lundi, 12 décembre 2005
Noël, joyeux Noël et bons baisers dans tes fesses.

Liste de façons de se tirer d'un mauvais pas entre le 23 et le 26 décembre, jour où un sacripant à choisi de naître pour nous sauver des péchés du monde au lieu de rester chez lui à faire des poutres, mais en même temps ça en a agacé certains alors je vais pas lui jeter la pierre, t'as vu un peu la référence culturelle ?
Chers amis,
Les fêtes approchent à grands pas et avec elles le lot habituel d'angoisse et de déprime qu'elles sont censées combattre, l'esprit de Noël vous tombe sur le coin de la figure et du portefeuille, causant pour l'une une bosse et pour l'autre un trou, et rarement l'inverse, il faut bien l'avouer. Vous voici ruiné, fatigué par la folie des grands magasins (t'avais qu'à faire des achats d'étrennes en août aussi) et après de longues négociations familiales obligé de recevoir à la maison votre frère et ses trois insupportables moutards, votre mamie incontinente, maman et son nouveau mec qui est une vraie tête de con, ainsi que votre cousin Maurice, ennuyeux et suicidaire, patate chaude que l'on se refile à chaque Noël. Comment allez vous gérer toute cette gaieté et cette magie qui, il faut bien l'avouer, commence déjà à nous les briser menu ? Préparez coquettement votre petit nid : décorez donc le ficus en prétextant que tuer un arbre ça vous fend le coeur et préparez une jolie crèche avec des Playmobil ce qui vous permettra de vous venger de ces sales morveux en leur claquant la main parce qu'on ne touche pas ! Un conseil, préférez une guirlande électrique qui clignote très vite et pique ainsi les yeux.
Prenez le temps de bien de bien répartir vos invités dans les diverses chambres. Laissez la remise, froide et isolée, à votre maman et son nouveau copain parce que "on sait ce que c'est, les amoureux hin hin hin", clignez de l'oeil d'un air complice et égrillard. Quant à votre frère, réservez-lui la petite chambre dans laquelle vous répartirez les différents matelas de façon à ce qu’elle soit quasiment impraticable, cette même chambre qui jouxte celle de mémé dont les ronflements sont légendaires dans toute la commune. Réservez le grenier sombre à votre cousin dépressif. Installez lui un chauffage au gaz.
Vient alors le moment du repas de la chaleur familiale retrouvée avec des mets chers (mais finalement bien meilleur marché chez Aldi) où l'on s'en met plein la lampe et pendant lequel je vous conseille d’être fort avisé. Informez vos invités que le foie gras n’est rien d’autre qu’une banale cirrhose ce qui implique qu’on nourrisse les palmipèdes à coup de matraque dans le bec, qu’il est fort opportun que les huîtres n’aient pas de cordes vocales puisqu’on les mange vivantes, qu’il est traditionnel de couper les gonades du chapon d’un coup sec de cutter… Bref soyez encyclopédique et à coup sûr vous devriez manger des restes pendant une quinzaine.
Il reste maintenant à bien gâcher le moment le plus féerique de la saison : le déballage des présents. Afin de créer une ambiance appropriée, exigez que l’ensemble de la famille aille communier à la messe de minuit. Mieux : regardez la sur France 3 ! Puis enfin viens l’instant merveilleux de l’étal ostentatoire des cadeaux, où chacun mesure sa popularité au plaisir que lui procurent ses nouvelles acquisitions, ô bonheur d’être aimé.
Bien sûr vous offrirez à mémé un soin épilation en institut de beauté, à maman et Julot plaquettes de Viagra et contenants aux formes lubriques parce que « on sait ce que c’est les amoureux, hin hin hin ». Choisissez de beaux livres pour les enfants, je conseille pour celui qui entre en cinquième Métaphysique des mœurs de Kant, ou un recueil de poèmes de Jean Guy Cadou, de la beauté et de l’intelligence, on ne vous le reprochera jamais. Concernant les parents, n’importe quoi fera l’affaire pourvu que cela ait un intime rapport avec leur descendance (« je sais bien que c’est pas toujours facile de s’en sortir avec des gosses. »). Enfin, consolez Maurice devant son étrenne minable en lui expliquant qu’il n’avait pas été prévu n’est-ce pas alors j’ai fait ça en urgence.
Quand vous raccompagnerez vos invités, larme à l’œil et mouchoir au vent, dites-vous que c’est gagné, l’année prochaine vous passerez votre Noël tout seul en vous pochetronnant au Meursault, devant un film de fesse si je veux .
19:40 Publié dans Les conseils de la Barbaronne. | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
mercredi, 23 novembre 2005
Labiche + toilettes = bonne idée de réception.
Liste de carnets que j'ai semé nonchalamment dans mon logis et qu'il serait bon que vous égayiez pour peu que vous passassiez à la maison ce qui n'est pas demain la veille attendu que je suis en pleine hibernation, c'est dingue comme j'arrive à recycler mes vieilles notes par des allusions fines.
Certains textes littéraires ont cette appréciable faculté de nous replonger dans des époques révolues, faisant ressurgir la douce odeur des mœurs surannées. En ce moment, en compagnie d’une de mes classes de quatrième, nous lisons et nous jouons, quand la salle de classe s’y prête, Le Voyage de M. Perrichon d’Eugène Labiche, une œuvre légère mais néanmoins joyeusement critique à l’égard d’une société bourgeoise sclérosée. Bref un truc un peu imbitable.
Or dans ce texte dramatique (forcément), le héros qui se nomme … M. Perrichon, je vous prierai de suivre au lieu que vous faisez les couillons merci, le héros donc, effectuant un voyage ne montagne, est sollicité par son hôte afin qu’il laisse un paraphe dans le livre d’or de l’auberge. Belle tradition que celle qui consiste à recueillir les fortes pensées des fortes panses rebondies qui nous rotent à la plume leur contentement touristique.
Il se trouve que la théorie du chaos aidant, un carambolage d’idées eut lieu à la sortie même du cours. Bouillant du désir d’évacuer de ma vessie durcie une miction désagréable à ma concentration (je pisse pas comme tout le monde moi monsieur), je m’isolais dans l’atmosphère surchargée en solvants des toilettes du personnel.
Sur le mur de l’isoloir à déféquer, un collègue, dont l’humour ravageur égayait la salle des profs avant que nous ne l’achevassions à coup de barre à mine, avait affiché un panonceau où trône un homme affolé de n’avoir pu tirer qu’un minuscule bout de papier hygiénique du rouleau, tandis que cette prose illustre le dessin : « Mobilisons-nous pour les sans-papiers ! Enfin une cause à laquelle tous adhèreront. ».
Fin lettré, un autre collègue avait osé la correction suivante : « adhèreronts » .On peut se consoler en se disant qu’il n’y a pas plus d’analphabètes chez les profs que de malhonnêtes gens dans la police. S’ensuit une série de remarques, de biffures, une riche conversation que clôt la phrase suivante, qui a le mérite de recentrer le débat : « c’est dingue comme on se fait chier aux toilettes. »
Tout ceci fit naître en moi une irrépressible envie d’inclure aux endroits les plus incongrus des livres d’or que les passants rempliront au gré de leurs pérégrinations. J’en ai déjà égaré une dizaine dans la maison.
Je vous fais part des premières réflexions de ces ouvrages : « Vive le bronzage intégral ! signé Coco le poulet » (livre d’or du four) « j’avais la banane, maintenant j’ai la pêche » (livre d’or du compotier) « le bourgogne était excellent . Signé : une mère satisfaite. » (livre d’or du pot en grès qui sert à faire le vinaigre)
17:03 Publié dans Les conseils de la Barbaronne. | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
jeudi, 10 novembre 2005
Etre invité.
Liste d'indispensables règles de savoir vivre quand on sort chez des gens avec qui l'on ne veut pas se fâcher nonobstant le fait que l'on soit le premier samedi du mois et qu'on a autre chose à voir devant Canal +.
Avoir une vie sociale est une épreuve dont on ne peut guère se passer aujourd’hui et il m’arrive de regretter la douce ère néanderthalienne où le plus proche voisin habitait dans un rayon de trente kilomètres. A notre époque, il semble que la seule façon que nous ayons trouvé de nous sentir aimé est de fréquenter nos semblables, et c’est pourquoi nous nous invitons à tout crin les uns les autres. Afin de rentabiliser au mieux les invitations de vos proches, voici quelques précieux conseils qui vous permettront de passer pour un être fréquentable en société. (Au passage, vous remarquerez que toutes les phrases du paragraphe commencent par un A. Voilà voilà)
Quand vous vous présentez chez vos hôtes n’oubliez pas de vous munir de quelque friandise que vous offrirez en souriant (malgré l’argent que vous avez du débourser)sans vous fier au cri strident de votre hôtesse qui affirme que « il ne fallait pas », alors qu’il fallait pour ne pas passer pour un plouc. Je conseille à cette occasion de fournir un vin d’assez bonne qualité sans être excessivement cher et qui puisse se boire tout de suite car il n’est pas question que ces cons-là en profitent dans votre dos. Vous avez payé, vous consommez, non mais oh.
Il est appréciable aussi de se munir d’un ou deux enfants en âge assez bas et de caractère plutôt vif. D’une part ils vous permettront d’échapper aux vaines discussions ayant pour thème au choix, l’invincibilité lyonnaise dans le courant du championnat (alors que Saint Etienne va les latter, tout chauvinisme mis à part), le malaise économico-social ambiant, la fraîcheur des coquilles Saint-Jacques dans les bacs d’Intermarché, et ce grâce à leur propension à brailler, ce qui vous permettra de vous absenter pour leur gueuler dessus en les traitant au choix de rhodanien dégénéré, de fils de soûl ou de bouffeur de saucisse.
De plus quand se présentera le délicat moment où vos boyaux torturés demanderont grâce du kir breton qu’accompagnait l’oumos de l’apéritif, il vous suffira de prendre l’un d’eux par la main et de lui dire : « tu as envie de faire caca ma chérie ? » Avant que l’enfant n’ait le temps de répondre, emmenez-le aux petits coins et enfermez-vous à deux. Vous pouvez maintenant déféquer avec délectation en crépissant l’émail et en produisant de méphitiques émanations qui font croire que M. Bush aurait mieux fait de chercher des armes de destruction massive dans vos fesses.
En revenant lancez un jovial « je sais pas ce qu’elle a, elle digère très mal ces derniers temps ! » à la maîtresse de maison, car il faut faire preuve de savoir-vivre.
Pour ce qui est de la prise de congé, ne refusez jamais le moindre alcool qu’on vous propose, une cuite gratuite est bien trop précieuse. Et si jamais vous avez un peu trop bu, n’oubliez pas : « tu as envie de vomir ma chérie ? »
20:25 Publié dans Les conseils de la Barbaronne. | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note