mardi, 20 décembre 2005

Rolorolorolorolorolorolorolo (ad libitum)

Liste de bétises à ne pas faire les enfants ou alors attendez bien que je sois là s'il vous plaît.

 

 

 

Nous étions bien bien entassés, descendant à vitesse constante dans le ventre du forum des Halles, debout sur le long escalator. Ils étaient bien bien entassés, ceux qui montaient, emmitouflés dans leurs écharpes, prêts à affronter la vivacité de l'air extérieur. Nous nous croisions l'interminable et doux brouhaha des foules abruties par l'ennui quotidien.

 

Soudain nous l'entendîmes et un silence surpris s'éleva tandis que chacun jetait un oeil curieux vers l'origine présumée du bruit. C'était comme un cheval au galop, ou plutôt c'eût été comme un cheval au galop pour peu que cet équidé mesurât vingt centimètres de haut, qu'il fût équipé du huit pattes et courût sur une piste en céramique.

 

Roulant, virant, gyrant et cabriolant, un objet clair et d'apparence oblongue dévalai à grande vitesse et en droite ligne la rigole séparant les deux escalators. Bien qu'il n'en eût pas, le regard de l'objet virevoltant fusillai la piste qu'il débaroulait d'une agressivité évidente.

 

Il me dépassa dans un vrombissement métallique et j'accompagnai du regard cet adepte d'Hermann Maïer pendant les quelques mètres qu'il lui restait à parcourir. Arrivé au terme de la rigole, celle-ci se redressant, l'objet pris son envol pour s'écraser allègrement sur l'étole multicolore d'une dame bien mise qui s'apprêtait à emprunter l'escalier mécanique.

 

En explosant sur le tissu, l'objet révéla sa nature profonde, celle d'un oeuf extrêmement frais, jaune dégoulinant et blanc glaireux, se prélassant avec volupté sur le 100% cachemire de la dame à la limite de l'apoplexie. Voyant l'ire empourprer le visage de cette brave femme, je me dis alors que c'était mal, vraiment mal de laisser rouler des oeufs du haut de l'escalator pour qu'ils s'écrasent sur des innocents. C'était vraiment mal que je me disais. En pleurant de rire que je me le disais.

vendredi, 23 septembre 2005

Vaches dans la brume.

Liste d'animal qu'on s'en méfie pas assez à mon avis et tout ça parce que ça a de beaux yeux alors que chez les femmes c'est exactement l'inverse et je trouve ça plutôt injuste.

 

 

Moi je vis un pays de lourde brume opaque

Un pays si mutin que parfois il se cache

Qu’on se croirait noyé dans du coton en lac

Si jamais dépassait quelque corne de vache

Louis SEMEUR (1902-1985)

 

C’est le quatrain automnal de mon trajet vers le travail, car sur les prairies éparses coule un épais brouillard. Il s’en faudrait de peu qu’on se croie sur les landes des Baskerville, un rien quelques oblitérations : celle par exemple des trente-six tonnes et des cent véhicules qui passent la nationale, de la voie de chemin de fer et des lignes haute tension. Une paille. Il y faudrait bien sûr quelque loup pour que nous tremblassions dans nos slips. Ils ne sont guère légion, mais heureusement nos campagnes recèlent des animaux bien plus féroces, à notre insu.

 

Réfléchissons et soyons objectifs : qu’est-ce qu’un loup, un tigre ou un lion ? Des griffes acérées et des crocs tout pointus qui piquent, servis par une musculature puissante. Oui, c’est vrai. Mais bof . Une fois que le dit fauve vous a sauté à la gueule, égorgé, déchiré, démembré et déchiqueté, que reste-t-il ? Une mort banale dans ces affres sanglantes, et puis basta.

 

Mais dans nos campagnes, tapis sous une apparence bonhomme, se cache l’animal le plus terrible de la création : la vache ! Tous ces prédateurs terribles que nous avons cités ne sont que des amateurs face à cet animal. La vache est ce qui se rapproche le plus du caïd de banlieue : elle mastique à longueur de journée, l’œil chafouin, et elle a un bonnet !

 

Souvenez-vous de vos cours de biologie : un être vivant normal mange puis chie. Mais la vache, nenni (à moins que ce soit le cheval). Elle mange, régurgite, mâche, régurgite et ce cinq fois d’affilée. Et ceci me permet d’affirmer que si, en lieu et place de roquets tapageurs, nous faisions surveiller nos maisons par des vaches de garde, les cambrioleurs y regarderaient à deux fois avant de pénétrer nos propriétés pour nous voler nos cassettes pornographiques (oui,d’accord c’est une allusion un peu personnelle). Il est déjà douloureux d’être mordu, alors imaginez : être mordu puis régurgité et mâché cinq fois, quel calvaire !

 

Ma vie de bâtons de chaises me vaudra certainement dans un lointain avenir (faut pas déconner non plus, j’ai des trucs à faire) de devenir l’hôte du Tartare des mythes pour avoir dérogé à une quelconque volonté divine (et puis quand ils veulent trouver, ces salauds-là, ils cherchent, on dirait des profs). Je me vois déjà, attaché à mon rocher, proie douloureuse d’un bovidé diabolique qui me régurgitera cinq fois le foie, tournant ma face mortifiée vers mon voisin de palier, un certain Prométhée, et lui lançant, fanfaron : « Minable, va ! »

vendredi, 12 août 2005

J'veux du cuir, etc...

Liste d'arguments propres à dégouter les femmes de la mode (enfin c'est le but), le tout synthétisé dans un texte un peu long mais fort plaisant (c'est ce qu'a dit ma mère.).

 

Le thème du billet du jour m'est venu pendant l'attente de l'ascenceur qui devait me mener au troisième étage de la tour Eiffel, attente ennuyeuse au possible mais que l'équipe technique taquine sut égayer par le subterfuge d'une alerte d'évacuation intempestive et innoportune. Vous le savez tous (à moins que vous l'ignorassiez.) la queue subséquente à cette attente est fort longue et l'observation qui a suivi fut minutieuse et m'a méné à une thèse hardie que je vous expose tout à trac. Elle concerne nos amies les femmes : voici un essai pour vous dissuader de suivre aveuglément la mode, et notamment l'actuelle.

 

Dans une fille d'attente, le seul phénomène que je trouve positif est la promiscuité. Pas n'importe laquelle. J'évite méticuleusement le touriste batave à l'aisselle odorante ou la famille italienne dont les trois enfants tournent et crient et virent et sautent. Par contre, je m'intéresse particulièrement aux jeunes (et moins) femmes (va savoir pourquoi )auxquelles je file le train, train qui m'a amené à cette conclusion : la femme posséde trois ennemis, le baggy, le 0% et les tailles basses. Développons.

 

Quels traumatismes physiques et psychologiques les tailles basses auront-elles crées! Ces pantalons flattent le galbe des hanches féminines. Au temps pour moi. De face, ces pantalons, pour peu qu'ils soient un peu lâches, flattent le galbe des hanches féminines qui surplombent des jambes de 1 mètre 20 montée sur talons. Soyons précis et par ailleurs constatons l'ampleur des dégâts.

 

La hanche est l'endroit du corps le plus large chez la femme. Porter un vêtement dont la ceinture est à cette hauteur est donc une abérration puisque rien ne le peut empêcher de tomber. Bien sûr les mannequins ont leur truc pour qu'il tienne (je ne dévoilerai pas ici ce secret, sachez seulement qu'un godemichet et beaucoup de fil sont en jeu.). Mais une femme normale ne peut que le porter serré, de deux tailles de déficit : une pour que ça tienne, et une pour faire croire à la vendeuse qu'on est mince. D'où l'apparition d'un bourrelet graisseux plus ou moins prononcé qui vire rapidement au rouge, les veines capillaires se nécrosant (ah ben oui, mais mettez des bretelles!).

 

Le deuxième effet (pas kiss et pas cool) tien au fait que soit à la mode le baggy-trouser (littéralement pantalon-sac dont mon papa dit que c'est bien on peut se chier dessus sans attirer l'attention, bref...)  dont les jambes bouffantes empâtent notablement la ligne de la cuisse, effet amplifié par le port obligatoire de chaussures atalonnes (a- privatif parfaitement) de marque américaine que l'on traduit approximativement par "Va te faire foutre". La femme alors se transforme en un animal mythologique moderne : la Sirène Boyardesque : mi femme, mi Passepartout.

 

Enfin ces animaux étranges que sont les mannequins ont réussi à convaincre nos compagnes que toute une chacune peut leur ressembler. Sans m'énerver, je répondrais que ces gonzesses là, à part être belle, elles n'ont RIEN A FOUTRE, ce qui porte à croire que la beauté est un travail à plein temps. Ainsi les femmes se sont ruées sur les produits à 0% (Arrrrh, je les hais, je les hais.) et les conseils diététiques de Prima. Elles se goinfrent de poulet vapeur, de colin vapeur, de carottes vapeur (c'est plein de sucre, mais bon), de colibris vapeur (salamis ? Brocolis !).

 

Et puis ? Et puis c'est tout. Elle nous font une méchante carence en protides, la graisse ne bouge guère mais le muscle s'atrophie, se recroqueville. Elles perdent le statut de femmes, elles gagnent celui de cierges, tout en suif (mais apparemment minces, hein.) avec une mèche au milieu. Le résultat je l'ai devant moi (ah oui, je suis en direct Cognac-Jay, je fais mon intello à la con.). Cette jeune femme au visage charmant est l'heureuse propriétaire d'un cul plat, et large néanmoins, enserré en haut, puis invisible et rétracté dans le baggy taille basse. Un cul invisible mais dont on devine qu'il pendouille. Un cul honteux de lui-même, un cul renfrogné, un cul introverti : un triste cul.

 

Alors, dans ma lutte sacrée en faveur de la fesse arrogante, de l'arrière-train bien plein, du popotin voluptueux, je parodierai Les Funérailles d'Antan de Brassens dans un hymne vibrant aux miches amicales :

Mais où sont les arrières-trains d'antan ?

Les bons gros pétards, gros pétards, gros pétards, gros pétards de nos grand-mères

Sillonant les rues en ballotant,

Toutes ces belles fesses, belles fesses, belles fesses, belles fesses rondes et prospères.

La main y trouvait tout son comptant :

On les tâtait, les palpait, les pinçait, on tripotait leur chair.

On ne les reverra plus, oui, ils ont fait leur temps

Tous ces gros popotins, popotins de naguère.

Ils ont tous disparu, et c'est bien attristant,

Tous ces bons gros valseurs qu'avaient nos grands-mamans.

 

En vérité je vous le dis, dans notre quête de la beauté, en perdant des fesses, nous avons tout perdu.

lundi, 04 juillet 2005

Safe Walk

Liste d'arguments propres à montrer que j'accepte la supériorité de l'homme sur la femme et donc devrais me taper plein de gonzesses dans pas longtemps (parce que quand on s'humilie, il faut quand même avoir une compensation.)



On reconnaît le niveau de civilisation d’un peuple à la petitesse des instruments qui l’environne. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux sombres heures de la préhistoire durant lesquelles des sauriens de plusieurs tonnes sillonnaient la terre. On ne peut dénier que l’homme de se temps-là était étonnamment fruste, puisqu’enfin il n’existait même pas. Heureusement à mesure qu’il développait son intelligence, l’homme inventait la miniaturisation, ce qui nous permet aujourd’hui d’élever le lapin plutôt que le diplodocus, ce dont nul ne se plaint hormis les fabricant de cocottes en fonte de plus de trente mètres de diamètre, dont la majorité est au chômage.

C’est d’ailleurs aussi ce qui démontre la supériorité intellectuelle de la femme sur l’homme, fait qui nous échappe au quotidien, mais qu’une analyse poussée nous permet de prouver de façon indéniable. Prenons comme hypothèse de départ que nous soyons en été, une observation primaire permet de constater que chez ces hommes étranges que l’on appelle des femmes, des choses apparaissent en même temps que d’autres disparaissent.

Les seins jusque là camouflés dans l’alpaga laissent soudain éclater leur joie d’être à l’air libre, les pantalons sont mis au rencard au profit d’une jupe courte, voire d’un bermuda élégant, qui vous donne, madame, cet aspect sportif et distingué que Lara Croft elle-même vous envie. Mais baissez les yeux (ça vous fera du bien.) et observez la façon dont se chaussent nos femelles : finies les bottes de cuir, finis les escarpins, finis les godillots, la cheville se découvre soudain dans la ballerine ou la tennis.

Soyons clair aussi : l’été est la saison du pied qui pue. Et alors un paradoxe saute aux yeux des mâles les plus obsédés qui constatent que ces pieds ne sont disgracieusement défigurés par aucune chaussette, et que pourtant il ne semble s’en échapper aucune odeur malséante. La solution à cet épineux problème me fut découverte par une mienne collègue pour laquelle j’eus alors un tel sentiment de gratitude que je lui proposais aussitôt ne plus lui faire la bise jusqu’à la fin de l’année, ce qui eut pour effet d’illuminer son visage d’une joie intense.

Messieurs, entendez et croyez-moi, je l’ai vu de mes yeux, vu, il existe un vêtement à la matière semblable à celle des bas et qui n’enserre que le talon et les doigts de pied, une sorte de préservatif pédestre, invisible à l’œil nu, et qui permet de retenir en ses fibres la sueur odoriférante.

Et là, je dois bien avouer que ces dames ont atteint un degré de raffinement et de technologie supérieur au notre, pauvres hommes, elles qui ont mis au point le mini-string et la nano-socquette.

Vous m’objecterez que certains sportifs utilisent le même type de chaussette.

Certes.

Cela conforte une de mes anciennes croyances.

Les rugbymans et autres musculeux, ils seraient pas un peu pédés ?

vendredi, 10 juin 2005

Un coup de surin dans la voiture (vroum).

Liste des différentes raisons d'acheter une automobile plutôt qu'une autre.




Les voies du marketing sont impénétrables. Certes, ce n’est pas une nouvelle pour quiconque a vu la dernière publicité de Charles Gervais. Cependant, l’étonnante nouveauté est qu’elles peuvent parfois fonctionner, et que trois extra-terrestres ayant sillonné des années-lumière de vide et assez cons pour coincer leur soucoupe dans une ruelle étroite peuvent vendre une voiture. Tout cela me dépasse.

(Ici, un stop, mais j’en parlerais dans une prochaine note, une scène incroyable vient de se passer.)

Revenons à nos moutons. Un de mes collègues a acheté une berline allemande dont la ligne est fort plaisante et qui est connue pour la qualité de sa finition. Elle est confortable, son moteur obéit à des performances honorables pour une semi sportive, l’autoradio donne franchement dans les basses comme il est de bon goût chez les blaireaux. C’est le genre Pussywagon en élégant et discret. Superbe panégyrique, mais devinez la raison qui fit que ce collègue (qui n’est pas un blaireau et j’en veux pour preuve qu’il ne met jamais l’autoradio en marche.) l’achetât ?

La clé de contact.

Vous avez bien lu : la clé de contact fut un argument décisif pour l’achat dispendieux de ce monstre mécanique. Pour se faire la clé devait être exceptionnelle. Elle l’est. Sachez donc que sur la simple pression d’un bouton chromé surgit le bout pointu, comme se dresse le surin de l’apache dans la plupart des chansons de Rina Ketty. C’est esthétiquement magnifique.

Quant au reste, c’est franchement décevant. Ce genre de clé qui pèse dans les six cents grammes vous troue une poche comme un rien. Au contraire du cran d’arrêt, elle se replie avec facilité, ce qui permet, pour peu que votre attention soit détournée de rayer la porte du conducteur avec un enthousiasme qui n’a d’égal que la longueur de la note du carrossier, car une voiture de semi-luxe ne supporte pas la médiocrité.

En bon scientifique littéraire, je me suis penché sur l’aberration qui a voulu que cette clé existasse. (C’est grammaticalement faux, mais c’est stylistiquement joli.) Il fallait trouver un chemin logique. Je l’ai fait. Ne me remerciez pas. Le voici : Allemagne – Munich – Fête de la Bière – Griserie – Rixe.

Commentons. Les femmes ne peuvent pas comprendre, qui sont sobres, mais à partir d’un certain taux d’alcoolémie, il est naturel de rechercher des sensations fortes dans le but d’augmenter notre taux d’adrénaline, ce qui permet de lutter contre la soulerie. Le combat en duel est un des moyens les plus communs que l’homme ait trouvé de se faire des sensations fortes (cf. Fight Club). Nonobstant, les coupures, blessures et autres horions sont néfastes à notre économie.

Mais grâce à cette firme d’automobile, l’on confond les clé et le couteau, et la bagarre devient sans danger véritable .

La société y gagne.

La virilité y perd.

En même temps, on n’est pas des bœufs. (quoique tout dépende de la marque de la voiture.)

mardi, 07 juin 2005

L'indien, le vélo et la BF15.

Listes des diverses raisons pour lesquelles les pommes de terre me cassent les couilles




Il ne faut jamais se fier aux évidences, les questions les plus évidemment absurdes sont souvent celles qui cachent une mine de renseignements. Ainsi, parmi vous qui me faites l’honneur de venir lire mes crétineries (un petit coup de léchage de cul, ça ne fait pas de mal et ça nettoie.), lequel s’est jamais demandé si les américains racontaient des histoires belges ? Ont-ils leurs propres belges ? Et si oui, qui sont-ils ? Des voisins, sûrement, fort semblables, mais qu’on a parqués sur un tout petit bout de territoire bien minable afin de leur subtiliser les espaces naturels les plus intéressants tels les montagnes, les littoraux, les fleuves, les plaines à la terre grasse. Vous l’aurez tous compris : les Amérindiens sont les Belges du Nouveau Monde.

Je vais donc vous raconter une histoire belge américaine mettant en présence deux figures célèbres de la Conquête de l’Ouest, soient : le général Custer, titulaire d’un BEP Boucherie indienne, et Cochise, belge en chef des Apaches. Un jour que la garnison arrivait en hiver, Custer décida de faire rentrer du bois afin qu’on passât de confortables et chaudes veillées. Dubitatif quant à la quantité de bûches nécessaires, il se transporta à coup de bidet jusqu’au teepee de Cochise dont il sollicita la grande sagesse afin qu’il l’éclairât sur les turpitudes hivernales prochaines (non, j’ai pas sucé maître Capello.).

Le sage, ayant tiré deux grasses bouffées de son cornet à frites, lui répondit laconiquement : « hiver sera rude ». Piquant des deux, Custer revint dans la vallée et ordonna que la réserve de bois de chauffage soit augmentée de façon significative. Réenfourchant sa haridelle, le glorieux soldat se rendit à nouveau auprès du vieux chef qui lui annonça sans ambages : « hiver sera très rude, gottverdam. » Derechef, le militaire ordonna de réapprovisionner les réserves et le vieux chef annonça alors, levant à peine la tête de sa gamelle de moules : « hiver sera très très rude. » Custer s’étonna alors de cette surenchère dans la dureté des frimas, ce à quoi Cochise lui répondit : « Nous observer homme blanc. Quand homme blanc rentrer du bois, hiver sera rude. » Tâchez à présent de réfréner ce fou rire face à cette histoire de serpent qui se mord la queue (mais en même temps je m’en fous, du moment qu’il ne mord pas la mienne), et entrons dans le vif du sujet.

Je me suis acheté un vélo.

Certes la transition est abrupte et la relation logique manque de clarté. Cependant, la sélection naturelle opérant, les lecteurs qui sont encore présents ici sont l’élite du coq à l’âne, les commandos de marine du raccrochage aux branches, et ils me suivront. Hardi les gars. Grâce à ce vélo, j’ai pu découvrir mon environnement immédiat, et une charmante réserve portant le doux nom de jardins communaux. C’est là que viennent les familles pour joindre l’utile du jardinage à l’agréable…du jardinage aussi.

Tandis donc que je promenais mon auguste silhouette (auguste, c’est dix kilos de trop.) en espérant sans trop y croire que je distancerais mon gras en route, j’observais les alignements chlorophylliens et remarquai la réitération des mêmes plantes à fleurs blanches. Des patates. Ni salades, ni radis, peu d’haricots, oncques tomate dodue, point de choux, mie d’épinards. Non. Des patates.

Alors il me vint à l’esprit que : "quand homme blanc planter patate, climat économique sera rude. "

Mon vélo le comprit aussi, qui n’est pas un imbécile (j’ai payé assez cher pour ça.).

Face à ce menu et au surpoids prévisible conséquent, il s’est affaissé brutalement de la selle en signe de protestation.

Et je m’ai bien pété les roupettes.

Comme sport, je me remets à la voiture.

mercredi, 18 mai 2005

Quand on est confronté à un escargot, il faut savoir prendre ses responsabilités.

Début de liste des faits qui font de moi un sauveur de l’humanité (vous me remercierez plus tard.).



D’après Robert, Darwin (Charles) est un naturaliste né en 1802 et mort en 1882, qui a fait scandale en son temps en inventant l’évolution. A ce titre nous devons lui rendre grâce, c’est un magnifique service qu’il a rendu à l’humanité. S’il n’y avait eu Darwin, les poules seraient restées comme au temps de nos ancêtres des animaux de trois mètres de haut, pesant plusieurs tonnes avec des dents longues comme des sabres de cavalerie. Cela rendrait le commerce de l’œuf fort ardu (imaginez la taille des caddies) et il faudrait étendre des fils d’étendage entre les gratte-ciels pour pouvoir saigner ces volailles après les y avoir accrochées par les pattes.

Gloire à Darwin donc qui a réduit le volume de la poule de 98% et donné un sens au mot « histoire ». Ainsi, nous savons maintenant que le vivant est en perpétuelle évolution, que l’huître contemporaine présente peu de similitudes avec son ancêtre capétienne, plus fruste et qui n’avait jamais vu un citron de sa vie. Les éléments du vivant évoluent d’ailleurs de plusieurs façons : ils s’adaptent du mieux qu’ils peuvent à leur environnement, mais sont aussi sujets à de micro-bonds mutatiques qui consacrent l’arrivée d’un individu plus apte à la survie. Pour reprendre notre exemple, si le tyrannosaure ne s’était pas transformé en un ridicule tas de plumes de trente centimètres de haut, il n’aurait jamais pu intégrer son milieu naturel : la cage à poules.

Cette fastidieuse introduction pour vous expliquer ma surprise et mon enthousiasme quand je fus le témoin d’une étape de cette évolution il y a une semaine à peine. De retour du travail dans mon automobile, braillant à tue-tête que « I’ve got a broken face houhou houhou houhou houuuuu », j’aperçus au beau mitan de l’asphalte une petite boule sombre. Le temps alors suspendit son lac son vol (y’a du quantique là-dessous.) afin qu’éberlué, je pusse constater la présence incongrue d’un escargot traversant la chaussée. Le gastéropode avait à ce moment réussi à parcourir plus de la moitié du chemin le séparant du talus opposé de cette route à fort trafic.

IL ETAIT VIVANT !

J’imaginai alors la masse énorme de volonté que la chose avait nécessité, ainsi que la chance et l’agilité incroyable dont avait bénéficié l’hélix. Je n’eus que quelques dixièmes de secondes pour prendre une décision en conscience. C’est dans l’urgence, le cœur serré par une honte inextinguible causée par une telle injustice que je me suis appliqué à réduire en bouillie l’exceptionnel escargot.

Car enfin, si j’en crois le sieur Darwin, il n’aurait pas été si long temps avant que l’humanité fût décimée par un déferlement de monstrueux gastéropodes rapides comme l’éclair et têtus comme des ânes, descendants du mutant que j’ai éradiqué.

Certes, le geste était cruel, mais si je ne sauve pas le monde, tu crois que c’est Superman qui va le faire ?

mardi, 05 avril 2005

Texte à clé

Liste de calculs et de réflexions m’ayant amené à la théorie de l’équilibre de la perte des clés.

[ Dans un épisode précédent, notre héros avait du patienter quelques plombes devant la porte désespérément close de son logis parce qu’il avait bêtement perdu ses clés. Or tout à une fin .]

Dans le coin le plus poussiéreux de la poche la plus secrète du sac que j’utilise le moins sont réapparues ces damnées clés pour lesquelles j’avais passé des nuits blanches. J’ai failli pleurer tellement j’avais espéré ce moment. La gorge serrée et la quique raidie, je contemplais ce Graal tant attendu, quand soudain s’éleva derrière moi un tonitruant : « Rhô, mais qu’esse j’ai foutu de ces putains de clés ? »

La hure hérissée d’appréhension, je me retournai prêt à me retrouver face à moi-même, abandonné dans le temps futur par la grâce d’une quelconque absurdité quantique : une sorte d’anti-moi qui serait né spontanément. Heureusement, ce n’était qu’un collègue qui se fouillait de haut en bas, lançant à la ronde le regard furibard de qui cherche une tête de turc pour lui reprocher sa propre bêtise. Je ne dirais rien de plus de sa réaction, parce que je l’aime pas ce type, et si il a perdu ses clés c’est bien fait pour lui, il avait qu’à les ranger.

Connard.

Après de savants calculs, j’ai trouvé que la probabilité d’une telle coïncidence est exactement de 10 exposant -18, ce qui est beaucoup trop peu pour que ce ne soit qu’un hasard. C’est ainsi que s’est imposée à moi la théorie de l’équilibre des clés perdues qui permet au passage de résoudre un des mystères les plus passionnants de l’Univers : le problème de la masse manquante. Vous n’êtes pas sans savoir que le poids de l’univers ne correspond pas à la quantité de matière qu’il contient. Moi, je sais à quoi correspond cette masse manquante : ce sont les clés perdues. Où elles se perdent est un nouveau mystère qu’il va falloir résoudre sous peu. Toujours est-il qu’afin que nous pauvres humains ne nous doutions de rien, elles se remplacent : les unes réapparaissent au même moment où d’autres s’évanouissent.

La conclusion s’impose à nous : nous ne sommes plus la seule forme d’intelligence dans l’Univers. Les clés nous observent, elles sont parmi nous le temps qu’il faut puis elles retournent dans leur dimension afin de mettre la dernière main à leur machination galactique.

C’est terrible, je vous ai averti. Le destin de la planète est maintenant entre nos mains.

Mon serrurier est un héros.

mardi, 29 mars 2005

Alerte épidémiologique

Liste de maladies rares dont le milieu naturel de propagation se trouve sis dans l’armoire de la chambre.

Je lance un appel au monde, un SOS avant qu’il ne soit trop tard, j’ai fait une terrible découverte. Il y a dans mon placard un foyer d’infection et de contagion d’une grande dangerosité et dont je veux croire qu’il n’est pas encore trop tard pour l’enrayer et empêcher la maladie d’envahir le monde. Pouvons-nous contraindre l’épidémie ? Cette question me hante depuis ce matin.
Au réveil, je me suis lavé (oui ben je raconte là, je peux pas être passionnant tout le temps.) et comme la plupart du temps où je me livre à mes ablutions à jeun, j’étais nu. Et comme il est d’usage dans un pays civilisé, je décidais de ne pas rester dans un tel état et de revêtir quelques oripeaux afin de vaquer à ma tâche journalière. Tout naturellement, je cueille sur l’étagère adéquate un boxer qui me permettra d’éviter une fois encore certaines inflammations pelviennes.
Donc, d’une poigne détendue et légèrement comateuse, j’attrape au hasard un sous-vêtement et y jette un coup d’œil avant de l’enfiler pour voir s’il est assorti à ma cravate et là la stupeur m’étreint. Entre les deux jambes, au lieu du nid douillet de tissu, ne se trouve plus qu’un orifice béant aux bords effrangés. Bientôt la stupeur fait place à l’agacement face à un tel laisser-aller et j’arrache à la pile un second boxer qui se trouve être autant troué, et cela au même endroit. La colère qui commençait à sourdre céda ensuite le pas à une peur sourde tandis qu’un troisième sous-vêtement affecté par les mêmes symptômes vint échoir entre mes bras.
Il faut se rendre à l’évidence : mes caleçons ont LA LEPRE ! Et la maladie se répand à toute allure, ce qui n’est guère étonnant, étant donné la promiscuité dans les placards de nos jours. Je n’ai fait ni une, ni deux, ni trois, pas même Pi : j’ai trié mes caleçons dans la plus grande célérité. Les sauvables d’un côté, les malades de l’autre. Pour ces derniers,je ne pus trouver qu’une seule solution, certes moyenâgeuse mais néanmoins efficace :la crémation, tâche à laquelle je me suis attaché aussitôt.
Cela m’a valu une belle colère de ma chérie : « Mais pauvre abruti (elle adore me donner des petits noms.) qu’esse-tu branles à allumer un barbecue à six heures du matin dans la garage juste à côté de ma voiture ! »
J’ai tout expliqué.
Elle ne m’a pas cru.
Mais cette après-midi j’ai vu.
Mon pantalon peluche ostensiblement à l’entrejambe.
C’est une catastrophe, une pandémie.
C’est de ma faute.
Puissiez-vous jamais me pardonner.

vendredi, 25 mars 2005

Un homme, une femme, une chaise.

Liste des différences significatives entre les deux sexes que connaît l’humanité.



J’ai découvert au travail une nouvelle différence entre l’homme et la femme. Elle tient en deux mots : la chaise et plus précisément la manière de l’utiliser. Bien sûr les plus au fait parmi vous me rappelleront que trois points principaux constituent la base évidente de la différenciation des sexes, à savoir :

¤ La pilosité faciale.
¤ La bicyclette.
¤ La feuille de paie.
Trois phénomènes aisément et scientifiquement explicables et dont je vais démontrer la pertinence.

La différence de pilosité faciale est une évidence naturelle due à la théorie de l’évolution des espèces et de l’adaptation au milieu. Avec deux pilosités faciales fournies (Demis Roussos et l’Abbé Pierre, par exemple), le baiser, prémisse à tout accouplement, produirait une décharge d’électricité statique désagréable, un dégoût légitime suivrait qui serait tout à fait nuisible à la pérennité de l’espèce humaine.

De même la bicyclette est un organe naturel dans sa forme, attendu la disposition des gonades dans le système uro-génital féminin ou masculin. A quoi peut servir une barre si vous n’avez pas de couille à écraser dessus ? Voilà pourquoi cette terrible barre est absente du vélocipède féminin. Il s’ensuit une quantité non négligeable de métal non utilisé, ce qui implique donc un moindre coût de fabrication et de vente. Ainsi, les femmes sont moins payées que les hommes car elles ont moins d’argent à débourser pour leur vélo. CQFD.

Mais la chaise, me direz-vous ? Une observation minutieuse et objective des mœurs d’assise des différents sexes (zigounette ou pilou-pilou, suivez donc.) m’a conduit à mener une expérience que vous pouvez réaliser vous-même, et ce quel que soit votre sexe : choisissez n’importe quel quidam assis sur une chaise et présentez-vous par l’arrière (par l’arrière de lui, hein ?) ; D’un mouvement souple et coulé, enjambez le dossier afin de parvenir à vous frayer une place contre son séant. Deux cas de figures se présentent :

Vous atteignez l’assise du siège : une femme est assise devant vous.
Vous restez désespérément en l’air le rouston ou la lèvre coincée dans le dossier : c’est un homme.
Pour l’instant je n’en suis qu’à l’observation, mais je me jette illico dans l’explication scientifique dont je ne manquerai pas de vous donner les conclusions bientôt (Y aurait-il une histoire de repassage, un atavisme de la servitude ?).

Je continuerai donc mes expériences au travail, ce qui finalement a amené plusieurs collègues féminines (jusque là du moins), sentant une soudaine présence inopportune contre leur fessier, à se caler bien au fond du siège. Elles changent. Elles se masculinisent. Elles deviennent des hommes, et c’est les marchands de vélos qui vont être contents.