jeudi, 05 janvier 2006
Le bonheur, c'est simple coup un coup de boule.

Liste au goût doux-amer, d'une délicatesse terrible cachée sous un humour ravageur, le tout servi par un sytle admirable, à consommer tiède avec des patates.
Les carottes cuites à l’eau sont une insulte à la gastronomie. Leur goût douceâtre et leur consistance mollassonne ennuient le fin gourmet. Il n’est rien de pire que les carottes cuites à l’eau, si ce n’est le bonheur. Le bonheur m’assomme comme une tonne de beurre fondu. Pas le fugace bonheur improvisé quotidiennement, entendons-nous bien, je veux vous parler du lourd bonheur de circonstance.
Nous sortons d’en prendre pour deux semaines. Une quinzaine de guirlandes chamarrées et de boules reluisantes, une quinzaine d’enfants aux yeux écarquillés par la féerie de Noël. Sagouins. Une quinzaine de béatitude aux pieds des sapins clignotants et des bouteilles célébratrices. Dégueulasse. Une quinzaine de dictature au cours desquelles chacun se devait d’être heureux ou d’être un moins que rien. Salauds, nazis…
J’ai vécu ces deux semaines dans un état d’hébétude profonde et de quotidienne mélancolie. J’ai paressé, j’ai soupiré, j’ai pleuré, j’ai dépressé, je me suis mis en ermitage, honteux mammifère qui n’était pas émerveillé, habité par l’esprit de Noël, en un mot : heureux. J’ai fait tout ça et puis quand j’en ai eu assez, alors je suis mort.
Triste nouvelle. Mais qui ne vaut pas vos pleurs, vous qui m’honorez de parcourir ces pages. Le gros monsieur mal rasé qui tape sur son clavier est plus vivant qu’il ne l’était il y a trois jours encore et il se sent soulagé d’avoir passé ce nouveau cap de la quinzaine du sourire laïc, gratuit et obligatoire. C’est juste Cohen. Cohen est mort. Il a vécu sa dernière aventure, qu’il n’écrira pas car elle est sombre et ennuyeuse.
Crevé, le crevard, niqué le chroniqueur acerbe des petits riens, défuncté, le défenseur brutal des causes incertaines, lessivé, out, RIP. Il devait en être ainsi, et ce n’est pas grave car, comme le disait le Professeur Marmaduke Lagrêle, doyen de l’Université Bocsonienne du Futile : « Quand on estmort, c’est un peu tard pour se faire du souci. »
Dans son agonie, il fera encore deux petits tours. Et puis s’en ira.
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lundi, 10 octobre 2005
Les bushmens racontent-ils des histoires salaces ?
Liste d'arguments propres à nous faire prendre en compte la sérieuse hypothèse que sous des dehors bonhommes, les peuples premiers sont finalement rien que des assistés qui vivent à nos crochets plutôt que d'aller à l'usine ces salauds là.
La Grande Guerre de la Zapette Vespérale bat son plein. L’offensive de Machine me contraignait jusqu’alors à supporter dans l’ordre : les péroraisons de Juju Lepers qui fait croire qu’il connaît toutes les réponses alors que c’est vrai puisqu’elles sont écrites sur ses cartons, les marronniers quotidiens du journal régional aujourd’hui en direct de Chaumercenne, Haute-Saône, et ses accidents qui ont presque fait un mort, l’édition nationale-la-voix-de-son-maître du 19/20.
J’ai réussi à convaincre Machine de zapper pendant ce dernier épisode de l’Abominable Début de Soirée et Après Tu t’Etonnes Que Je Sois Sur Mon Blog. J’eusse voulu que dégageasse le journal en entier, mais autant les séismes indiens laissent froide ma compagne, autant l’inauguration du rond-point Guy Roux à Vaucresson, ça la passionne. Une fois que je l’eut convaincue, il fallut bien que j’imposasse mon programme (désolé pour les subjonctifs imparfait, mais j’ai eu un stock pas cher, plus personne les utilise) et je choisis le documentaire d’Arte.
Non pas qu’il me passionne, mais ce programme étant culturellement défendable, contrairement à la masse des autres productions, il me permet d’arborer dans mon couple un masque pseudo-intellectuel légèrement snob qui me permet de me hausser sur un piédestal conséquent et donc par ricochet d’être follement désirable, de mépriser les choses du vulgaire et de baiser quand j’en ai envie et si j’en ai envie et comme ça je n’ai plus l’air d’un éjaculateur précoce mais d’un pur esprit qui a autre chose à faire c’est vrai, quoi.
Or ces documentaires m’ont ouvert les yeux sur des horizons jusque là inconnus. Non pas sur les pays qu’ils explorent et les rencontres avec les peuples qui les habitent. Non, ça j’en ai franchement rien à cirer d’autant que le temps de s’y rendre en hors saison combien tu paries qu’il y a un tremblement de terre qui va te l’éradiquer sous six mètres de boue ta civilisation de pègreleux ? Par contre j’en apprends un bout sur les réalisateurs de documentaires et leur capacité innée à pimenter leurs reportages de poncifs tout à fait jubilatoires.
On peut s’attarder sur l’osmose par exemple. Tous les peuples plus ou moins primitifs qu’on nous dépeint vivent en osmose.Ainsi, les fiers ex-guerriers et néo-alcooliques des steppes du Kialeboukistan entretiennent une relation symbiotique avec le yaourt dont ils tirent nourriture, vêtements et armes. De même les Mapotos vivent en osmose avec le poisson-chat à tête plate duquel ils tirent nourriture, vêtements et armes, ce qui explique que le cri de guerre de cette tribu de l’âge de pierre soit « Akawédétolo », ce qui signifie approximativement « allez les gars, piquons leur les fesses ».
Il y a aussi le passage obligé nous démontrant la sauvage beauté du paysage aux éclats rougissant d’un soleil qui se meurt, le passage le plus apprécié de tonton Roger qui fait presque aussi bien avec son caméscope sauf qu’on voit la déchetterie (à chaque fois, hein ? Même à Corfou, il a pris le soleil couchant ben, paf, une déchetterie qui se la radine en bas à gauche).
Il y a enfin, il y a surtout, la séquence sur les travaux des champs (ou sur la préparation d’un plat typique, ou sur une kermesse locale, des trucs de gonzesse quoi) qui est rythmée par le chant venu du fond des âges que la doyenne de la tribu entonne d’une voix légèrement éraillée. Tandis qu’elle laisse s’échapper cette mélopée antique, sa tête se relève et fixe un point vague du ciel, il semble flotter dans l’air un lourd parfum de traditions, des fantômes se joignent à son chœur…
Et si ça se trouve, ce qu’elle chante c’est « un jour la p’tite Huguette, tripote-moi la bite avec les doigts… »
Alors après qu’ils viennent pas se plaindre de voir dénaturées leurs traditions à la con, merde.
21:00 Publié dans Terra incognita | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
samedi, 03 septembre 2005
Y'a pas de raison !!!
Moi aussi j'ai le droit d'avoir un pot de caste.
Même si le son est pourri plein de souffle.
Même si je passe de la voix du schtroumpf farceur à celle de Barry White.
Même si j'arrive pas à le mettre dans le corps de la note et que je suis obligé de le localiser à droite.
Même si j'ai rien à dire.
Moi aussi j'ai le droit d'avoir mon peau de kast.
Vous allez en chier.
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mardi, 09 août 2005
La technologie, ça rajeunit.

Liste des nouvelles technologies qui ermettent de se dire que l'humanité est sur la voie de la solitude la plus absolue.
Quand j’étais petit, j’avais des mémés. Des mémés c’est rigolo et des fois pas du tout. Par exemple, quand il s’agit de les saluer par le biais d’une paire de bises, les petit-enfants sont souvent réticents au contact de cette peau flasque. Réticence théorisée dès la plus haute antiquité par le mathématicien Mamikipik sous la forme suivante : « La longueur du bisou est équivalente au carré de la différence d’âge des impétrants, et sa ferveur égale au carré de l’âge de chacun. » D’où des embrassades qui n’en finissent pas et amènent immanquablement au monde son lot de refoulés et de sociopathes.
Mais je m’égare. Ce qui est rigolo avec les mémés, c’est qu’elles ont une tendance certaine au radotage. Par exemple, avec ma mémé Rose (oui, j’avais une mémé Rose. Et une mémé verte parce qu’elle était décédée. D’ailleurs elle était tellement décédée qu’elle a toujours été morte depuis que je suis né. Si ça tombe, elle n’a même jamais existé.) Avec ma mémé Rose, nous avions inventé un jeu qui consistait à lui faire raconter avec la verve qui la caractérisait (Deux exemples marquants : « mon médecin m’a dit que j’y voyais plus rien, éh con, j’y vois bien, puisque je conduis », et à un type à qui elle avait fait une queue de poisson et qui par conséquent l’avait traitée de vieille pute : « Si j’étais une pute, j’aurais un maquereau qui me conduirait, fan de chiche. »). Donc, nous lui faisions raconter chaque réveillon en la faisant monter dans les aigus l’année où son petit-fils lui avait fait rater le quarté en le tirant aux cartes. Un grand moment de rigolade et de colère de Noël.
Mais je m’égare. L’aspect ludique de la grand-mère tient tout entier dans sa capacité à traiter sa descendance de « fils de saoul » et à ratiociner, même (et surtout) en situation d’extrême solitude. Une mémé qui ne grommelle pas dans sa barbe (ou bien qui n’a pas de barbe) n’est qu’une pâle imitation d’ancêtre, tout juste bonne à passer sous le rouleau compresseur vengeur du légalisme douanier, ministériel et commercial.
Mais je m’égare. L’autre jour, tandis que je chassais pour nourrir la tribu (à Carrefour, donc.) je me fis in petto (j’ai longtemps cru que cette expression signifiait « dans ton cul ») la remarque que les mémés, radoteuses donc, si vous avez suivi, étaient de plus en plus jeunes. J’en vis même une qui n’avait pas quinze ans, et d’après le fantôme de moustache pointant à la lèvre supérieure était de sexe masculin (la moustache féminine est un apanage de la vieillesse ou de la brunitude extrême.) ; Et donc tous ces spécimens parlaient tout seuls, à haute et intelligible voix, me laissant pantois.
Mon sens acéré de l’observation (c’est ça les chasseurs cueilleurs) me fit remarquer le dénominateur commun à toutes ces personnes : un écouteur prolongé d’un long fil leur sortait de l’appendice auriculaire. Ce que j’avais pris pour des grands-mères ratiocinantes n’étaient en fait que des gens normaux (ou presque) en conversation téléphonique publique. Réjouissons-nous donc des progrès technologiques qui permettent à l’homme de garder toute sa dignité, quand bien même il prenne la parole en public, à haute voix et en affirmant que « qu’est-ce que tu veux que je te dises ? c’est la vie… » (des fois ça vaut le coup de payer trente euros par mois.)
Grâce à cela, quand mémé sort, foin des regards méprisants, elle n’attire que l’admiration.
Elle radote ses vieilles histoires avec son oreillette.
C’est pas un kit piéton, c’est un vieux casque de walkman.
Mais pour moins cher le résultat est le même.
02:35 Publié dans Terra incognita | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note
jeudi, 14 juillet 2005
Ce n'est qu'un au revoir mes frères, ce n'est qu'un au revoir.
Aujourd'hui : pas de liste.
Juste pour dire que je pars en vacances pour quelques jours dans le sud. On va voir le soleil, entendre les cigales, sentir le thym et la lavande... Je me fais chier d'avance. Mais bon, il faut parfois savoir faire des concessions.Heureusement mon hébergereur, grâce à Dieu, a une fonctionnalité qui permet de poster d'avance.
J'ai donc prévu un petit jeu à la con des vacances. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai une grande admiration pour Thierry Beccaro. J'aime sa façon de présenter les jeux sur France2 et la classe qu'il a pour arriver à toujours casser l'ambiance, on dirait moi dans une soirée.
Il y a quelques années, il présentait un jeu nommé Dingbats, à base de petites énigmes-rébus (vous connaissez tous celle de : "il manque "ul" dans un coin."). J'explique : vous avez un dessin avec des lettres, et vous devez trouver une expression courante de la langue française.
Voilà, je vous en ai préparé quelques-unes, alors si vous vous ennuyez, viendez donc, c'est tous les deux jours à pertir de demain, aux alentours de midi et demi. Après tout, le boui-boui reste ouvert, y'a juste le patron qui est plus là, et je ne doute pas que l'un ou l'autre prendra soin de faire la poussière et d'astiquer le zinc (hein Ludo ?).
Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un train à prendre. Je reviens dans quinze jours. Portez-vous bien.
12:15 Publié dans Terra incognita | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
mardi, 10 mai 2005
Dark side of the salle 106
Liste exclusive d'impressions diverses d'une tentative épuisante d'enseignement.
Si vous avez consulté l’album de la FFESSE présent sur ce blog, vous savez que je suis un adepte inconditionnel des sports extrêmes et qu’en tant que tel, je n’ai pas froid aux yeux (ni ailleurs de toute façon parce que ma maman me fait mettre mon écharpe avant de sortir.). J’ai donc tenté pour vous le dernier sport à la mode dans l’univers des machins-choses vachement truc avec des maillots moulants et des pantalons dans lesquels on peut chier huit jours de suite. Ca a lieu à l’Education Nationale, ça a pour nom : the Ultimate French Lesson.
Je dois l’avouer, malgré mon expérience, j’ai les genoux qui tremblent et la gorge sèche tandis que je passe le seuil de la salle 106, de la SALLE 106 !!! Je l’ai fait et je sais que par là même j’ai fait nombre de jaloux qui ne viendront plus jamais traîner leurs guêtres sur cette interface informatique. Le moniteur en chef m’a regardé et j’ai lu dans ses yeux qu’il m’affectionnait tout particulièrement, tandis que le moniteur en chef complice ricanait dans le couloir. Discrètement, je suis allé me placer au fond de la classe en me faisant passer pour l’inspecteur de l’Education Nationale.
Ce cours était un Itinéraire de Découverte mené donc par deux éminents professeurs que je désignerai, et ce dans le but de respecter leur anonymat, par leur initiale, soit C et … C, oui bon, disons M.c1 et M.c2. Mon statut autoproclamé de pape pédagogique fut mis à mal quand M.c2 prit la parole en ces termes :
_ Bien. Aujourd’hui vous finissez vos travaux sur la science-fiction, c’est pourquoi nous avons invité un extra-terrestre.
Ceci dit, M.c1 s’avança et dit ces mots :
_ Bon, les enfants (il dit véritablement les enfants) vous avez pu constater que chaque page de votre cahier était maintenant remplie, sauf la couverture qui reste désespérément blanche. Il s’agit de l’illustrer comme nous l’avions convenu en vous inspirant de nos études et en …
_ Ah ben zut, intervint M.c2.
_Quoi donc, M.c2 ?
_ On avait dit qu’on leur donnerait le barème.
_Ah oui tiens, où est-il ?
_Dans mon ordi.
_Ah ben flûte. Bon, les enfants, cette partie sera notée sur…
_ Ou peut-être en salle des profs.
_ Ah, tiens donc, donc, les enfants, cette partie du travail sera no…
_ DANS MA VOITURE ! C’est dans ma voiture.
_ Chic alors. Donc, les enfants, cette partie du tra…
_ J’irai le chercher tout à l’heure.
_ Oui. Donc les enfants, cette partie du travail sera notée sur quatre points.
A ce moment-là, M.c2 se mit à effectuer des signes cabalistiques avant de se figer, les deux bras levés, les mains à moitié fermées sur le V de la victoire.
_Exactement, M.c2, quatre points. Dit M.c1.
_Ou comme ça, dit M.c2 en dressant quatre doigts de la main droite. (Suivez bien le dialogue, c’est rapide et ardu)
_Ou comme ça, renchérit M.c1 en mimant un combat de boxe. Quatre poings, ahah.
_Là je dis halte ! Halte à la violence !
_ Moi aussi, donc plus de poings.
_ Non, plus de poings, des doigts.
_ Effectivement, des doigts, donc les enfants, ce travail vaudra quatre doigts.
_ Mais bien sûr, nous ne noterons pas que sur quatre doigts.
_ Non, nous noterons sur vingt doigts. D’ailleurs, ça tombe bien que nous soyons deux, car tout seul, nous n’avons pas vingt doigts.
_Ah non, dit M.c2, tous doigts écartés, venant se placer au côté de M.c1.
_Voilà qui est dit. A vous de jouer les enfants, affirma soudain M.c1 devant un parterre médusé de collégiens perplexes.
Un long moment passa avant qu’un élève n’ose un timide :
_Là, on fait la couverture ?
_Oui, en effet, oui- répondit, pressé, M.c1- c’est ça, c’est très bien Jean Cyril, je te mets un doigt pour la peine.
Il me semble que je me suis évanoui à ce moment précis.
16:41 Publié dans Terra incognita | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note