleu dans la note (C'est pas compliqué bon sang.)

J'attends les réponses, de pied ferme.

Autre chose, c'est LudovicD qui a gangné le concours "c'est pas la bonne réponse mais presque.". Félicitations à tous cependant, qui ont rivalisé d'esprit et d'humour.

lundi, 25 avril 2005

Nostalgie calorique.

Le menu est une liste comme les autres.

J’ai peu de véritables souvenirs d’enfance, j’entends par là d’anecdotes, d’histoires suivies que l’on peut raconter au coin du feu en tenant en haleine un auditoire. Mon enfance est faite d’images fugaces dont j’ai du mal à expliquer pourquoi elles encombrent ma mémoire, soit d’une sorte de fond lumineux vague fait d’actions habituelles et répétées. Une brume que je me plais souvent à découper avec mon grand couteau à se rappeler.

Un pan non négligeable de cette brume a la silhouette d’une dame d’un âge maintenant fort vénérable, et que j’appelais Tatan bien qu’elle ne fût que ma nounou. C’est elle qui nous accueillait, ma sœur et moi, certains soirs où mes parents décidaient de sortir à la ville. C’était une maison au village, la maison du boucher, que nous appelions forcément Tonton.

Hé bien croyez-moi ou allez vous faire cuire un œuf, mais les réminiscences de ces soirs-là ne me rappellent que peu de sentiments, mais énormément de goûts et d’odeurs. En fait, j’ai des souvenirs de Grande Bouffe, d’une enfance calorique en diable. Et sans plus tarder, je vous fais passer le menu :

Entrée : assiette de charcuterie.
Donc, pour faire un bon saucisson il faut du maigre de cochon, du gras de cochon, du sel et du poivre bien pesés et une après-midi pluvieuse. S’il fait beau, on a autre chose à faire que de regarder pousser les saucissons, l’appel du vélo est le plus puissant d’ailleurs je soupçonne Tonton de choisir ces après-midi juste pour me montrer. Ca n’est pas grave parce qu’à l’intérieur, devant la malaxeuse (« T’approche pas malheureux, ça va t'arracher le nez ! ») il fait bon et ça embaume la viande fraîche, et puis quand Tonton souffle dans les boyaux pour les détendre, ça fait comme une langue de belle-mère. C’est la fête.

Plat principal : soupe de légumes et son morceau de lard cuit.
Par contre, je n’ai aucun souvenir de ce que nous prenions au petit déjeuner, du pain et du beurre ? Du chocolat au lait ? Je ne sais pas, tout ce dont je me rappelle c’est que Tonton qui s’est levé très tôt prend en même temps son encas et que ça me fait vraiment envie, ce morceau de lard bien gras qu’il trempe dans la moulinée de légumes. Pas question d’y toucher, mais tout cela nous rend le lever confortable.

Dessert : pain d’épices.
Va savoir pourquoi, l’après midi est toujours ensoleillé, c’est ballot parce que le quatre heures, ça se mange exclusivement sur la grande table qui occupe presque tout le salon. En relevant la nappe, on grignote sur le bulltex. Comme je suis un peu goulu, j’engouffre plus que je ne mange et quand un morceau trop gros coince, j’avale un verre de limonade. Ca pique le nez.

Et puis voilà, pas de café, pas d’addition, juste un gant de toilette, un coup d’eau de Cologne sur la figure et zou : fais un bisou, va à l’école, sois sage et travaille bien.
Attends !
Reviens-là : t’es encore sorti en pantoufles.

samedi, 23 avril 2005

De l'influence de la nourriture sur nos choix de vie.

Listes des différentes façons (une au total) de gâcher une soirée quand on a un saucisson et un pied.

J’ai beau avoir dix kilos de trop, cela ne m’empêche pas d’avoir un faible pour les salaisons. (Vous remarquerez avec quelle grâce le thème est introduit, serait-ce par une phrase dont la logique n’est qu’apparente.) Cette faiblesse me fait penser par moments au proverbe anglo-saxon : « Vous êtes ce que vous mangez. » Le raccourci est saisissant, il n’empêche qu’il soit parfois pertinent, quand la théorie du chaos y met du sien ( ne me demandez même pas la raison de cette dernière assertion, il va falloir que j’approfondisse le sujet et que j’y revienne plus tard.). Par exemple, l’aut’poussin ne mange jamais d’asperge, ce n’est pas une asperge. Elle ne mange pas de boudin non plus.

Foin de circonvolutions, ma confession est la suivante : je mange du saucisson. Je le mange avec passion, je décline à l’envi les modes de dégustation : tranches fines, tranches épaisses, pavé, avec la peau, sans la peau… J’aime le saucisson sous toutes ses formes : à cuire, à la myrtille, à la noisette, avec du comté, à la viande d’âne, de taureau, de belette ou de chien. Comme aurait pu dire Omar Sharrif pour peu qu’il n’ait pas adhéré à une tradition porcinophobe : la viande sèche dans un morceau de boyau, c’est ma grande passion.

C’est l’autre soir, tandis que l’aut’poussin organisait une soirée-pétasse où j’avais été accepté à cause d’une tendinite (sinon, tu parles, je serais allé me souler au badminton) que j’ai fait mon coming-out : j’ai démontré que je devenais ce que je mange. Nous étions quelques filles toutes ensemble à papoter tout en nous empiffrant de ces grignotis propres à tous les apéritifs. Tandis que la conversation roulait sur des sujets tous plus ennuyeux les uns que les autres (cinéma, littérature, etc…), je pris mon courage à deux mains et annonçai à l’assistance médusée : « Je sens le saucisson des pieds. »

Inutile de dire que je devins le centre de tous les intérêts (je sais y faire avec les filles.) dans un silence total, intérêt d’autant plus grand que la phrase que j’avais prononcée était quasiment incompréhensible. Il se trouva une jeune femme moins insensible que les autres, ou plus simplement dotée d’un esprit scientifique plus acéré pour me demander ce que j’entendais par là. Je lui expliquais donc que les tatanes que je portais aux pieds ont une semelle intérieure en cuir, et que la présence répétée de mes pieds nus sur ladite semelle a laissé une odeur de sel mariné et de gras séché. Bref, que mes panards puent le sauciflard.

Il paraît que j’ai gâché la soirée, que la prochaine fois, j’irais au badminton même avec une tendinite, même avec une jambe dans le plâtre, qu’il est déjà assez difficile de rassembler une demi-douzaine de filles qui en valent la peine (là ce n’est pas moi qu’il faut traiter de phallocrate.) pour que je vienne me vanter de mes relents pédestres.

Je me suis excusé.
Mais n’empêche.
La fille qui avait demandé, elle a senti.
Et elle était d’accord.

jeudi, 21 avril 2005

Du gras dans la tête.

Liste de questions formant, groupées, le corps d'un moment ludique plein de joie et de bonne humeur.

Au départ je voulais vous soumettre un texte comparatif sur les fraises et les prurits ( avantages, inconvénients, saison où ils poussent le mieux, etc...) Mais je l'ai relu (NB : ne plus jamais refaire ça.) et je l'ai trouvé franchement médiocre. Cependant, d'autres textes en attente n'étant pas tout-à-fait prêts, il fallait absolument coucher quelque chose sur le papier pour aujourd'hui, car le fdait de glander sur le net est aussi une discipline de vie.

J'ai donc pensé à vous faire profiter d'un petit jeu de mon invention s'intutil... s'intitil... se nommant :" c'est pas la bonne réponse, mais presque", un jeu alliant subtilité et réflexion. Le principe en est simple, à une question posée, il s'agit de donner la réponse fausse la plus proche de ce qu'on attendrait. Les réponses sont classées en trois catégories : les ben oui c'est évident (un point), les ah pas mal dis donc (cinq points) et les ah ouais, krrr, krr,krr (dix points). Un exemple : à la question "Qui est le père du célèbre commissaire Maigret ?", plusieurs réponses sont possibles :
- Un point : Rabelais, Maupassant, etc.. soient des romanciers.
- Cinq points : Agatha Cristie, Raymond Chandler, soient des romanciers ayant pour héros réccurent un détective.
- Dix points : San-antonio (détective réccurent de langue française) ou le jardinier du château de Saint-Fiacre ( en fait le père du personnage Maigret est administrateur au château de Saint-Fiacre).

Voilà, vous avez compris, maintenant il suffit de répondre aux dix questions suivantes de la façon la plus intelligente possible, et va savoir si je ferais pas un effort pour le meilleur. N'oubliez pas de justifier vos réponses si c'est vraiment vaseux.

1- Donner un nom de fruit rouge.
2- Citer une couleur différente du bleu.
3- Quels sont les noms des neveux de Donald ?
4- Quelle est la différence entre une casserole et un pot de chambre ?
5- Quel est le nom du nouveau pape ?
6- Combien de pattes possède un mille-pattes ?
7- Si ce n'est toi... ?
8- Donner le nom d'un chanteur mort.
9- Combien y a-t-il de mousquetaires chez Alexandre Dumas?
10- Citer le nom de l'auteur des Trois Mousquetaires.

C'était, je pense, une très bonne excuse pour ne pas faire de note cette semaine (faut me comprendre, j'ai un prurit parce que j'ai mangé des fraises.).

lundi, 18 avril 2005

Crac boum hue

Liste des anticipations qui m'amènent souvent à avoir mauvaise conscience et par là même à être un type vachement attachant (je vous assure.)

Le concepteur de la Renault Clio est un abruti.
Le concepteur de la 307 Peugeot est un crétin.
Le responsable de la circulation de la mairie de ma ville est un couillon.
Le type qui a inventé les trottoirs est un sagouin.
Et Dieu lui-même doit avoir les oreilles qui sifflent ce soir.

Résumons : deux voitures, une rue étroite et néanmoins à double sens, un drame humain. La jeune femme et moi nous sommes évité avec élégance, par contre elle a accroché le trottoir avec une rare violence. Ca a fait « POM » (si si) et deux morceaux de pare-chocs luisants ont volé par-dessus la voiture.

Jusque là, rien de bien grave, je peux m’esbigner, mais (et j’ai oublié de le préciser) la conductrice est plutôt jolie. Et rien ne m’émeut plus que la beauté (ah si, un demi.). Je m’arrête donc et en un instant me vient en tête tout un scénario. Tandis qu’elle ramasse les deux bouts de pare-chocs en une tentative bien vaine de recoller les morceaux, je la vois dans quelques heures.

Elle est dans son salon, tête baissée devant son conjoint (on n’a pas une 307 si on est célibataire.), elle vient de lui avouer ce qui s’est passé dans l’après-midi. Ce gros con qui tient à cette bagnole comme à la prunelle de ses yeux (elle est neuve, noire et rutilante, juste ce qu’il faut pour draguer le vendredi soir un peu bourré et se taper une pauv’ pétasse qui a un bâton de gloss à la place du cerveau pendant que sa femme torche les mômes. Gros enculé.) – Ce gros con donc est en train de la pourrir d’une voix de stentor alors qu’il est à cinquante centimètres.

Il lui signifie qu’il faut être gourde pour avoir ce genre d’accident, qu’au moins elle aurait pu tenter d’accrocher la voiture venant en face et que les torts auraient été partagés, ou alors relever la plaque de cet abruti en Clio pour qu’ils portent plainte. Il lui affirme qu’elle est une médiocre conductrice, une assurée irresponsable, une cuisinière déplorable, une mère exécrable et une baiseuse incompétente. Tout cela devant les enfants.

Ces derniers cessent de respecter leur mère, ils travaillent mal à l’école n’ayant plus d’autorité pour les y pousser (l’autre andouille de père est en train de baiser dans l’Audi), ils ont de mauvaises fréquentations, s’ennuient et tombent dans l’enfer de la drogue. L’un se fera arrêter et condamner à dix ans de prison pendant lesquelles il sera le passe-temps anal de ses compagnons, tandis que l’autre s’étiolera entre prostitution, douleur et addiction.

Alors je prends la seule décision que peut prendre un honnête homme. Ayant du bonus sur l’assurance je m’approche d’elle dans l’intention de faire un constat pour que les torts soient partagés, grand prince, chevalier blanc. J’en pleurerais presque tant je suis bon.

Elle lève la tête.
Elle me lance un regard noir.
Sa bouche se tord dans un abominable rictus de haine.
J’ai failli y mettre une mandale à cette conne.
Et je suis reparti.
Bien content.

dimanche, 17 avril 2005

Opération Overblord (III)

Liste de papiers sur lesquels le petit Cohen vous résume son expérience de la Normandie (III). Une lettre, quoi (III aussi).

medium_dsc00254.jpg

medium_dsc00255.jpg

Opération Overblord (II, modifiée pour essai, faites pas attention.)

lettre2.jpg

vendredi, 15 avril 2005

Oprération Overblord (II).

Liste de papiers sur lesquels le petit Cohen vous résume son expérience de la Normandie (II). Une lettre, quoi (II aussi).


dsc00250.jpg

medium_dsc00252.jpg

medium_dsc00251.jpg

jeudi, 14 avril 2005

Opération Overblord.

Liste de papiers sur lesquels le petit Cohen vous résume son expérience de la Normandie (I). Une lettre, quoi (I aussi).

Peut-être que j'éclaircirai les photos la prochaine fois (mon scanner est en panne.) et puis faut cliquer dessus pour les agrandir.

medium_dsc00248.jpg

medium_dsc00249.jpg

medium_dsc00247.jpg

Toutes les notes