mardi, 07 avril 2009

Le pragmatisme, je l'encule.

frederic-lefebre-porte-parole-ump.1215039092.jpgLa bourgeoise était embourgeoisée, c'est bien la moindre des choses pour une bourgeoise : le jean ne faisait pas vulgaire sur son joli cul qui devait la suivre depuis une cinquantaine, fuck-me boots mais strictes quand même aux pieds, large décolleté qui ne montrait rien tout en faisant envie, énorme bagouze en plastique, pièce unique. La bourgeoise était embourgeoisée.

Elle était venue nous porter la parole ministérielle dans notre cambrousse. Elle me donna du "Monsieur le Principal Adjoint" auquel je dus rétorquer qu'à mon grand regret je m'étais juste acheté une cravate. C'est comme ça dans la cambrousse ou dans les métiers de gauchistes : tu t'habilles bien, tu prends du galon, n'est-ce pas ? Je l'ai su d'emblée que nous étions partis sur de mauvaises bases. A priori j'étais très content de la rencontrer avec quelques collègues, cette dame déléguée à la culture au rectorat, parce que moi la culture j'aime bien.

Parfois mes élèves me demandent à quoi elle sert, cette bon dieu de culture. J'ai deux réponses : "elle ne sert à rien, comme à peu près tout." ou "elle sert à être moins con." Et dieu sait qu'ils en ont besoin mes choupinets, plantés dans leur brousse, à trente kilomètres du premier cinéma (deux salles : l'une qui passe le dernier Pixar et l'autre un blockbuster), du premier musée, soixante du moindre théâtre.

Donc quand une dame se pointe avec un joli cul, un décolleté et qu'elle me dit "je vais vous donner les moyens d'enseigner tout en cultivant", je dis banco, j'écoute, je prends des notes, appliqué et tout, si jamais une idée me traverse la tête je la calepine derechef et je ne coupe pas la parole, je fais tout bien.

Notre porte-voix ministériel nous annonce donc que la culture est devenu grâce au gouvernement (si si) un axe majeur de l'enseignement, qu'il faut en faire sur une grande échelle, de façon à impliquer tous et chacun des élèves de l'établissement, que cette politique culturelle inhérente au-dit établissement ne peut puiser ses sources que dans une réflexion et dans l'émergence d'un axe fort et personnalisé au niveau du projet. Je reste très poli, même si ce genre de discours sent le management plus que la pédagogie.

Bref, passe une heure d'axes, de transversalité, d'émergences, de plannings divers (pas les business mais pas loin), d'idées lancées à hue et à dia quand nous en arrivons aux questions. Ca tombe bien je suis là pour avoir des réponses. Je lève la main, et comme je suis le seul à mettre une cravate j'ai la parole en premier. J'explique que j'enseigne le cinéma dans mon coin à certains élèves, que j'aimerais élargir cette pratique et j'interroge, pour le coup fort terre-à-terre.

- J'aurais besoin d'un caméscope, un pied, un micro, un ordinateur pour le montage. Le tout se monte à la somme d'environ 2000 euros ( je suis raisonnable hein ?). Où puis-je m'adresser pour les obtenir ?

Réponse : "faites appel aux collectivités locales." Bonnes gens si vous vous demandez pourquoi vos impôts locaux augmentent...

Mais ce qui m'a le plus choqué fut la réponse à la question suivante :

- J'aimerais pouvoir débloquer des moyens horaires pour enseigner à des élèves volontaires d'une classe de troisième la production d'images cinématographiques, depuis la rédaction du scénario jusqu'à la production d'un film. Comment puis-je faire ?

Réponse :

- Vous n'aurez aucun moyen supplémentaire officiellement, mais je vous conseille de vous faire banaliser une après-midi de votre emploi du temps, et de faire de même pour les élèves concernés et ensuite de faire passer cela dans les heures AE (assitance éducative), personne ne viendra contrôler ce que vous venez faire.

Elle avait dit : "je vous le dis, mais en fait vous n'avez rien entendu." C'est un discours qui me les brise depuis bien trop longtemps. Et je vous donne mes conclusions :

- Les heures d'assistance éducative, mises en place en grande pompes pour venir en aide aux élèves ne sont en fait que des heures pour profs branleurs si ces derniers en ont envie : on ne vient pas contrôler. Take the money and run, le nouveau leitmotiv de votre bien-aimée Education Nationale. (D'ailleurs un collègue à créé spécialement pour ces heures un club où il n'y a ... personne, mais il est payé.)

- Pour ceux qui voudraient faire les choses bien comme il faut, genre dire, moi je prends pas une classe mais dix élèves pour faire une activité culturelle intéressante, je voudrais bien une aide s'il vous plaît : vous êtes des cons. Il faut tricher, prendre l'argent où il est, être PRAG-MA-TIQUE. On nous donne. Pas ce qu'on veut, pas ce qu'il faudrait, à nous de nous arranger avec la vérité pour récupérer ce dont on a besoin.

- Pour ceux qui voudraient que les gamins arrivent à engranger un minimum de vertu (putain un gros mot), vous êtes vraiment les rois des cons. Aujourd'hui la réussite sociale consiste à savoir comment détourner les différentes mannes que l'on vous propose, et notamment la manne publique, la plus simple à détourner, celle qui vous fera faire le moins de cauchemars, elle est si diluée que l'on ne trouvera jamais de responsable.

J'ai l'impression de vivre dans un système pervers où on vous dit : "vendez-moi bien ce machin, même si c'est une merde."  ou encore pire "Soyez dans l'air du temps". Et donc où je deviens un produit.

samedi, 28 mars 2009

Musique.

avatar.jpgVoilà, j'ai trouvé ça, c'est pas tout neuf, mais je trouve que c'est pas mal.

jeudi, 26 mars 2009

Ils ne me font plus rire.

images.jpgL'un fait la pub pour son film, l'autre fait la pub pour le sidaction.

 

L'un a commis une bouse infâme pour se faire du fric : il en a profité pour se payer trois salaires, celui de l'acteur, celui du réalisateur et celui du scénariste. A-t-il créé quelque chose ? Non il s'est contenté de reprendre ses sketchs. Il tire à la ligne pour que le tiroir-caisse marche bien, et c'est le cas, il vient de gagner tous mes salaires depuis mon entrée dans la carrière.

 

L'autre n'a plus vraiment d'actualité. Mais il s'engage pour une action caritative, il apparaît ainsi à la télévision pour demander au téléspectateur lambda de particper à une grande opération de solidarité nationale, voire plus. Il a trop de pudeur pour montrer comment il y participe financièrement.

 

L'un s'appelle Gad et l'autre Elie.

 

L'un affirme qu'il paye bien assez d'impôts enfin merde. L'autre dit que les gens qui ne participent pas à la grande foire du sidaction, qui ne donnent pas de sous ce jour là sont des "ordures".

 

L'un n'a aucun souci pour faire payer 48 euros son spectacle, somme que je paye pour me nourrir une semaine, ni pour faire payer plein pot une place de cinéma. Il produit un film concernant une caricature du juif parvenu qui finalement semble découvrir que les valeurs de l'amour familial sont plus importantes que celles de la réussite sociale. Un beau message humaniste à 50 % d'impôts, parce qu'au dessus, apparemment la solidarité devient un concept nébuleux, et cela ne fait plus rire l'humoriste.

 

L'autre insulte les gens. Je donne personnellement 1% de mon salaire chaque mois pour la lutte contre le sida. Je ne profite pas de cette cause pour gagner des sous sur mes impôts, quand on donne, c'est gratuit. J'estimais que tout cela me donnait le droit de passer à côté des grands-messes obligées de la bonne conscience. Non. Elie Sémoun a jugé que j'étais une ordure. En tant qu'ordure j'ai écrit à l'association que je supportais et j'ai dit qu'une solidarité comme celle-là ils pouvaient se la garder, que j'avais du mal à donner à des gens qui me crachent à la gueule.

 

Les comiques d'aujourd'hui ne me font pas rire. Ils sentent le moisi de la communication et de la promotion. Et quand ils se moquent dans leurs spectacles de la course à l'argent ou au pouvoir  ils ne sont que la mise en abyme de leur propre situation. Non franchement, ils ne me font plus rire.

lundi, 23 mars 2009

Quizz littéraire

IMG0009A.jpg Bon.

Cécile est là, qui me rappelele à me réveiller. c'est bien.

C'est une patate et on ne dit pas non à une patate, c'est le meilleur moyen de blogguer. On appelle ça Tagger aujourd'hui, il me semble. Vu la minceur de mes liens je verrais pour faire passer.

Alors vas-y (la photo est faite en direct, c'est la bibliothçque de la chambre d'amis avec les livres à lire en un soir parce qu'après t'es foutu à la porte j'aime pas les gens).

Catégorie tout et n'importe quoi , mais surtout n'importe quoi :

J'ai commencé à lire il  y a vingt ans "Connaissance de la douleur" de Catlo Emilio Gadda. C'était pour faire mon snob en fac. Un de mes échecs les pires; J'en suis toujours à la page trente et un, quand le docteur monte le chemin. Je reprend parfois le livre. Je ne dépasse pas la page trente et un. Dans la catégorie jouissive j'ai beaucoup aimé "Tristram Shandy" de Sterne et son pendant français "Jacques le Fataliste" de Diderot. Ils ont tous les deux dit que c'est l'autre qui a copié. Deux grands moments de récit à dormir debout. On pourrait continuer longtemps, c'est une littérature que j'aime.

 

Catégorie des livres pas que pour les enfants :

Sans hésiter "Pinocchio" de Collodi. C'est du Shrek avec quelques décennies d'avance. Bien sûr, c'est extrêmement moralisateur, mais en même temps, on sent bien qu'il est content de faire du mal à ce pantin.

 

Catégorie Grands classiques :

Là non plus aucune hésitation, je vote pour Flaubert et notamment les trois titres suivants : "Madame Bovary", "L'Education Sentimentale" et "Bouvard et Pécuchet". Jusqu'à l'âge de 22 ans, j'avais un à priori extrêmement négatif sur ces oeuvres. Après, j'ai eu un prof qui me les a fait lire. Et j'ai trouvé alors un monument de comique  et de (vrai) second degré.

 

Catégorie Littérature contemporaine :

Hélas, je suis nul dans ce domaine. Je lis peu d'auteurs vivants. Ceci dit je relis encore et encore "Le Pendule de Foucault" ou "l'îLe Du Jour d'Avant" d'Eco. C'est pour moi un vrai monstre littéraire.

 

Catégorie apprendre en s'amusant :

Ah. Quand je m'amuse, je n'ai jamais l'impression d'apprendre. Peut-être dériverai-je un peu sur la BD, et surtout la série des Anselme Lanturlu de Petit. C'est parfois dur à suivre, mais grâce à lui j'ai réussi à épater le prof de maths au boulot en lui montrant comment on pouvait obtenir des figures géométriques monoangles (à un seul angle oui oui).

 

Catégorie parfois je lis des trucs intelligents mais après j'ai mal à la tête.

On peut remonter à Gadda. Sinon, j'essaie de toujours lire des trucs intelligents.

 

Catégorie que je rajoute pour le fun : catégorie des livres que je relis pour la quinzième fois en prenant mon bain ou avant de faire la sieste.

Pratchett ne fait plus rire quand on lit les livres autant de fois, mais il se dégage toujours des chroniques du disque-monde ce rien d'insousciance qui fait que la journée sera belle.

 

A qui je passe ? Voyons voir.

Ca y est, je fais dans l'exotisme : Chantal pour des trucs improbables de batave et Sven pour des trucs improbables de dans soixante ans.

lundi, 19 janvier 2009

Gaston, y'a le téléfon qui son et y'a un mongolien qui y répond.

simyo1.pngListe de mes différents états de colère à la vue d'un spot publicitaire de publicité qui me hérisse le poil dans le mauvais sens tout en me faisant me poser la question de savoir pourquoi elle m'agace.

 

Depuis quelques jours, ça tourne sur la télé. C'est Pascal Duquenne qui vend une marque de téléphone. Les différentes réactions que j'ai pu noter sont très positives. C'est bien qu'un mongolien fasse de la publicité dit-on. Et ma foi pourquoi pas ? Pourquoi Pascal Duquenne ne pourrait-il pas s'asseoir comme n'importe quel comédien en quête de cacheton autour d'une table et dire "oulala il est bon ce poulet Délice du Prince entièrement élevé à la farine de chèvre morte" ? Parce qu'il est mongolien ? Non. Il a le droit.

 

Donc il aurait le droit de faire une pub pour un opérateur mobile à bas coût ? Ben oui. Mais.

 

Mais il dit d'emblée qu'il est différent (mais comme nous aussi). Donc nous sommes en droit de considérer que son handicap est un argument de vente. Il aurait pu dire "ce téléphone est bien, mangez-en", mais en l'occurence il dit "je suis différent, ce téléphone est bien, mangez-en". Alors que voit-on à ce moment-là dans la  boîte à con ? On voit un jeune homme sympathique qui nous dit qu'il est mongolien et que puisque nous on l'est même pas et que lui il utilise son téléphone Truc, tout le monde doit utiliser un téléphone Truc.

 

L'argument de vente est le suivant : "le téléphone Truc, même les mongoliens savent que c'est le meilleur." Alors maintenant, on peut m'en faire des caisses sur le talent et le côté "énergisant" de Pascal Duquenne, ce clip est tout bonnement dégueulasse.

 

D'autant plus dégueulasse qu'il va avoir comme défenseurs la bonne cohorte moutonnière des cul-bénis qui ont si peur des "différents" qu'ils les traitent de "différents" sans vouloir dire qu'ils sont handicapés, qui trouvent sans y réfléchir plus avant que tout ce que fait une personne "différente" c'est bien. Ces mêmes qui trouvent que c'est une tribune très visible pour les personnes différentes cette pub, comme si la publicité était une affaire sociale ou une réunion de charité. D'ailleurs dans les pubs Nutella, au milieu des petits gamins heureux, pas un mongolien, pas un différent, non, le mongolien ou autre différent est un argument de vente seulement si il est tout seul, mis en valeur.

 

Donc voilà cette pub est dégueulasse, ceux qui l'ont fait sont des beaux salauds et Pascal Duquenne s'est bien fait enculer (et là je suis optimiste parce que s'il est conscient de ce qu'il a fait c'est un bel enculé), et je n'achèterai jamais rien à Simyo parce que s'ils sont capables de tant de calculs sur leur com', je pense que leurs pris bas cachent une saloperie.

 

Sur ce, je vous laisse on m'a commandé une pub pour un déodorant. J'ai pris un acteur noir et je lui fais dire : "Vous voyez je suis noir et pourtant avec Truc je sens bon sous les aisselles". J'espère que le client trouvera ça dans l'air du temps.

 

NB : l'image à gauche est sans trucage et une affiche de pub pour Simyo. Ce coup-ci ils ont mis des pédés qui s'enculent et comme slogan "j'aime que mon numéro commence par un 5". Des visionnaires et des bienfaiteurs de l'humanité je vous dis.

Je viens de la revoir : "si vous êtes comme moi, l'offre Simyo peut vous intéresser", donc c'est des téléphones pour mongoliens.