samedi, 17 septembre 2005
A table les enfants.
Liste de textes que j'ai écrit sur commande et ça tombe bien parce que j'ai rien à dire.
Je l’aimais déjà pour ses textes et pour son bon goût (elle fut une des premières à me linker, c’est dire), maintenant je la révère humblement : Jazz m’a sauver. Je vais lui ériger une statue en pâte à sel. Alors que je me débattais entre une demi-douzaine de notes qui ne veulent pas venir, elle m’a lancé un petit défi et m'a donné à écrire: Citez cinq aliments, plats ou autres, qui ont fait partie de votre enfance, et qui vous manquent, parfois, quand la nostalgie vous prend... Ca tombe bien la nostalgie. Quand je suis heureux comme pour l’instant, je n’ai pas le cœur à rire. Le futur ne peut m’apporter que du pire. Donc je me lance, et merci ma belle.
Chez Mamie c’est sombre, parce que la maison est dans une rue en pente et qu’elle donne sur le nord-est. Il fait toujours frais et calme. Mamie, elle était domestique, cuisinière alors, quand on est invité on a le droit au dessert des jours de fêtes. C’est un gâteau au chocolat. Elle le ramène de sa grande cuisine dans le petit salon. Les enfants sont assis près de la fenêtre, on se tient tranquille parce qu’on regarde la vitrine dans laquelle il y a tout un tas de souvenirs d’endroits où elle n’est pas allé. Le gâteau est toujours croquant dehors, fondant dedans et pour bien l’apprécier, il faut en prendre de grandes bouchées. A la fin du repas, Mamie chantera sûrement « je sais une église au fond d’un hameau » et sa vieille voix nous tirera une larme dans la pénombre du salon.
D’ailleurs, il faut toujours manger à l’ombre. En Grèce il fait toujours clair, alors on attend que la nuit soit tombée pour sortir manger. Les bouis-bouis puent l’huile, ça bavarde et ça crie, tout en schpountz. On n’y comprend rien. La table est sale, et notre menu est depuis longtemps trouvé, on n’en change pas pendant un mois : tiropita pour tout le monde. On nous apporte, fumante, une galette dorée en pâte feuilletée, fourrée au fromage, juste sortie de la friture. On mange, on est repu, il est tard, on est fatigué, c’est à ce moment que les mots qui tournent dans le restaurant deviennent si étrangers que j’ai l’impression de les comprendre. Et je me dis que ces grecs, ils en disent des conneries.
La Méditerranée, c’était un des points communs de mes parents. Maman vient du Sud, elle a passé les montagnes du Forez et de la Madeleine avec ses provisions habituelles. C’est pourquoi notre maison a sûrement été une des premières de la région à manger des ravioles de Romans. C’est bon les ravioles, moins lourd et moins gras que les raviolis. Et puis surtout il faut deux assiettes chacun pour les manger. La bachasse d’eau bouillante est amenée sur la table. Nous avons tous recouvert notre assiette d’une autre, renversée. C’est sur celle-ci qu’on pose les plaques de ravioles juste extraites de la casserole, pour qu’elles s’égouttent. On attend. Et puis soudain, on voit qu’elles sont à point : pas sèches, mais sans jus. Les ravioles, ce sont les seules pâtes que l’on chasse.
Et puis le sud, on y retournait pour Noël, chez les cousins, dans la Drôme. C’était un repas traditionnel : gratin de morue et cardons à la crème. Les cardes, c’est à la maison qu’on les faisait pousser. A l’automne, papa les avait bien calfeutrés. Il avait mis de la paille au pied, puis il les avait habillés de papier journal et avait serré le tout en un petit manteau avec de la ficelle de lieuse. A la coupe, ils sont plus grands que moi. On met presqu’une journée à les éplucher.
Pendant longtemps, Noël a été le seul repas où j’ai mangé du foie gras. On en servait entre cinq cents grammes et un kilo. Ca dépendait des années, ça dépendait du canard. On achète les canards et on les tire au sort et puis chacun des amis présents prépare le sien. Il faut bien aiguiser son couteau. On incise la peau et la graisse le long du bréchet, puis on descend en Y en suivant les côtes. Arrivé à l’anus, il faut bien faire attention à en faire le tour sans abîmer les boyaux. Décollez la peau. Prenez la cisaille. Coupez les côtes avec application, sans toucher au foie. Enrobez- le de vos mains par-dessus. Du dos de la main, écartez la cage thoracique. Sortez la pièce délicatement. Lavez-la. Soyez content. Et quand arrive l’heure du mâchon, parlez de la façon dont vous allez le préparer. Rigolez un coup, parce qu’à cette évocation, le saucisson a meilleur goût.
Je vais passer la patate chaude.
A Largentula, en manière de ping-pong.
A Cécile, parce que.
A STV parce qu’il est en plein dans le thème.
A Christian si il promet de ne parler que de la cantoche.
A Domrod pour voir si il est capable de me faire ça en dessins (sinon c’est pas grave).
Merde tiens. Je l’aurais bien passé à tout le monde.
Pour remonter le questionnaire :
1 - Ptitesmagies
2 - Le magic journal d'Oznej
3 - Racontars
4 - Le blog dans la salle de bains
5 – Les listes du barbare
12:10 Publié dans Questionnement | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note
samedi, 27 août 2005
Dis papa ?...
Liste de questions à absolument éclaircir avant de mourir (mais si vous pouviez faire ça avant la fin du week-end, ça m'arrangerait.).
Où est le centre du monde ?
Pourquoi les femmes de nos amis sont-elles toujours plus belles que les nôtres ?
Qui a eu l'idée d'inventer la mayonnaise ? Comment ? POURQUOI ?
Où sont les flèches de l'arc-en-ciel ?
Qui qui qui sont les Snorkis ?
De quoi est-ce qu'on est fait, en définitive ?
Dieu est-il schizophrène ?
Qu'y a-t-il d'intéressant dans les making-of ?
Pourquoi Trois Mousquetaires ?
Comment se fait-il que sur mon bureau il y ait huit paires de ciseaux et onze règles ?
Qui a tué Harry ?
Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ?
L'univers peut-il être fini sans pour autant posséder de limites ?
Comment ça va ?
10:54 Publié dans Questionnement | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
vendredi, 01 juillet 2005
Un secret.
Fin de liste du questionnaire et c'est tant mieux parce que là je suis dans un état proche de l'auto-destruction.
Maintenant il faut que je partage un secret avec vous. Un secret qui va faire le tour de la blogosphère, un secret qui va faire les choux gras de millions d'internautes (de milliards, vous êtes sûrs ? flatteurs.) Il s'agit de selectionner ce secret avec intelligence et discernement.
Tout d'abord évitons ce qui pourrait attenter à ma liberté. Je ne vous révèlerai donc pas comment à huit ans j'ai volé un crocodile haribo à l'épicerie, ni qu'à seize, franchissant un palier dans ma carrière criminelle, j'ai été le complice d'un vol de steack en supermarché. J'ai réussi à tourner la page, à me sortir de l'infernal engrenage, pardonnez-moi, et faisons silence sur ce passé lourd à porter.
Il faut que j'évite ce qui pourrait nuire à ma carrière au sein de l'Education Nationale. Je vous tairai donc ce vice terrible, incompatible avec l'enseignement : je ne suis pas pédophile. C'est dur, dans un milieu où tout le monde l'est (sauf les alcooliques bien sûr.).
Il y a aussi ce qui ferait honte à ma famille. Je n'ose imaginer la réaction de ma mère si elle apprenait par le biais de ce blog que je me prostitue pour boucler les fins de mois à la buvette de l'Amicale Laïque. Pire encore, il se pourrait que mon père sache que je ne bois pas que du très bon vin, quelle horreur.
Et puis il y a les secrets que d'autres personnes m'ont confié et que je ne peux révéler, sauf à leur nuire. Quelle horreur si l'on apprenait que Largentula est obsédé par les animaux parce que petit il a été recueilli par une horde de poules, que LudovicD sous couvert de provocation est un agent des RG infiltré dans le blogomonde, que Wawa est propre, que Christian n'est pas un prof mais un boulanger schizophrène ayant une forte tendance à métaphoriser sa vie, que STV est un fake qui fait croire qu'il habite dans le sud alors que depuis l'âge de six ans il est enfermé dans une cave à Roubaix, que Folie Privée est la réincarnation de Françoise Dolto, que Mamz'elle n'est plus vraiment une demoiselle, que la marmotte est un bouquetin, que madame princesse est en fait la schtroumfette, que Jeanphi et Domrod sont enregistrés à l'état-civil sous le nom de Dupond et Dupont, que..
Non, foin de ces débalages, il faut respecter la vie privée de chacun, surtout si on peu faire tant de mal. Donc, quel secret puis-je vous offrir en holocauste ? Ah oui, je sais : en fait, je ne suis pas juif.
11:40 Publié dans Questionnement | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note
mercredi, 29 juin 2005
Que serez-vous dans trente ans ?
Liste quatrième des réponses aux questions de Largentula, chef des animals de la jungle.
Dans trente ans, je ne serais pas un grand joueur d’échec pour la bonne et simple raison que je n’ai jamais été un bon joueur d’échec (troublant comme entame, non ?). Cependant, j’ai une bibliothèque échiquéenne assez fournie, dans laquelle on peut trouver par exemple l’indispensable « Mein system » de Nimzowitch.
Ce que j’apprécie dans le jeu d’échec, ce n’est guère la compétition, qui me m'agace (tant qu'à battre quelqu'un autant lui mettre mon poing dans la gueule.) mais c’est la théorie, la possibilité de suivre une partie et, au milieu, d’étudier une variante, puis une autre, d’explorer les univers parallèles des soixante-quatre cases. Grâce à la complexité des déplacements de ses pièces, le jeu d’échec est le moins sûr des jeux de stratégie, il plonge le joueur amateur en pleine théorie du chaos.
Et ma vie est pareille, c’est une théorie du chaos toute personnelle. Souvent, je suis le voyageur temporel de ma propre existence, et j’essaie d’analyser le plus logiquement possible le cheminement de ma vie. Et que serait-il advenu si j’avais quitté ma femme un an plus tôt ? Aurais-je eu la moindre chance de séduire la jeune femme que j’ai rencontré au même moment et avec qui je ne suis qu’ami ?...
Je vais donc me prêter à la même exploration. Dans l’autre sens. Dans trente ans.
Hypothèse un : je me la joue fin de l’histoire, j’emmerde Darwin et je n’évolue plus du tout. Je suis à la retraite, j’éprouve une haine féroce pour les enfants que je tape à grands coups de déambulateur. Ma compagne est toujours la même, sous les rides. Je pèse cent vingt kilos, je joue mal à la belote et je répète à qui veut l’entendre ( et même aux autres) que c’était mieux avant.
Hypothèse deux : j’ai eu de l’ambition (je ne sais pas bien d’où ça vient). Après avoir passé avec brio le concours de chef d’établissement, je mets à profit les rares loisirs que m’octroie ma fonction de ministre de l’Education Nationale pour publier des best-sellers. De nombreuses jeunes filles lascives se traînent à mes pieds. Je fais construire un climatiseur géant à la place du Sahara, je sauve les glaciers et la banquise. On grave mon visage sur les pentes de l’Everest.
Hypothèse trois : j’ai un grave accident de voiture. Je suis devenu une flaque d’acides aminés ingérée par les racines des plantes du cimetière. C’est une existence qui manque un peu d’aventure.
Hypothèse quatre : mon blog a un succès phénoménal, les connexions sont si nombreuses qu’elles provoquent une surcharge et la toile explose, entraînant dans sa chute de milliards de gigabits d’informations vitales. L’univers virtuel s’effondre, les pays riches s’enfoncent dans la récession, des guerres civiles éclatent, la police secrète m’enlève à mon domicile et m’enferme dans une citadelle, le visage recouvert d’une masque de fer (une vieille tradition ,paraît-il).
Hypothèse cinq : je continue au même rythme, j’attrape une cirrhose, j’ai un gros nez rouge, un air malicieux…
Je crois avoir passé en revue les scenarii les plus probables. Une chose dont je sois sûr, c'est que dans trente ans, je serai un piètre joueur d’échec.
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mardi, 28 juin 2005
J'aimerais y être.
Liste, etc..., voyez avant comme quoi je réponds à un questionnaire et tout
Depuis le référendum, je fais vachement attention aux intitulés des questions que l'on me pose (histoire de voir qui répond à côté), raison pour laquelle je vais tenter une rapide analyse de celle-ci. On me demande de citer un endroit où j'aimerais me trouver. Il me semble cependant que face à cette spacialité (c'est bien comme ça qu'ils font les cuistres, ils inventent des mots , non?) on ne me pose aucune temporalité, ce qui pose bien évidemment problème (les plus fins d'entre vous auront compris que ce préambule vous annonce tout simplement que tout ce qui suit n'en pas de ma faute.).
Nous pouvons avec raison décliner les questions : où aimerais-je être maintenant ? Où aimerais-je être dans l'absolu ? Où aimerais-je être pour toutte ma vie ? Où aimerais-je être le plus souvent possible ? Autant d'interrogations envisageables et auxquelles j'ai une réponse à vous four(Comme quoi le hasard fait bien les choses.)
- Pour l'instant , j'apprécierais fortement d'avoir un grand congélateur. J'y aurais construit un superbe igloo pendant les chaleurs. Une espèce de pied-à-neige en quelque sorte. Ou bien j'aimerais être aux toilettes. Oui, aux toilettes. Je reviens.
- J'aurais sinon aimé vivre toute ma vie dans un beau manoir du XVIII° siècle, entouré d'un joli parc ombragé par des arbres centenaires, aux pelouses parcourues par des lapins mutins, des écureuils farceurs et des biches aux grands yeux ourlés de tendresse. Il y aurait un grand salon richement (mais sobrement) décoré, et plein de chambres aménagées selon des thématiques particulières. Et il y aurait plein de gens, et tout le monde serait heureux, et la méchante sorcière elle serait morte.
- Dans l'absolu, mon lieu préféré, c'est l'entrejambe d'une femme. (Héhé, Cohen le morback.)
- Mais le plus souvent, j'aime être dans mon canapé jaune. C'est le centre du monde ce canapé jaune. Je peux y faire énormément de choses : boire une bière en regardant un match de rugby, blogger avec le portable, boire une bière en regardant un film, lire un livre, boire une bière en regardant une série américaine, écouter la musique au casque, boire une bière sans rien faire d'autre parce qu'après tout, j'ai pas besoin de me justifier pour boire une binouse si j'ai envie de boire une binouse, non mais c'est vrai quoi.
Tout ça pour dire, que ce canapé jaune, c'est un vrai centre culturel.
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lundi, 27 juin 2005
Je ne peux pas lui résister.
Liste gnagnagna (faites-le copier/coller dans votre tête).
Deuxième ( et néanmoins second) opus de l'interrogatoire Largentulesque, cette question balaye un domaine de compétence si large qu'on ne peut guère se résoudre à faire un choix rapide et précis.
Je ne peux lui résister ? Voyons voir, et n'omettons pas la polysémie du terme "résister". Je ne peux lui résister ? Le chocolat, les cacahuètes, la Gestapo, un TGV lancé à pleine vitesse, ma compagne quand elle dit que je suis un étalon fougueux ( il faudrait d'ailleurs qu'elle se décide à le faire un de ces jours.). Finalement, je résiste à peu de choses. Je me plie souvent aux injonctions extérieures, je me range aux raisons des plus grandes gueules et je cède aux appels de la moindre sirène.
Mais imaginons : au cours de mes longs moments de désoeuvrement, j'ai décidé de faire une formation accélérée de Jedi à Eurodisney qui me permet de maîtriser ma force mentale. Après, je résiste aux pires ennemis comme le chocolat, la bière brune, le porno du samedi soir... Je deviens le maître Ninja de la Tentation. Je suis dur comme l'acier.
Il me semble tout de même qu'une chose me fera encore craquer. Quand les douze coups de minuit sonneront sous la lune pleine et blafarde, je ne pourrai m'empêcher d'ouvrir, s'il y en a une dans la réserve, la boîte de raviolis et je ne pourrai m'empêcher de la manger sans même la réchauffer, sans même la vider dans une assiette, sans même prendre une serviette. Mon instinct, mon cerveau reptilien reprendra toujours le dessus en de telles circonstances : je suis un bouffeur-de-raviolis-froids-garou.
Et moins les raviolis sont bons, meilleur c'est.
Il y a des tentations qui ne sont pas de ce monde.
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dimanche, 26 juin 2005
Question un : votre animal favori.
Premier élément d'une liste de réponses argumentées au questionnaire d'un certain Largentula
Quand j’étais un tout jeune bloggeur, encore inexpérimenté,je prenais de haut, voir avec snobisme, le fait d’être le récipiendaire d’une liste de questions à compléter jusqu’à ce qu’un travail intense de réflexion, si intense qu’il m’en poussa des boutons sur le front, me fasse radicalement changer mes vues, me forçant à adopter la mentalité lycéenne des Etats-Unis. Je prends donc maintenant les différents questionnaires que l’on m’adresse comme autant de témoignages d’affection. Je résonne (si si ) en termes de popularité comme toute bonne pétasse-pom girl de « Sauvé par le gong ».
Cette fois, le sieur Largentula, ci-devant grand savant en animals, m’a fait cet insigne honneur de me payer de l’attention. Mais comme je ne suis pas n’importe qui (je suis pire), je vais essayer, sous vos yeux ébahis, sans filet ni protection d’aucune sorte, et en exclusivité mondiale de répondre à chaque question par une note quotidienne pleine de la verve qui me caractérise.
Commençons donc, et comme chaque chose à un début (sauf les saucisses qui en ont deux.) oyons la première question du largentulesque questionnaire : il s’agit de lever le voile sur mes préférences zoologiques ( et non pas zoophiliques, vicieux que vous êtes.). J’ai déjà parlé de ma tendresse particulière pour les lapins, mais je doute qu’on puisse affirmer qu’on aime un animal quand ce qui nous plaît avant tout en lui c’est de lui briser l’échine, ou alors Emile Louis c’est Casanova.
J’ai tenté d’autres élevages, notamment celui de la fourmi dans le but peu honorable mais fort ludique d’organiser de véritables batailles rangées entre fourmilières, le 14-18 des hyménoptères en quelque sorte. Ce qui est intéressant avec les insectes, c’est que, ne pouvant pas hurler, leur silence nous pousse à la conclusion qu’ils ne souffrent pas. De plus les combats de fourmis sont d’une rare cruauté : les pattes sont tranchées avec application, les agonies sont insupportablement longues, ce qui satisfait grandement le contemplatif que je suis. Cependant, afin de les distinguer, je me suis abîmé les mains et les yeux à leur coudre des toutes petites chasubles rouges et jaunes, taille XXXXXXXXS.
Donc abandonnons les fourmis, et intéressons-nous à mon habitat (ah oui, faut suivre). Alors que j’étais célibataire, je louais une maison relativement isolée, ce qui impliquait qu’il me fallait un animal de garde qui puisse éviter que des gens mal intentionnés vinssent la vider. Chez mes voisins, la même litanie se répétait : « je monte la garde », « attention chien très con »… Sur le point de me décider pour un canidé, j’effectuai un rapide calcul du budget prévisible et le trouvai trop dispendieux. Je décidai donc de me rabattre sur un animal meilleur marché à l’achat et facile d’entretien. Après l’avoir acheté, je confectionnai de mes petites mains habiles le panonceau adéquat que j’exhibai bientôt fièrement sur mon portail et qui déchaîna la terreur chez les cambrioleurs locaux : « Attention : moules avariées. »
Hélas, la moule est un animal qui n’apporte guère de joie ni de tendresse à son maître et qui a une fâcheuse tendance à négliger sa toilette intime. Je me séparais donc de mon cheptel. Mes expériences animalières sont donc globalement négatives. Cela m’oblige donc à choisir mon animal de façon purement intellectuelle.
Alors bon on va dire la coccinelle.
Ca valait bien le coup de faire tout un flan.
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vendredi, 17 juin 2005
Tu t'es vu quand t'as lu ?
Ah.
Encore une chaîne qui va se briser sur les récifs de mon inconditionnelle misanthropie. En même temps, quel foutu service me rend la charmante Cécile en me proposant de répondre à un questionnaire. D’abord parce que je mène pour l’instant de front le combat contre plusieurs textes rétifs au sujet de chaussette et d’enculade de mouche, ensuite parce que je ne trouve plus d’idée de jeu à la con, enfin parce qu’il fallait bien que je poste un truc avant le week-end.
Merci Cécile donc. Cependant sachez que ce questionnaire n’ira pas plus loin, hélas pour lui. Je ne peux pas choisir entre mes divers contacts que j’apprécie tous (sinon, ils seraient pas là, je te les aurais envoyer se faire *%&@ ), mais si le cœur vous dit de répondre dans les commentaires... Faisez, la maison est ouverte (oué, lâchez vos comm’)
Et puis je suis flatté que quelqu’un de tout neuf dans ma bulle pense à moi. Alors encore merci Cécile ( je viens de faire un bisou à mon écran d’ordinateur.). Et maintenant, place à la mise à mort car je vais te le mettre en huit morceaux ce questionnaire.
1- Combien de livres lisez-vous par an ?
Que je ne connais pas ? En dehors de ceux que nécessitent mes obligations professionnelles ? Juste pour le fun alors ? Peu donc, mettons une cinquantaine.
2- Quel est le dernier livre que vous avez acheté ?
Les cahiers de Don Rigoberto de Vargas-Llosa.
3- Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
35 kilos d’espoir, je sais plus l’auteur. C’est un livre de jeunesse.
4- Citez (listez ? ouh !) cinq livres qui comptent pour vous.
Eh ben non. Pas question. Je relis ma bibliothèque régulièrement, donc ça fait beaucoup plus de cinq livres. C’est pourquoi je décide de façon tout à fait injuste de citer cinq auteurs qui comptent vraiment pour moi.
- Flaubert : le roi de la gaudriole, le retapisseur de mots. C’est une grande passion que j’ai découverte en licence. J’ai tout lu, même la correspondance, t’as qu’à voir. Il me fait rire, il me fait réfléchir, il m’émeut parfois.
- Pratchett : étonnant, non ? Je suis (presque) toujours scié par le foisonnement d’inventions qu’apportent ses romans. Je suis fan aussi de son traducteur dont le travail est impeccable.
- Rabelais : le premier à m’avoir donné envie d’écrire des listes. Je m’esclaffe bruyamment dès que je relis les épisodes du torchecul, ou encore de la liste des ouvrages dans la bibliothèque de Gargantua (« Des poys au lard cum commento ») ou bien de la noyade des parisiens par compisserie.
- David Goodis : Sa peinture d’une humanité rampante, malsaine et méchante ne peut que vous prendre aux tripes. Il est l’auteur de roman noir par excellence. Romans fait de souvenirs, de sentiment remâchés, de frustrations et de haine.
- Cavanna : qui m’a fait découvrir qu’une autobiographie n’était pas forcément égocentrique, qui s’est attaqué avec talent à assez de genres pour me donner l’envie de les lire (notamment le roman historique) et qui a une aussi belle moustache que Flaubert.
Bon finalement, je ne l’ai mis qu’en quatre morceaux le questionnaire. Je le passe à qui veut bien. Et puis tiens, mettez votre joue contre l’écran. Je vous fais un bisou.
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lundi, 16 mai 2005
Je le savais pas, mais je suis un salaud de fasciste nazi totalitariste et raciste de merde.
Je ne voulais pas en parler, mais il est des moments où cela fait un peu trop.
Sur France Culture ce matin, Jack Lang analysait avec la pertinence qu'on lui connaît le vote négatif au référendum. Heureusement qu'il était là pour m'ouvrir les yeux.
J'étais dans le faux. Je croyais que j'avais le droit de dire "non" à cette constitution après une lecture raisonnée du projet qu'on nous a soumis, après une prise d'information sérieuse auprès de gens estimables.
Hé ben tout faux mon Cohen : si tu votes "non", tu es raciste, fasciste, xénophobe, quasiment nazi (c'est toi qui va rouvrir les camps de la mort). Mais c'est là le moindre défaut : tu es con comme un balai mon pauv' Cohen parce qu'il le sait bien lui, le militant de gauche qui prend le marquis, si tu votes non, c'est juste pour protester contre Raffarin, et tu te trompes de cible. Et puis Cohen, tu es un menteur : qu'est-ce que c'est que ces façons de dire à tout le monde (c'est ce qu'on fait quand on milite pour le "non") que le traité va interdire l'avortement, et rétablir la peine de mort ? Dis t'as pas honte mon barbare ? Et dis pas que tu l'as pas dit, j'ai tout entendu.
Avoir milité dans des associations anti-racistes, avoir fait cinq ans d'études après le bac, avoir voté à toutes les consultations pour être traité finalement de raciste, d'abruti et d'anti-démocrate, ça fait beaucoup pour un lundi à huit heures du matin.
Désolé d'avoir ouvert cette parenthèse, ce n'est même pas un appel à voter quoi que ce soit (ce n'est pas le lieu pour le faire et le choix du 29 mai mérite un vrai débat et pas des coups de sang : pour bien signifier ça, je ferme les commentaires sur cette note, j'espère que les quelques lecteurs qui passeront respecteront ce droit de réserve que je m'autorise.), c'est juste un petit coup de gueule spontané envers nos chefs démocrates qui nous affirment sans sourciller qu'on n'a pas le droit de choisir son vote.
J'en profite pour dire que voter "oui" n'est pas une tare, même si je ne partage pas ce point de vue, c'est un choix et j'espère vraiment que ceux qui y adhèrent ont fait un choix raisonné et non pas du suivisme. Je trouve juste inquiétant que nos élites, de droite ou de gauche, commettent de plus en plus souvent un déni de démocratie et utilisent avec une joie certaine la violence verbale et le chantage à l'extrémisme.
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jeudi, 21 avril 2005
Du gras dans la tête.
Liste de questions formant, groupées, le corps d'un moment ludique plein de joie et de bonne humeur.
Au départ je voulais vous soumettre un texte comparatif sur les fraises et les prurits ( avantages, inconvénients, saison où ils poussent le mieux, etc...) Mais je l'ai relu (NB : ne plus jamais refaire ça.) et je l'ai trouvé franchement médiocre. Cependant, d'autres textes en attente n'étant pas tout-à-fait prêts, il fallait absolument coucher quelque chose sur le papier pour aujourd'hui, car le fdait de glander sur le net est aussi une discipline de vie.
J'ai donc pensé à vous faire profiter d'un petit jeu de mon invention s'intutil... s'intitil... se nommant :" c'est pas la bonne réponse, mais presque", un jeu alliant subtilité et réflexion. Le principe en est simple, à une question posée, il s'agit de donner la réponse fausse la plus proche de ce qu'on attendrait. Les réponses sont classées en trois catégories : les ben oui c'est évident (un point), les ah pas mal dis donc (cinq points) et les ah ouais, krrr, krr,krr (dix points). Un exemple : à la question "Qui est le père du célèbre commissaire Maigret ?", plusieurs réponses sont possibles :
- Un point : Rabelais, Maupassant, etc.. soient des romanciers.
- Cinq points : Agatha Cristie, Raymond Chandler, soient des romanciers ayant pour héros réccurent un détective.
- Dix points : San-antonio (détective réccurent de langue française) ou le jardinier du château de Saint-Fiacre ( en fait le père du personnage Maigret est administrateur au château de Saint-Fiacre).
Voilà, vous avez compris, maintenant il suffit de répondre aux dix questions suivantes de la façon la plus intelligente possible, et va savoir si je ferais pas un effort pour le meilleur. N'oubliez pas de justifier vos réponses si c'est vraiment vaseux.
1- Donner un nom de fruit rouge.
2- Citer une couleur différente du bleu.
3- Quels sont les noms des neveux de Donald ?
4- Quelle est la différence entre une casserole et un pot de chambre ?
5- Quel est le nom du nouveau pape ?
6- Combien de pattes possède un mille-pattes ?
7- Si ce n'est toi... ?
8- Donner le nom d'un chanteur mort.
9- Combien y a-t-il de mousquetaires chez Alexandre Dumas?
10- Citer le nom de l'auteur des Trois Mousquetaires.
C'était, je pense, une très bonne excuse pour ne pas faire de note cette semaine (faut me comprendre, j'ai un prurit parce que j'ai mangé des fraises.).
12:14 Publié dans Questionnement | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note