dimanche, 21 août 2005
C'est grave ?
Liste de mes petites amoureuses ?
Elle avait des yeux gris d’une incroyable malice et la bouche large et souriante qui se mariait avec. Son visage possédait d’une beauté étrange, mêlant les lignes marquées de sa mâchoire carrée et de son nez pointu et les lignes ondulés et douces de sa longue chevelure et de son cou gracieux. Ce visage m’avait d’emblée séduit, qui surmontait un corps souple et musclé, à la poitrine proéminente mais ferme, aux fesses rebondies.
Je l’avais abordé avec un naturel dont je ne me savais même pas capable tant elle avait vaincu par sa beauté ma timidité naturelle. Elle était douce et triste, souriante et têtue, envoûtante à tout point de vue. Nous avons vécu deux ans de plein-amour, exigeant et tempétueux. J’avais dix-huit ans. Elle avait un enfant. Peut-être pour cela, peut-être à cause de moi, elle m’a laissé sur le bord de sa vie un jour, avec mes mots d’amour coincés dans la gorge, par surprise.
Quelquefois, je repense à cette histoire en m’allongeant auprès de ma compagne actuelle. Et je ressens de l’admiration pour cette femme-là qui a choisi d’être auprès d’un homme comme moi. De l’admiration pour l’abnégation que demande le fait de vivre à mes côtés en sachant que jamais elle n’entendra ce qu’elle espère.
Parce que, mesdames et messieurs, cela fait quinze ans que je ne peux plus dire « je t’aime ».
22:00 Publié dans Ma Vraie Vie Vécue | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
mercredi, 17 août 2005
Une page de pub.
Liste angoissante qui prouve que je ne corresponds pas aux canons du français moyen à partir du moment où j'arrive à cesser de paniquer.
"Miroir, mon beau miroir, dis-moi suis-je toujours la plus belle ?" disait la belle-mère à Blanche-Neige (au temps pour moi la belle-mère de Blanche-Neige à son miroir magique.). Et moi c'est pareil. Sauf que les temps étant ce qu'ils sont, je ne parle pas à mon miroir (ils étaient un peu brelots les préhistoriques -La préhistoire regroupant aujourd'hui l'ensemble des éres ayant existé avant l'invention de la Playstation.). Non, moi je parle à mon téléviseur : "Télé, gentille télé, dis-moi, suis-je toujours beau, jeune et en bonne santé ?" Et invariablement cette sale garce me répond que je suis vieux, malade et moche.
Et en plus ça ne lui prend guère de temps : cinq minutes de pub et hop, cinq ans dans le tiroir. D'accord, je me suis déjà énervé sur la publicité, mais bon, c'est tout de même elle qui a commencé à me traiter de con. C'est bien simple, dans tous les sondages de pub je fais dernier. Deux français sur trois pensent avoir trop de cholestérol ? Pas moi, moi je pense que ça devrait aller. Quatre vingt pour cent des gens préfèrent les pâtes Schponk à leur pâtes habituelles. Pas moi. J'ai même pas de pâtes habituelles, t'as qu'à voir. Soixante quinze pour cent des femmes chient mieux au bout de quinze jours grâce au yaourt Atroudbal ? Pas moi, je vais pas attendre quinze jours non plus pour me déconstiper. Cent pour cent des gagnants ont tenté leur chance ? Pas moi, même là je suis exclus !
J'ai demandé à ma compagne :
- Chérie (oui, dans le blog je l'appelle Machine mais dans la vraie vie je l'appelle "chérie" pour brouiller les pistes.) pourquoi n'ai-je pas l'impression d'avoir trop de cholestérol ? Tu crois que je devrais aller voir un psy ?
-Je l'ignore, mon homme, tu veux du saindoux sur ta tartine de beurre à l'huile ?
- Ah oui, tiens.
C'est comme ça, impossible de faire comme dans la pub.
Tiens des fois je vois cette femme de quarante ans qui en fait quarante et qui nous confie : "je ne l'avais pas vu depuis une éternité, il m'a reconnue tout de suite." Et ben, c'est quoi la conclusion ? C'est que ce type c'est un sacré con, parce que moi les gens que je n'ai pas vu depuis une éternité, c'est pour une bonne raison : c'est qu'ils étaient chiants! Et elle nous affirme que quand on paraît dix ans de moins, tout est possible... Cependant, j'aimerais mettre en garde tous ceux qui font confiance (c'est le cas de le dire...) à cette pub : ne confondez tout de même pas vos couches pour incontinents avec les Pampers du petit dernier.
Et c'est partout pareil, on nous dit "vous vous trouvez bien conservé ? Elle trouve que vous vous laissez aller.". "Elle" c'est un gamine à peine pubère dont on peut se demander de bon droit si elle sait que quand on fait une turlute ON N'ASPIRE PAS DANS LE TUYAU ! (vous rigolez, mais moi ça m'a fait bizarre.) Et cette petite conne va encore me regarder de haut en sous-entendant que j'ai de la poussière dans les rides et le nombril qui sent le vermoulu ? Non mais oh, passe ton bac, on discutera après ! D'accord, je m'agace vite mais faut me comprendre, j'angoisse vite aussi devant mon écran, et il faut que je me prenne par la main (je vais pas faire ma chochotte et demander à quelqu'un non plus.) et que je me raisonne en ces termes : "Mon kiki (oui bon, ça va, hein ?), mon kiki, ce que tu vois, ce sont les problèmes de la République des gens Riches Heureux et Beaux. C'est pas ta vie à toi. Regarde tes voisins." Et là ça va mieux.
Mais n'empêche, toutes ces émotions, c'est pas bien bon pour le coeur.
Je vais m'acheter de l'huile de colza, il paraît que ça répare.
18:15 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
lundi, 15 août 2005
Clic clac, merci cloaque.
Liste de métiers durs à avouer à son entourage et auxquels on préfèrera un evasif :"je travaille à la télé".
Je ne suis pas abonné à Canal Plus ! Ce n’est pas moi, c’est plein de gens, mais ce n’est pas moi et le fait qu’entre deux DVD et un paquet de Télé 7 Jours (Je ne suis pas abonné, etc…) l’on puisse deviner la diode verte d’un décodeur n’a rien à voir. J’apprécie uniquement, sur la chaîne cryptée, quelques émissions en clair, raison pour laquelle je laisse à mes beaux-parents le soin de régler mon abonnement (Quand on arrive dans une famille, il est crucial de savoir imposer sa personnalité.).
Doté cependant d’un sens de la famille fort développé, j’ai vite ressenti qu’il s’agissait de ne pas snober ce don sous le prétexte que la programmation cinématographique de cette chaîne ressemblait plus à un fourre-tout sale qu’à un choix raisonné et de bon goût (Même dans le film de boules, c’est comme les films d’Hollywood, c’est toujours pareil : elle suce, il pénètre, il encule et puis il jouit sur les nichons. C’est d’un triste la fesse chez Canal.).
Alors, que faire puisque je suis un homme entier en matière de convictions (comme disait Méhaignerie avant sa disparition.) ? La mort dans l’âme, je me suis donc résolu à regarder régulièrement le championnat de Balle au Pied. D’ailleurs cet après-midi, j’ai assisté au un duel passionnant (d’après Guy Roux, hein, moi je savais pas.) opposant les rouges aux blancs.
Outre les supporters défendant les éternelles valeurs de fraternité et de générosité du sport en hurlant « Oh hisse enculé », en chantant qu’ils étaient fiers d’être originaire d’un endroit qu’ils n’avaient même pas choisi (fiers d’être Auxerrois, comme Petiot), ou en exécutant tous le même salut de l’avant-bras dans un grand élan d’esprit critique, outre ces sympathiques (encore d’après Guy Roux.) abrutis (non là c’est moi.) les retransmissions footballistiques modernes ont ceci de fascinant qu’au lieu de commentaires concernant la tactique, la technique ou la stratégie, l’accent est mis sur les statistiques. (Oui je suis de mauvaise foi, mais cela sied mieux au déroulement de mon texte donc Schtoum.)
Donc, tandis qu’un phénoménal coucher de soleil enflamme le toit du stade, le téléspectateur est tenu au courant du nombre de fautes par camp, ou par joueur, ou encore du nombre de buts marqués de la tête sur coup de pied de coin par cette équipe depuis 1987 et autres choses fascinantes dont une : le pourcentage de possession de la balle. Statistique captivante car il faut bien que quelqu’un la contrôle. Et j’imagine, tout en haut du stade, pour bien voir le terrain dans son entier, un petit bonhomme, le nez alourdi d’une forte paire de lunettes, équipé d’un interrupteur marquant à gauche « rouge » et à droite « blanc ».
A chaque fois que le ballon change de pied : clic… clac… le petit bonhomme joue du bouton clic… clac… Pendant une heure et demie clic… clac…
Alors la prochaine fois que vous verrez un match de football, au lieu d’admirer des hommes aux corps superbes et à la lourde feuille de paye qui, finalement n’en ont pas besoin, pensez au petit bonhomme avec ses grosses lunettes qui rentre chez lui en pleurant parce qu’il n’est pas comptable.
vendredi, 12 août 2005
J'veux du cuir, etc...
Liste d'arguments propres à dégouter les femmes de la mode (enfin c'est le but), le tout synthétisé dans un texte un peu long mais fort plaisant (c'est ce qu'a dit ma mère.).
Le thème du billet du jour m'est venu pendant l'attente de l'ascenceur qui devait me mener au troisième étage de la tour Eiffel, attente ennuyeuse au possible mais que l'équipe technique taquine sut égayer par le subterfuge d'une alerte d'évacuation intempestive et innoportune. Vous le savez tous (à moins que vous l'ignorassiez.) la queue subséquente à cette attente est fort longue et l'observation qui a suivi fut minutieuse et m'a méné à une thèse hardie que je vous expose tout à trac. Elle concerne nos amies les femmes : voici un essai pour vous dissuader de suivre aveuglément la mode, et notamment l'actuelle.
Dans une fille d'attente, le seul phénomène que je trouve positif est la promiscuité. Pas n'importe laquelle. J'évite méticuleusement le touriste batave à l'aisselle odorante ou la famille italienne dont les trois enfants tournent et crient et virent et sautent. Par contre, je m'intéresse particulièrement aux jeunes (et moins) femmes (va savoir pourquoi )auxquelles je file le train, train qui m'a amené à cette conclusion : la femme posséde trois ennemis, le baggy, le 0% et les tailles basses. Développons.
Quels traumatismes physiques et psychologiques les tailles basses auront-elles crées! Ces pantalons flattent le galbe des hanches féminines. Au temps pour moi. De face, ces pantalons, pour peu qu'ils soient un peu lâches, flattent le galbe des hanches féminines qui surplombent des jambes de 1 mètre 20 montée sur talons. Soyons précis et par ailleurs constatons l'ampleur des dégâts.
La hanche est l'endroit du corps le plus large chez la femme. Porter un vêtement dont la ceinture est à cette hauteur est donc une abérration puisque rien ne le peut empêcher de tomber. Bien sûr les mannequins ont leur truc pour qu'il tienne (je ne dévoilerai pas ici ce secret, sachez seulement qu'un godemichet et beaucoup de fil sont en jeu.). Mais une femme normale ne peut que le porter serré, de deux tailles de déficit : une pour que ça tienne, et une pour faire croire à la vendeuse qu'on est mince. D'où l'apparition d'un bourrelet graisseux plus ou moins prononcé qui vire rapidement au rouge, les veines capillaires se nécrosant (ah ben oui, mais mettez des bretelles!).
Le deuxième effet (pas kiss et pas cool) tien au fait que soit à la mode le baggy-trouser (littéralement pantalon-sac dont mon papa dit que c'est bien on peut se chier dessus sans attirer l'attention, bref...) dont les jambes bouffantes empâtent notablement la ligne de la cuisse, effet amplifié par le port obligatoire de chaussures atalonnes (a- privatif parfaitement) de marque américaine que l'on traduit approximativement par "Va te faire foutre". La femme alors se transforme en un animal mythologique moderne : la Sirène Boyardesque : mi femme, mi Passepartout.
Enfin ces animaux étranges que sont les mannequins ont réussi à convaincre nos compagnes que toute une chacune peut leur ressembler. Sans m'énerver, je répondrais que ces gonzesses là, à part être belle, elles n'ont RIEN A FOUTRE, ce qui porte à croire que la beauté est un travail à plein temps. Ainsi les femmes se sont ruées sur les produits à 0% (Arrrrh, je les hais, je les hais.) et les conseils diététiques de Prima. Elles se goinfrent de poulet vapeur, de colin vapeur, de carottes vapeur (c'est plein de sucre, mais bon), de colibris vapeur (salamis ? Brocolis !).
Et puis ? Et puis c'est tout. Elle nous font une méchante carence en protides, la graisse ne bouge guère mais le muscle s'atrophie, se recroqueville. Elles perdent le statut de femmes, elles gagnent celui de cierges, tout en suif (mais apparemment minces, hein.) avec une mèche au milieu. Le résultat je l'ai devant moi (ah oui, je suis en direct Cognac-Jay, je fais mon intello à la con.). Cette jeune femme au visage charmant est l'heureuse propriétaire d'un cul plat, et large néanmoins, enserré en haut, puis invisible et rétracté dans le baggy taille basse. Un cul invisible mais dont on devine qu'il pendouille. Un cul honteux de lui-même, un cul renfrogné, un cul introverti : un triste cul.
Alors, dans ma lutte sacrée en faveur de la fesse arrogante, de l'arrière-train bien plein, du popotin voluptueux, je parodierai Les Funérailles d'Antan de Brassens dans un hymne vibrant aux miches amicales :
Mais où sont les arrières-trains d'antan ?
Les bons gros pétards, gros pétards, gros pétards, gros pétards de nos grand-mères
Sillonant les rues en ballotant,
Toutes ces belles fesses, belles fesses, belles fesses, belles fesses rondes et prospères.
La main y trouvait tout son comptant :
On les tâtait, les palpait, les pinçait, on tripotait leur chair.
On ne les reverra plus, oui, ils ont fait leur temps
Tous ces gros popotins, popotins de naguère.
Ils ont tous disparu, et c'est bien attristant,
Tous ces bons gros valseurs qu'avaient nos grands-mamans.
En vérité je vous le dis, dans notre quête de la beauté, en perdant des fesses, nous avons tout perdu.
21:15 Publié dans Science et technique | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
jeudi, 11 août 2005
Ca c'est ben vrai ça.

Liste de ce qui m'incite à grommeler quand je suis tranquillement devant la télé à attendre pendant cent mille ans l'arrivée de mon programme.
Quand je corrige une copie, j’ai deux terribles lettres qui sonnent le glas de la moyenne de l’élève qui les récolte. Les deux lettres ultimes du prof de français, ma guillotine à moi : HS. Hors sujet. Les deux lettres auxquelles j’ai tenté d’échapper, étant étudiant, par une logorrhée avenante et séduisante qui cachait mon manque de travail et incitait mes professeurs, séduits, à me pardonner (c’est ce que j’essaie de vous faire croire, hein, j’étais un excellent étudiant, la preuve, j’ai mis moins de six ans pour avoir ma licence, presque.).
Aujourd’hui, j’ai honte d’avoir usé de tels subterfuges car ils me reviennent dans la tronche avec force. J’ai regardé « L’aveu » de Costa-Gavras et j’ai trouvé de nombreux points communs entre la dialectique stalinienne (d’un point de vue uniquement langagier, soyons clair) et … et… ? la publicité. Ben oui. La publicité et ceux qui la font ont le talent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, de nous mentir, sans vraiment nous dire des mensonges, ou plutôt en nous faisant croire que tout est presque vrai.
Deux publicités sont particulièrement frappantes ces derniers temps :
- Bip au vrai goût de crabe.
- Une boisson pour les femmes à 0% de calories.
Analysons ensemble.
« Au vrai goût de crabe » montre qu’il y a un faux goût de crabe. Par exemple, le goût d’asperge est un faux goût de crabe. Renvoyez votre crabe s’il sent l’asperge, n’hésitez pas. Donc un vrai goût de crabe, c’est un goût de crabe qui a le goût de crabe comme le surimi au goût de crabe ou un préservatif au goût de crabe (pour les gourmettes.). Donc ici « vrai » veut signifier « naturel ». Ce qui est faux. Sans quoi on aurait dit : « avec des morceaux de crabe ». H.S.
Il y a aussi les radasses au petit cul moulé et au nez superbe qui veulent faire croire au monde qu’il suffit d’utiliser un produit pour leur ressembler (si c’est pas de la salope patentée ça. Est-ce que je dis qu’en mangeant du saucisson on devient aussi intelligent que moi ?). Ceci dit, elles rigolent comme des folles parce qu’elles boivent une boisson gazeuse avec 0% de calories (et donc qui rend mince... C'est simple, ces derniers temps, plus tu bouffes, plus t'es mince.). Les connes. Donnez moi donc votre poids, votre taille, vos mensurations en pourcentage. (Tiens une bonne blague : « t’as combien de couilles ? 100 %. Ah Bon, t’en a trois aussi ? ») La calorie (qui n’existe plus depuis longtemps) est une unité de mesure. Une unité. 0% de calories, c’est aussi con que 0% de mètre ou de tonne. H.S.
Alors je pose une première question : nous prend-on pour des cons, ou les publicitaires sont-ils des abrutis ?
J’ai le choix entre deux réponses.
Les publicitaires sont des abrutis. C’est la plus rassurante.
On nous prend pour des cons. Outre la honte que je puisse ressentir pour ce qu’on pense de moi, j’imagine le niveau de cynisme qu’ont atteint les créatifs des agences pour faire cela exprès, mais bon faut faire son trou, hein ?
12:04 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (58) | Envoyer cette note