samedi, 03 septembre 2005

Y'a pas de raison !!!

Moi aussi j'ai le droit d'avoir un pot de caste.

Même si le son est pourri plein de souffle.

Même si je passe de la voix du schtroumpf farceur à celle de Barry White.

Même si j'arrive pas à le mettre dans le corps de la note et que je suis obligé de le localiser à droite.

Même si j'ai rien à dire.

Moi aussi j'ai le droit d'avoir mon peau de kast.

Vous allez en chier.

jeudi, 01 septembre 2005

Lost

Listes des envies qui peuvent venir quand on reprend le travail d'une façon un peu trop brutale (avec deux sucres pour moi, merci).

 

 

 

Je me sens seul d’une extrême solitude et pourtant la salle est pleine tandis que notre chef d’établissement nous débite à l’aide d’une syntaxe approximative son laïus de prérentrée. Ce n’est guère le contenu de ce discours qui me désole bien qu’on y dépeigne l’équipe pédagogique comme un agrégat d’incompétents, de feignants, d’empêcheurs de tourner en rond et de gros enculés (je m’emporte un peu. En effet, le mot « gros » n’a pas été employé). Cette verve bilieuse ne me touche guère, je ne l’écoute qu’à moitié, parce que sinon comment tu voudrais que j’écrive pour le blog en même temps, eh con.

 

Le deux collègues qui m’entourent sont sympathiques, avenants et nos relations sont cordiales voir plus certain soir où ivres de vin nous avons conduits une voiture virtuelle assis sur des chaises au milieu d’une rue de notre ville. Cependant leur proximité ne peut me sortir de mon isolement. Ils ne peuvent comprendre celui-ci, qui est moral et dont la cause principale est le retour au travail. Bien sûr on s’outrera : « Quoi ? Voilà t’il pas une feignasse de prof qui a deux mois de vacances en été et qui fait sa chochotte quand il s’agit de retourner à son boulot à la con ? »

 

A ceux-là je répondrais de soigner leur vocabulaire, d’une part, et de me laisser finir d’autre part, c’est très impoli de couper les gens comme ça. Car la reprise du travail m’emplit d’une intense joie. Mon naturel cruel se délecte à l’idée de pouvoir à nouveau tirer des oreilles, humilier des cancres ou crier à en déchirer des tympans juvéniles. Ce métier est une bénédiction pour un méchant homme.

 

Simplement, la reprise du travail implique un changement de rythme brutal, radical. Et donc ce matin au lieu de trainasser dans mon lit en lisant distraitement quelques pages de Vargas-Llosa, j’ai du me lever  avec vigueur, les yeux épaissement encroûtés de sommeil. Finis les réveils naturels, il faut maintenant trouver le précieux adjuvant aux levers en fanfare : le voilà, noir, fumant, épais, le café, le caoua, le petit noir, la mixture revigorante universelle, le Graal des petits matins grognons.

 

Dans ma cuisine, j’ai ingurgité deux mugs d’expresso. Arrivé au boulot, j’ai enchaîné avec cinq tasses d’un pur arabica de type pisse d’âne que j’ai bu non pas parce qu’il était bon, mais parce qu’il était gratuit et que dans ces cas là, il faut  pas gâcher. J’avais oublié que si le café possède des vertus, il a aussi un vice.

 

Une demi-heure après, la solitude me tombait sur le coin de la figure.

Alors que nous étions religieusement en train d’assister à la réunion plénière, mes intestins se sont tordus.

Et là, je suis seul au monde avec mon énorme envie de chier.

Alors ces discours de l’autre abruti de mon chef, tu parles bien que je m’en fous.

lundi, 29 août 2005

L'Angoisse, l'Univers, la bonne et moi

medium_dsc00862.jpgListe de lois physiques et de théorèmes abstraits m’amenant à une angoisse métaphysique voire des douleurs gastriques (ou alors c’est les moules qu’étaient pas fraîches).



Nous avons chacun nos phobies, nos angoisses, cette part primitive de notre être qui ne sait pas raisonner, une faille à notre armure. Ma compagne ne peut pas supporter la vue d’une araignée, animal qu’elle juge sale, poilu et méchant ( et après elle dit qu’elle m’aime, faut pas chercher à comprendre des fois). Je connais un claustrophobe pour qui la perspective d’un voyage en ascenseur est un véritable calvaire. Il existe des gens qui ont peur de l’avion, des espaces ouverts, de la foule, de la maladie, il est, paraît-il, des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril, quoique cette dernière assertion nous éloigne un peu de notre sujet.



Quant à moi, je suis thermodynamicosecundolexophobe. C’est plus fort que moi et c’est très difficile à prononcer : je n’arrive pas à maîtriser l’appréhension qui m’envahit à l’évocation de la deuxième loi de la thermodynamique. Certes, la cohorte des pousse-choucroute (je trouve ça assez joli comme insulte) levant au ciel un regard désabusé, grommellera : « et c’est la raison pour laquelle il nous défèque un carillon ! » Certes car cette diablesse de loi et partout, et j’avoue qu’elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde vous dis-je.



Que nous apprend cette loi ? Simplement que dans tout processus spontané, le désordre (ou entropie pour les intimes) augmente, ce qui n’est pas si anodin qu’il n’y paraît. Dans notre vie quotidienne, les conséquences sont énormes puisque tout cela signifie que l’on sera toujours obligé de faire la vaisselle, qui se salit spontanément mais ne se nettoie jamais. Il en est de même pour la literie, les tiroirs du bureau, les vitres, le sol, etc… Si bien que lorsque ma compagne, le cheveu en bataille et le plumeau au bout du fusil, après s’être échiné à faire briller notre logis, me regarde fièrement en affirmant « c’est tout propre », je lui répond avec lassitude « ça durera pas » en traînant ma flemme dans le canapé, parce qu’avec le temps va…



Mais cet aspect décourageant n’est rien au regard de la catastrophe cosmique qu’est cette putain d’entropie, car si nous pouvons faire le ménage chez nous, personne ne range quoique ce soit à l’échelle de l’Univers. D’ailleurs, SuperMan, au lieu de faire le beau en cassant la tête à des méchants, il ferait mieux de prendre une serpillière et de se mettre au boulot. A force de pas faire les vitres de l’Univers, dans, quoi… vingt milliards d’années, fini l’Univers, a plus l’univers. Et qui c’est qui aura l’air fin à s’être tartiné la gueule au placenta de porc pour avoir l’air plus jeune ? C’est bibi. Et moi je dis que c’est pas à ce moment qu’il faudra venir se plaindre, parce que cette fameuse deuxième loi de la thermodynamique, elle est pas tombée du ciel, hein, on a fait des études, on s’est cru malins, on l’a cherchée, on l’a trouvée, bien fait pour ta gueule, c’est ça que je dis ! Total : au lieu de copuler comme des fous dans le jardin d’Eden, on essuie les verres au fond du café.



Où voulais-je en venir ? Ah oui : je vous conseille Une Brève Histoire du temps de Stephen Hawking. Un super thriller cosmologique.

 

(Avant toute remarque désobligeante, la photo n'a rien à voir, mais c'est un cadeau de ma chérie pour ma rentrée. C'est gentil, non ? Non? je suis d'accord. Ndlr)

samedi, 27 août 2005

Dis papa ?...

Liste de questions à absolument éclaircir avant de mourir (mais si vous pouviez faire ça avant la fin du week-end, ça m'arrangerait.).

 

 

Où est le centre du monde ?

Pourquoi les femmes de nos amis sont-elles toujours plus belles que les nôtres ?

Qui a eu l'idée d'inventer la mayonnaise ? Comment ? POURQUOI ?

Où sont les flèches de l'arc-en-ciel ?

Qui qui qui sont les Snorkis ?

De quoi est-ce qu'on est fait, en définitive ?

Dieu est-il schizophrène ?

Qu'y a-t-il d'intéressant dans les making-of ?

Pourquoi Trois Mousquetaires ?

Comment se fait-il que sur mon bureau il y ait huit paires de ciseaux et onze règles ?

Qui a tué Harry ?

Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ?

L'univers peut-il être fini sans pour autant posséder de limites ?

Comment ça va ?

mercredi, 24 août 2005

Je veux pas y aller !!!

Liste des symptômes normaux chez l'enfant en ce moment et donc propre à rassurer les parents soucieux de la santé de leur bambins (feriez mieux de pas leur donner des bonbons à tous les repas.).

 

 

C'est la semaine de l'angoisse. Pauvres parents, réveillés au beau milieu de la nuit par les cris de peur du petit qui vient de cauchemarder, obligés de rester à ses côtés jusqu'aux prémices de l'aube pour le rassurer, je compatis. Je vous soutiens. Mais c'est la semaine de l'angoisse. La terrible semaine qui précède la rentrée.

 

A l'horizon, l'inconnu d'un nouvel environnement, au présent, dans les songes des marmots les péripéties les plus improbables défilent, malfaisantes et cyniques. Le petit Kévin se rêve la cible de cruels lazzis et, stupéfait découvre qu'il est venu en classe chaussé de pantoufles : il sait que son seul ami cette année ce sera le prof qui sent mauvais dans la bouche. Paméla-Rose, elle, s'est réveillée en sursaut, dégoulinante de sueur, après qu'elle eut constaté que son cartable ne contenait que ses affaires de plage et qu'elle ne pouvait suivre le cours de la Mère Tapedur. Enfin, Jesse-James* a pleuré sa mère toute la nuit parce que dans son cauchemar, il était le seul à ne pas avoir fait le devoir de japonais qu'on demandait pour la rentrée et que commencer l'année par huit heures de colle tous les mercredis, c'est pas chouette, ah ça non alors.

 

Et bien il faut croire que l'école conserve. Je fais ma rentrée en avance cette année. Et je vais vous apporter la preuve que ces vilains rêves ne sont pas le fruit d'une sensibilité exagérée, d'un manque affectif, ou d'une mauvaise image de soi. Non, c'est la faute à l'école. La veille de la rentrée, on fait un cauchemar, c'est comme ça, et bien que mon blog ne soit pas un blog érotique, vous y ouïrez néanmoins (je participe au concours du style le plus affligeant, vous inquiétez pas.) le récit de mes derniers souvenirs noctambules.

 

En voyage chez Morphée, je me trouvais donc plongé dans l'ambiance survoltée d'un concert, et pas des moindres, puisqu'il s'agissait du retour tant espéré de Dorothée sur scène. Les spotlights, les neonlights, les sunlights, les flashlights, toutes les lights enfin retouchaient l'obscurité de leurs pinceaux de lumière hystériques (je fais aussi le concours de l'image poétique la plus improbable.). Sur la scène, tandis que l'orchestre jouait piano, une poursuite vint se fixer brutalement sur un pied où trônait une superbe Stratocaster bleue.

 

Descendant des cintres, une voix, lourde comme une très gros morceau de plomb (et le concours de la comparaison la plus inadéquate, j'avais failli oublier.) - certainement celle qu'utilisa Dieu pour ordonner à Abraham de lui sacrifier son fils unique (avant de raccrocher, parce que c'était une tellement bonne blague que le Fils Et le Saint-Esprit étaient pétés de rire.)- une voix d'outre-Ciel nous annonça: " Et maintenant, mesdames et messieurs, pour le première fois sur scène. Il nous fait l'honneur de tenir la guitare solo de Dorothée. Un triomphe s'il vous plaît pour Môôôssieur PhiLLIIIPE DOUSTE-BLAZY !!!"

 

Gainé de cuir, il est monté sur scène, a plaqué un énorme accord sur la strato, distors au max, pédale wawa hystérique, faisant hurler la foule.

 

 C'était l'intro de "Allô Allô, Monsieur l'Ordinateur."

 

La semaine de l'angoisse je vous dis.

 

 

[*authentique]