samedi, 13 décembre 2008

Chanson de chantier 1 - ou comment je tente une nouvelle carrière grâce à un instrument que tellement de gens n'en jouent pas ça fait donc que j'ai l'impression d'en jouer bien (j'ai tort ).

jeudi, 22 décembre 2005

C'est pas moi.

Liste vespérale et solitaire.

 

 

 

C'est affolant. Je ne suis pas moi. J'aimerais bien, le problème n'est pas là. Je n'y arrive pas, c'est comme ça et puis c'est tout. C'est fou comme je suis intérieurement riche, comme je suis potentiellement beau, comme je fais un mètre quatrevingt dix avec des pectoraux énormes, comme j'arrive à satisfaire chacune qui vient dans mon lit. Mais en attendant,je ne suis pas moi.

 

Rien que ce soir, en allant chez l'épicier je suis tombé sur trois saoûls qui causaient que franchement on ferait mieux de pas donner un rond aux chômeurs et que ça les motiverait pour chercher du boulot. Et l'épicier algérien, ou marocain, je sais pas, racontait comment il était obligé de se lever aux commandes du tracteur pour peser assez sur l'embrayage, il avait treize ans. C'était les foins là-bas dans son Maghreb, comme c'était les foins dans mon Forez.

 

On est tombé d'accord tous les deux pour affirmer qu'il valait mieux être aux commandes du terrible engin (je n'ai peur de personne en Massey-Ferguson) que de tirer sur les trapèzes pour monter les bottes à la fourche. On est tombé d'accord pour dire aussi que c'était agréable de partager cette corvée avec les voisins et les amis, et qu'aujourd'hui avec leurs tracteurs qui font tout et leurs énormes bottes de six cents kilos ils doivent bien se faire chier dans leurs champs.

 

Les autres ils disaient toujours que les chômeurs c'était de la crotte et toujours des immigrés. Il s'est pas énervé l'épicier, on a continué à parler des foins et comment c'était bien quand on s'arrêtait pour boire un coup (moi je buvais du vin, à onze ans, du vin, j'étais pas n'importe qui. Lui non.) et comment en rentrant on était assez fatigué pour ne plus rien faire du tout, même pas regarder la télé, en fait lui ça ne l'embétait pas trop parce que la télé au Bled, hein...

 

Ce soir, j'étais pas moi, j'étais pas beau, je faisais pas un mètre quatre vingt dix, mais j'ai trouvé que mon épicier il était sympa, debout sur les pédales du tracteur.  Et les deux autres cons, on les a carrément pas entendu, tout couillons qu'on était à partager des souvenirs qu'on n'avait pas en commun, et même si son Pouilly-Fumé il est pas terrible, j'irai en racheter pour la bonne raison que je suis content que mon épicier ait cessé un instant de dire amen (je sais pas comment on dit en musulman) à toutes les idées reçues qu'on lui impose, tout ça parce que ça aussi, c'est son boulot.

 

J'irais encore lui détourner l'intention.

samedi, 02 juillet 2005

En passant

Liste juste esquissée par hasard, alors que je n'ai rien à dire mais qu'une phrase m'est revenue en mémoire.




C'est fait. J'en ai fini avec le questionnaire que ce bon Largentula m'a proposé. Je comptais me reposer un peu, parce que la semaine a été chargée en alcool, et puis tiens un truc m'est passé par la tête : c'est quoi ces questionnaires ? Que nous apprennent-ils ? Pourquoi désigner telle personne pour y répondre et pas une autre ? Pourquoi chez eux et pas chez nous ? Ayant menti tout le temps, qu'est-ce que ce questionnaire va donner comme renseignements sur ce que je suis vraiment ? Plein de choses peut-être, rien, des trucs erronés ?

Je me suis rendu compte alors que le blog était un univers de faux-semblants. Mais pas plus qu'ailleurs. Ici, on se dit ce qu'on a envie. On drague un peu les gens qu'on aime lire, on se retrouve, on fait des choses juste pour faire plaisir, on laisse un commentaire minable juste pour dire qu'on était là. Tout comme on fait dans la vraie vie : prendre un café avec untel et apprendre doucement à le découvrir, téléphoner à bidule pour dire que non aujourd'hui on peut pas aller faire du catamaran, aller faire le déménagement de machine l'air enjoué alors que ça pète vraiment les couilles, écrire un mail à chose pour dire qu'on passera sûrement vers chez lui cet été alors qu'on n'en sait rien...

On m'a bien poussé au train pour que je commence à écrire dans cet espace, et j'en suis vraiment redevable au type qui m'a encouragé (et qui continue et que je ne citerai pas parce que ça va permettre à certains de se poser des questions, de faire des hypothèses, voire de se prendre pour Sherlock Holmes, enquétant des heures sur mes notes pour trouver de qui il s'agit alors que c'est tout bêtement Christian. C'était bien la peine de vous donner tout ce mal.). Grâce à lui je découvre des gens, et beaucoup en valent la peine. Quelquefois, cela me terrorise, mais de vous qui passez régulièrement, je me dis :" eux aussi c'est les copains". Et souvent je suis empressé de vous retrouver.

Tout ça pour quoi ? Tout ça pour mes deux vieux copains de la vraie vie de quand les ordinateurs personnels avaient pour nom Apple IIe ou Amiga et où internet était juste un mauvais scénario. Ils ne viennent jamais ici. Ils n'ont pas Internet. Ils n'ont pas d'ordinateur.On s'est connu de proximité. On a aimé les mêmes choses. Sauf les femmes (je signifie par là que nous n'avons pas aimé les mêmes femmes) et les fromages à pâte persillée ( le seul jour où notre amitié a failli tomber en miettes, faudra que je vous raconte). On a aimé un film, un mauvais film, servi par trois acteurs inoubliables, j'ai nommé Noël Noël, Jean Gabin et Pierre Fresnay, dont le scénario est écrit par l'auteur de "La soupe aux choux" et du "Beaujolais nouveau est arrivé", un film dialogué par Audiard à ses débuts (talentueux) un film sur les vieilles amitiés et les vieux cons, sur l'inconscience et l'irrévérence, sur la maison de retraite de Gouillette et dont la réplique-phare est : "On est bien là, les vieux gars, on est comme dans un litre." Un film-culte.

En fait, c'était juste pour ça. Je me demandais simplement si vous aviez des films en commun avec d'autres personnes et des répliques connues par coeur qui finalement ne font rire que vous. Mais bien rire.

Je me demande pourquoi j'ai besoin de prendre tant de précaution pour poser une question idiote aux copains qui passent ici.

Je vais dire que c'est la pudeur.

Ca fait classe.

samedi, 11 juin 2005

La cosa che mi piace il piu.

Listes des photos de mon samedi.

Depuis que j'ai un vélo je me balade en ville pendant deux-trois heures. Aujourd'hui je me suis dit que je faisais exactement comme Moretti dans le film là-dessus. Alors bon, ça va bien avec le blog Caro diario. Je vais essayer de faire ça les samedis.
Ballade du 11 juin 2006. Temps : beau, vent fort. Température : agréable. Pneus : mal gonflés. Circulation : fluide.

medium_116-2.jpg Ici les gens ont voté très majoritairement "non" au référendum. Les mesures de répression n'ont pas tardé, nous sommes envahis par les bretons qui ont voté "oui". Ils sont venus en masse, barbe à poux en tête et sacs à couilles qui braillent au côté. Ils font des ronds avec les bras et se déplacent sans bouger les pieds : on ne peut pas leur résister. Quelques collabos applaudissent. Le curé de la cathédrale vient les engueuler parce que ça perturbe le mariage qu'il célèbre.

medium_116-4.jpg Cependant, au lieu de venir se plaindre il aurait mieux fait de surveiller ses ouailles qui en profitent pour s'esbigner et échapper à l'ennui obligé de la cérémonie. J'aime que l'on s'apprête pour faire plaisir aux gens, pour marquer un jour spécial. Bien sûr, les roses (naturelles, si si.) piquées dans les cheveux n'empècheront sûrement pas cette jeune femme de vomir tout son soûl dans quelques heures, ou de tenir la tête de son mari qui vomit ou encore de rouler dans l'herbe puis de ronfler bruyamment. La coiffure est rafraichissante.

medium_116-5.jpg Carmen Cru's land. Un nouveau type de parc d'attraction.









medium_116-3.jpg Dans une rue étroite, tout au bout, à la perpendiculaire, je vois soudain passer une longue carrosserie rutilante. Je pousse sur les pédales, enfonce une porte de Mégane, raye l'aile avant d'une Corsa (mais c'est le genre de voiture qu'on s'en fout) et au bout de cinq cents mètres de course effrénée je rattrape ce petit bijou. Quand elle passe près de moi, elle grince, et il semble qu'une caisse de boulons se déplace librement sous le capot. C'est une vénérable.

medium_116-1.jpg A propos de vénérable, pourquoi changer les panneaux quand il n'y en a pas besoin? La Simca 1500, même aujourd'huion reconnaît que c'est une voiture.