mercredi, 14 septembre 2005
Dans mon agenda quand j'en tiens un.

Liste de fantasmes nouveaux, tout du moins pour moi et qui concernent le sexe mais en fait je trouve que je suis plutôt poli dans la note.
Je vais monter à Paris et je vais tromper ma compagne. Ce matin, je le lui ai dit : « je vais monter à Paris et je vais te tromper. » Sa réaction a été terrible, elle a hurlé à mon endroit qu’on était pas si riche que ça, que si je voulais la tromper j’avais qu’à faire ça près de la maison, plutôt que d’avoir le train à payer, et caetera, et caetera, bref ça a fait un scandale.
Cette envie subite m’est venue tandis que j’attendais un ami à la terrasse d’un café qu’il avait qualifié « d’un peu bo-bo » mais qui sentait bon le propre sur soi, les pages saumon et dont je n’hésiterais pas à dire qu’il était « prout-ma-chère » (la langue française est d’une nuance incroyable). La jolie bourgeoise y affluait en masse, gainée de stretch, le teint frais et le visage figé dans cette expression trompeuse d’absolue neutralité qui a fait naître mon fantasme.
Contre tous ceux qui affirment que la lutte des classes n’existe plus, je maintiens qu’il suffit de se faire toiser par une de ces femmes pour comprendre le marxisme. En effet, la bourgeoise fait mon admiration par sa capacité à irradier le quant à soi, cette conviction naturelle qu’elle peut regarder les autres de haut. Et ce sans mépris ni vulgarité. Cette retenue rend les œillades discrètes et les coups d’œil en coin furieusement excitants. (et c’est logique, comme je dis à mes élèves qui demandent à aller aux toilettes pendant le cours : « restez assis, ça sera meilleur tout à l’heure »)
Et moi, balourd provincial, face à ce rassemblement de poupées jolies et polies, je ne pus m’empêcher de penser à l’expérience que je pourrais vivre avec l’une d’elle au lit. Ah ! Que l’une de ces femmes discrètes, qui n’aurait voulu pour rien au monde lâcher un « flûte » d’énervement en société, se déchaîne en m’hurlant à la figure : « Vas-y prends-moi dans les fesses, dis moi que je suis ta chienne. »...
Quel pied !
14:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note