jeudi, 31 mars 2005
L'exorciste 8452
Liste des influences néfastes que certains évènements paranormaux peuvent avoir sur mon entourage et ma propre réponse.
Il y a la journée où les hommes s’agitent et s’ébrouent et puis il y a la nuit qui n’est pas faite pour le genre humain, la nuit qui n’est peuplée que de mystères et de chimères. Tandis que les vivants sont endormis, les esprits éthérés ont toute latitude d’envahir le monde. Chaque son, chaque mouvement à une saveur particulière : ils ne sont plus normaux, ils sont devenus des signes, des métaphores. Ce n’est plus la brise qui souffle la nuit, c’est l’invincible courant des soupirs des amoureux maudits. (Sa mère, comment ça claque !)
D’ailleurs l’autre matin, ce n’était pas un klaxon tonitruant, sous le doigt d’un quelconque abruti tunningophile, qui a traversé ma rue en me réveillant, c’était la fanfare des anges annonçant la visite d’un des leurs. Et mon mal de genou n’est pas une banale tendinite, c’est le stigmate douloureux de l’aventure surnaturelle qui m’arrive. Cette nuit a été plus dense que d’ordinaire, elle m’a envahi, elle est en moi. Je l’ai constaté au réveil et j’en souffre encore aujourd’hui.
Il me semblait qu’au saut du lit, tandis que chantonne la bouilloire, une déclaration d’amour aurait été bien accueillie. Lors, je me penchai à l’oreille de ma compagne qui devint presqu’aussitôt hystérique en entendant le chant suivant : laisse-moi t’aimer, toute une nuit, LAISSE-MOUAAAA… C’est pile à ce moment-là que je me suis mangé le bol dans la tronche.
Quand je fus revenu de mon évanouissement, il était largement temps de monter dans ma voiture et filer au travail. J’y arrivai, légèrement embrumé, un peu groggy et me précipitai sur la cafetière tout en saluant les collègues présents d’un : C’EEEEEEEESSST COMME CA-A QUE JE T’AIMEU… C’est en défroissant mon costume dans le couloir, juste après l’atterrissage, que je tentai d’analyser les évènements de cette courte mais néanmoins riche matinée.
Alors que je m'approchait de la fenêtre, je réalisais soudain ce qui m’arrivait. Contrairement à l’habitude, elle était grande ouverte sur le vide, m’invitant presque. L’évidence me frappa et m’ébranle encore aujourd’hui. Depuis cette maudite nuit, je suis possédé, un esprit à pris possession de mon corps : celui de Mike BRANT. Je voudrais un exorciste, s’il vous plaît : C’EEEESSSSST MA PRIE-EREU…
19:05 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
mardi, 29 mars 2005
Merdeee, c'était Pâques.
Liste des choses que j’aime bien faire quand je rentre chez ma mère et qu’il fait beau.
C'était Pâques et je ne suis pas allé voir ma maman. Elle m'en veut, cela fait au moins deux jours qu'elle ne m'a pas téléphoné. Je regrette. Je regrette d'autant plus qu'il ne faisait pas beau et que dans ces cas là, je descends peu. Mais sinon, quelle aventure.
D’abord, au lieu de prendre la nationale, je passe par la route de la montagne. Et là, le conducteur modèle laisse la place au vilain bourrin. L’accélérateur est collé au plancher et je monte rarement au-dessus de la troisième. Les virages sont serrés et à quarante on a déjà l’impression de faire du rallye. A l’arrivée, je sais que je me suis conduit comme un gros con, mais ça ne m’empêche pas d’être fier de moi.
Et puis, après quatre heures de route pour venir, il est normal de ressentir une grosse envie d’uriner. Grand bonheur : je vais dans le verger aux cerisiers et je pisse au frais, le nez en l’air parmi l'odeur des griottes. Pendant tout mon séjour, je ferais ainsi, de jour comme de nuit, même si cela demande un effort (remettre mes chaussures par exemple ou me rhabiller ou encore sauter par la fenêtre.).
Ensuite, comme je suis arrivé à l’improviste, (une visite fait toujours moins plaisir quand elle est prévue de longue date.) il va falloir descendre acheter deux ou trois choses à l’épicerie du village. Pour y descendre j’ai le choix : la route ou le pré. Le pré est vraiment en pente pendant une centaine de mètres. Alors devinez. Oui, à fond dans le pré, cabrioles et sauts divers, gamelles et terre dans les yeux, un peu de honte aussi quand les voisins me voient faire parce que franchement, c'est pas une façon de se conduire à quasi quarante ans ( eh quarante ans toi-même, je te chie dans les bottes moi.).
Le soir, enfin, j’ai le choix entre deux activités. Si je suis seul, je monte sur le toit pour m’y allonger un moment et regarder les étoiles. Je n’y connais rien en étoiles (à part la Grande Ourse, et encore il faut que je sois tourné dans le bon sens.) mais je fais comme si. Je ne pense à rien, c’est juste un spectacle. Bon, au bout d’un moment ça lasse et je demande rarement un bis. Sauf si, par hasard, j’ai aperçu une étoile filante.
Par contre s’il y a du monde (surtout ma sœur), on n’a pas de temps à perdre avec la contemplation. D’abord, nous devons nous griser avec application et modération, juste pour avoir l’énergie de faire une sottise (pas une connerie, rien de méchant.). La sottise, c’est toujours la même : on va à pied à la rivière pour pêcher les écrevisses de nuit, les gens qui nous accompagnent changent souvent. Quand on revient, c’est la fête. La plupart du temps on ramène une paire de pinces, des vêtements boueux, des genoux écorchés et une grosse envie demanger une omelette. Omelette et douche pour tout le monde : il est deux heures du matin.
C'était une bonne journée.
Aujourd'hui, c'était pas drôle, sauf si tu viens aux écrevisses.
17:55 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Alerte épidémiologique
Liste de maladies rares dont le milieu naturel de propagation se trouve sis dans l’armoire de la chambre.
Je lance un appel au monde, un SOS avant qu’il ne soit trop tard, j’ai fait une terrible découverte. Il y a dans mon placard un foyer d’infection et de contagion d’une grande dangerosité et dont je veux croire qu’il n’est pas encore trop tard pour l’enrayer et empêcher la maladie d’envahir le monde. Pouvons-nous contraindre l’épidémie ? Cette question me hante depuis ce matin.
Au réveil, je me suis lavé (oui ben je raconte là, je peux pas être passionnant tout le temps.) et comme la plupart du temps où je me livre à mes ablutions à jeun, j’étais nu. Et comme il est d’usage dans un pays civilisé, je décidais de ne pas rester dans un tel état et de revêtir quelques oripeaux afin de vaquer à ma tâche journalière. Tout naturellement, je cueille sur l’étagère adéquate un boxer qui me permettra d’éviter une fois encore certaines inflammations pelviennes.
Donc, d’une poigne détendue et légèrement comateuse, j’attrape au hasard un sous-vêtement et y jette un coup d’œil avant de l’enfiler pour voir s’il est assorti à ma cravate et là la stupeur m’étreint. Entre les deux jambes, au lieu du nid douillet de tissu, ne se trouve plus qu’un orifice béant aux bords effrangés. Bientôt la stupeur fait place à l’agacement face à un tel laisser-aller et j’arrache à la pile un second boxer qui se trouve être autant troué, et cela au même endroit. La colère qui commençait à sourdre céda ensuite le pas à une peur sourde tandis qu’un troisième sous-vêtement affecté par les mêmes symptômes vint échoir entre mes bras.
Il faut se rendre à l’évidence : mes caleçons ont LA LEPRE ! Et la maladie se répand à toute allure, ce qui n’est guère étonnant, étant donné la promiscuité dans les placards de nos jours. Je n’ai fait ni une, ni deux, ni trois, pas même Pi : j’ai trié mes caleçons dans la plus grande célérité. Les sauvables d’un côté, les malades de l’autre. Pour ces derniers,je ne pus trouver qu’une seule solution, certes moyenâgeuse mais néanmoins efficace :la crémation, tâche à laquelle je me suis attaché aussitôt.
Cela m’a valu une belle colère de ma chérie : « Mais pauvre abruti (elle adore me donner des petits noms.) qu’esse-tu branles à allumer un barbecue à six heures du matin dans la garage juste à côté de ma voiture ! »
J’ai tout expliqué.
Elle ne m’a pas cru.
Mais cette après-midi j’ai vu.
Mon pantalon peluche ostensiblement à l’entrejambe.
C’est une catastrophe, une pandémie.
C’est de ma faute.
Puissiez-vous jamais me pardonner.
00:20 Publié dans Science et technique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 28 mars 2005
Une petite collection.
J'ai créé la Fédération Française et Enthousiaste de Static Surf Extrème( principe du sport ici, cliquez ses sports préférés-ce qui ne vous dispense pas de surfer sur le reste si vous avez envie.) et j'engage nombre d'entre vous à rejoindre les deux membres déjà inscrits. Pour cela, il suffit d'avoir un appareil photo, une planche à repasser et une tenue de bain. Envoyez-moi la photo de vous surfant avec une petite ligne de commentaire (mon e-mail est en bas à droite ou sur ma page perso en bas à gauche) et je vous renverrai de quoi imprimer une superbe carte de membre de la FESS ! Veinards.
Attention, ce n'est pas vraiment un concours, c'est juste une collection. (Si vous ne voulez pas qu'on vous reconnaisse sur la photo, le port du passemontagne est autorisé.)
12:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 27 mars 2005
Liste des raisons pour lesquelles je fais une note ici.
J'avais déjà un blog, mais j'avais parfois sur mon serveur des difficultés d'accès. J'étais fort marri. D'autant que ma mère m'a toujours dit de finir ce que j'avais dans mon assiette avant de passer au plat suivant. (c'est pas drôle, c'est pas vous qui vous tapiez des spaghettis au petit-déjeuner.) Donc je rongeais mon frein, d'autant plus frustré que ce n'est pas une question d'accès personnel, mais si on veut venir me voir, c'est pas bien poli de dire "attends je viens ouvrir pendant une demie-heure" et tout ça pour annoncer enfin que j'ai perdu les clés.
Donc finalement je m'ai dit (oui parfaitement, je m'ai dit.) que j'allais comparer avec des autres donc me voici ici.
Je pense que pendant un temps je vais mener les deux en parallèle, puis.. comment ça on s'en fout???
Pour ceux qui me connaissent c'est toujours les mêmes listes, le même esprit, si on peut parler d'esprit.
Pour les autres, vous pouvez voir ce que j'ai fait jusqu'à présent : c'est ici.
Bonjour les gens.
20:55 Publié dans Questionnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 25 mars 2005
Un homme, une femme, une chaise.
Liste des différences significatives entre les deux sexes que connaît l’humanité.
J’ai découvert au travail une nouvelle différence entre l’homme et la femme. Elle tient en deux mots : la chaise et plus précisément la manière de l’utiliser. Bien sûr les plus au fait parmi vous me rappelleront que trois points principaux constituent la base évidente de la différenciation des sexes, à savoir :
¤ La pilosité faciale.
¤ La bicyclette.
¤ La feuille de paie.
Trois phénomènes aisément et scientifiquement explicables et dont je vais démontrer la pertinence.
La différence de pilosité faciale est une évidence naturelle due à la théorie de l’évolution des espèces et de l’adaptation au milieu. Avec deux pilosités faciales fournies (Demis Roussos et l’Abbé Pierre, par exemple), le baiser, prémisse à tout accouplement, produirait une décharge d’électricité statique désagréable, un dégoût légitime suivrait qui serait tout à fait nuisible à la pérennité de l’espèce humaine.
De même la bicyclette est un organe naturel dans sa forme, attendu la disposition des gonades dans le système uro-génital féminin ou masculin. A quoi peut servir une barre si vous n’avez pas de couille à écraser dessus ? Voilà pourquoi cette terrible barre est absente du vélocipède féminin. Il s’ensuit une quantité non négligeable de métal non utilisé, ce qui implique donc un moindre coût de fabrication et de vente. Ainsi, les femmes sont moins payées que les hommes car elles ont moins d’argent à débourser pour leur vélo. CQFD.
Mais la chaise, me direz-vous ? Une observation minutieuse et objective des mœurs d’assise des différents sexes (zigounette ou pilou-pilou, suivez donc.) m’a conduit à mener une expérience que vous pouvez réaliser vous-même, et ce quel que soit votre sexe : choisissez n’importe quel quidam assis sur une chaise et présentez-vous par l’arrière (par l’arrière de lui, hein ?) ; D’un mouvement souple et coulé, enjambez le dossier afin de parvenir à vous frayer une place contre son séant. Deux cas de figures se présentent :
Vous atteignez l’assise du siège : une femme est assise devant vous.
Vous restez désespérément en l’air le rouston ou la lèvre coincée dans le dossier : c’est un homme.
Pour l’instant je n’en suis qu’à l’observation, mais je me jette illico dans l’explication scientifique dont je ne manquerai pas de vous donner les conclusions bientôt (Y aurait-il une histoire de repassage, un atavisme de la servitude ?).
Je continuerai donc mes expériences au travail, ce qui finalement a amené plusieurs collègues féminines (jusque là du moins), sentant une soudaine présence inopportune contre leur fessier, à se caler bien au fond du siège. Elles changent. Elles se masculinisent. Elles deviennent des hommes, et c’est les marchands de vélos qui vont être contents.
15:15 Publié dans Science et technique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 23 mars 2005
Lettre d'exil depuis l'allée de ma cour.
Liste des symptômes évidents de la maladie de PinPin (neuneuïta Simplex)
Cher tous,
Voilà. Ca m’a repris aujourd’hui, et je n’ai rien pu faire pour l’éviter. J’avais eu un avertissement, un prolégomène hier soir alors que je regardais des noms sur une liste de gens sur internet. J’ai envoyé un bonjour à l’un d’eux. Je ne le connais pas. Je n’avais pas fait exprès. J’ai mal dormi, et ce matin ça m’a repris sournoisement : une crise de neuneuïte aiguë, la Maladie de l’Abruti. Symptômes : cerveau mou, liquide quasi vaporeux ; la main presque parkinsonnienne ; la mémoire effacée ; le bon sens dans les chaussettes.
C’est ce qui explique que je vous écrive de si loin, très exactement devant la porte de mon garage dans lequel je ne peux pas me garer, garage situé à côté de ma maison dans laquelle je ne peux pas entrer car J’AI PERDU MES CLES ! Pas oubliées : perdues, égarées, définitivement disparues. Je les ai perdues aujourd’hui et pas hier ni demain, aujourd’hui car ma compagne assiste à une réunion et qu’elle rentrera tard ce soir et pas hier ni demain. Aujourd’hui où je me suis abreuvé de nombreux cafés et où je n’ai pris pour mon trajet professionnel qu’un seul CD. Et me voilà, seul, dans ma Clio inconfortable, écoutant Moby en boucle (que je suis con, mais que je suis con…) avec le calbombe en chapiteau de cirque, pression prostatique oblige.
Bien sûr, certains diront, pleins de morgue et d’arrogance (c’est pas eux qui sont dans la Clio) : « Mais, pauvre abruti (merci, merci bien) tu tiens l’excuse la plus pertinente pour t’engouffrer dans un estaminet dans le but d’y engloutir quelques boissons alcoolisées : ta vessie douloureuse, crétin (merci, merci bien). » Oui, effectivement, j’eus pu aller au troquet sauf que pour ce faire, il faut de l’argent et que mon portefeuille je le vois d’ici, à travers la porte-fenêtre, sur la table. Il est là mon argent, mon bel argent, mon cher ami, sans lequel l’exutoire alcoolique m’est fermé. Je le vois, et les gendarmes qui m’ont arrêté pour un contrôle de routine l’ont vu aussi, juste à l’endroit que j’avais précisé. C’est pour cela qu’ils ont été gentils. Ils ne m’ont pas mis de contraventions, ils se sont contentés de m’humilier à coup de lourdes galéjades.
Je suis donc là, assis dans ma voiture, au milieu de l’allée.
Je suis sûr que les voisins m’observent derrière leurs persiennes, méfiants pour certains, ricanants pour d’autres.
Je suis là, assis dans ma voiture, au milieu de l’allée.
Je n’ai plus aucun soutien.
J’ai envie de pisser.
J’ai faim.
J’ai soif.
J’ai honte.
15:20 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 21 mars 2005
Des câlins, des bisous.
Liste des différents moyens de soulager la douleur des gens quand on leur a fait mal.
J'ai marché sur le pied de ma compagne. J'ai marché sur le pied de ma compagne en allant chercher ma saucisse dans le micro-onde. Je lui ai marché sur le pied sans retenue, avec entrain, avec élan, avec mes quatre-vingts dix kilos de mou. Elle a hurlé de douleur, et moi tout marri, il a bien fallu que je fasse tous les efforts possibles pour faire cesser cette terrible douleur.
Mais que faire ? Nous sommes si impuissants face à quelqu'un qui souffre, ne serait-ce que du gros orteil. J'aurais pu la prendre dans mes bras de la même façon que je lui avais marché sur le pied, sans retenue, dans un élan de tendresse infinie. L'embrasser doucement dans le cou tandis que ses larmes coulaient sur ses joues. J'aurais pu étouffer entre mes bras chauds et protecteurs les sanglots que sa douleur faisait naître. Doucement lui faire des tendresses dans sa soyeuse chevelure et lui murmurer des excuses tout bas en l'assurant de la solidité de mon amour.
J'aurais pu la déchausser délicatement et masser ses pauvres orteils meurtris avec une huile apaisante, puis lentement étendre le massage à tout le corps sans même penser à mal. J'aurais pu la prendre dans mes bras et la border dans son lit pour qu'elle se sente en sécurité.
Mais j'ai été pris de court, j'ai paniqué. Et ma réaction a été de hurler " T'AS PAS MAL T'AS PAS MAL T'AS PAS MAL T'AS PAS MAL T'AS PAS MAL ". Elle m'a regardé d'un air abasourdi, soudain coite, et elle s'est mise à hurler. De rire cette fois; Comme quoi, la méthode Coué est parfois efficace.
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jeudi, 17 mars 2005
Pignolades et plus question de pagnolade.
Suite de pignolade ( en bas) Pour peu que vous vouliez l'avoir en V.O., sachez qu'il faut diphtonguer les voyelles nasales en les fermant : exemple : comment devient comméent, pardon devient pardaon. Pour le reste se référer au Petit Aymé Jacquet Illustré, édition B. Chirac.
¤Même scène mais dans un contexte différent : l'ancêtre est assis sur une banquette bétonnée. Les enfants sont tout de vert vêtus, elfiques en somme. Autour d'eux, assourdissante, la foule hurle et gronde, bariolée et empanachée telle un ost médiéval.¤
Les enfants : Mais dis-y donc, eul'vieux, y' avait quoi donc d'autre qui te faisait peur ?
La foule : Dans les vestiaires avant de rentrer..
L'ancêtre : Et ben mes belins, j'vais vous y dire.
La foule : Pour nous aider à nous échauffer...
L'ancêtre : C'est-y donc qu'à votre âge la maison a pris soin de brûler.
La foule : Tous ensemble nous chantons...
Un enfant : Fouilla dis-donc, et t'étais dedans ?
La foule : On est les rois du ballon...
L'autre enfant : Meu non, t'es t-y bazeuille ! Comment qu'il serait là ?
La foule : En arrivant sur le terrain...
L'ancêtre : Et voui, ça a brûlé tandis que j'étais au collège.
La foule : On les entend frapper dans leurs mains...
Les enfants : T'as t-y été veinard !
La foule : Avec eux nous chantons...
L'ancêtre : là même, mes zazons, et je m'disais qu'on aurait brûlé de nuit, il serait resté plus pas un de la famille.
La foule : Saint-Etienne sera champion-on-on-ON...
Les enfants : BIen Bien peur dis donc.
La foule : ALLEZ...
L'ancêtre : Vois-tu donc, galapiat, tandis que nous avions déménagé dans la maison du pépé, j'étais pas fort assuré d'être vivant pour longtemps. En toute honnêteté, j'étais pas évidemment vivant.
Je me suis rendu compte qu'à chaque instant la mort pouvait s'inviter à ma table, ou plutôt à mon lit, car il est toujours plus facile d'attraper un homme seul. J'avais douze ans, et à douze ans on n'a plus le droit de sentir auprès de soi pour un oui ou pour un non le lourd et rassurant corps d'un parent. A douze ans, on reste dans son lit et on essaie de ne pas faire pipi.
A douze ans, je regarde droit devant moi, au travers du terrible silence de cette campagne, le noir vide. Et pour ne plus entendre le silence, je ferme l'oreiller sur ma tête. Alors un bruit léger s'élève au creux de mon oreille, une veine qui bat toc, toctoc, toc, toctoc, jusqu'à ce que tout-à-coup le sang n'afflue plus. Mon oreille se tait et je suis mort. Ce n'est pas vraiment drôle, ce n'est surtout pas triste. C'est un terrifiant sentiment d'inconnu.
Et puis il repart : toctoctoctoctoctoctoc, comme un rire sacarstique, une moquerie quotidienne que je supporterai jusqu'à ce qu'on revienne à la maison.
Les enfants : Y'A BUT !
L'ancêtre : Il a bronzé Rocheteau, mais il a toujours la même coupe.
15:25 Publié dans P'tit con. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 16 mars 2005
L'homme est un agneau pour la femme.
Liste de pratiques néo-machistes.
Frères mâles, n’ayez plus peur. Certes les femmes rognent sur nos prérogatives, diminuent jusqu’à les anéantir nos attributions, cependant il est encore possible d’être phallocrate, comme la Nature l’a voulu, dans le cadre du mouvement de libération de la femme, pour peu que nous nous y appliquions avec tact et discrétion.
Certes, ces viragos veulent que nous partagions les tâches domestiques, et il est mal vu aujourd’hui de refuser ces pratiques déshonorantes. Alors, machiavéliques compagnons, sous couvert d’une entière obéissance et d’une ouverture d’esprit certaine, détournons ce partage contre-nature de son but premier. Comment ? Suivez-moi, je vous montre le chemin ( et attention à la marche.).
Régulière dans sa récurrence hebdomadaire, la corvée du repassage semble une des plus fastidieuses : baste ! nous l’allons transmuter en délassant passe-temps masculin et cela à peu de frais. Il suffit de se procure une chaise et une canette de bière puis de régler la planche de repassage à la hauteur adéquate pour utiliser le fer en position assise et zou… Attendez patiemment que revienne le samedi à quinze heures.
Ce serait bien le diable si en zappant cous ne tombiez pas sur un match de rugby, une couse cycliste voire un meeting gymnique. Ouvrez alors votre canette et en avant, Guingamp, mettez-vous à repasser. Si le vice est votre fort, vous pouvez même inviter quelques amis à venir repasser à la maison. Et que pourra vous rétorquer votre bien-aimée compagne le soir de la finale de la Champion’s league quand vous lui demanderez : « Chérie, je peux aller chez Pascal ce soir ? On a une soirée repassage. »
Et les courses… Pourquoi rechigner à ce rendez-vous saturnal alors que quelques simples aménagements en font un acte profondément viril ? Primo : qui doit ramener la cuisse de mammouth pour nourrir la tribu ? Vous, grand chasseur ou une faible femme ? Secundo : qui va passer à treize heures un bon moment dans un supermarché désert pendant qu’elle sera entrain de tenter de nourrir deux enfants rétifs et braillards ? Enfin, qui va, à la caisse, en compagnie d’une jeune donzelle, et à force de réparties fines (« Hin hin, la technique, hein ? » ou « Ca tombera pas plus bas » ou « Oulà oulà, vous allez bien vite. On n’est pas bien tous les deux ? ») connaître un moment d’érotisme intense ?
Croyez-moi, frères phallocrates, nous devons militer pour une plus grande émancipation de la femme afin d’être macho la tête haute et la conscience tranquille.
Notre prochain exposé : « comment envoyer sa compagne en hôpital psychiatrique en rangeant soi-même les tiroirs de la commode » et « la vaisselle et les pansements, un couple indispensable pour avoir l’air d’un type bien. »
Je vous remercie de votre attention, veuillez sortir dans le calme.
15:30 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note