lundi, 10 octobre 2005

Les bushmens racontent-ils des histoires salaces ?

medium_zapette.jpgListe d'arguments propres à nous faire prendre en compte la sérieuse hypothèse que sous des dehors bonhommes, les peuples premiers sont finalement rien que des assistés qui vivent à nos crochets plutôt que d'aller à l'usine ces salauds là.

 

 

 

 

La Grande Guerre de la Zapette Vespérale bat son plein. L’offensive de Machine me contraignait jusqu’alors à supporter dans l’ordre : les péroraisons de Juju Lepers qui fait croire qu’il connaît toutes les réponses alors que c’est vrai puisqu’elles sont écrites sur ses cartons, les marronniers quotidiens du journal régional aujourd’hui en direct de Chaumercenne, Haute-Saône, et ses accidents qui ont presque fait un mort, l’édition nationale-la-voix-de-son-maître du 19/20.

J’ai réussi à convaincre Machine de zapper pendant ce dernier épisode de l’Abominable Début de Soirée et Après Tu t’Etonnes Que Je Sois Sur Mon Blog. J’eusse voulu que dégageasse le journal en entier, mais autant les séismes indiens laissent froide ma compagne, autant l’inauguration du rond-point Guy Roux à Vaucresson, ça la passionne. Une fois que je l’eut convaincue, il fallut bien que j’imposasse mon programme (désolé pour les subjonctifs imparfait, mais j’ai eu un stock pas cher, plus personne les utilise) et je choisis le documentaire d’Arte.

 Non pas qu’il me passionne, mais ce programme étant culturellement défendable, contrairement à la masse des autres productions, il me permet d’arborer dans mon couple un masque pseudo-intellectuel légèrement snob qui me permet de me hausser sur un piédestal conséquent et donc par ricochet d’être follement désirable, de mépriser les choses du vulgaire et de baiser quand j’en ai envie et si j’en ai envie et comme ça je n’ai plus l’air d’un éjaculateur précoce mais d’un pur esprit qui a autre chose à faire c’est vrai, quoi.

Or ces documentaires m’ont ouvert les yeux sur des horizons jusque là inconnus. Non pas sur les pays qu’ils explorent et les rencontres avec les peuples qui les habitent. Non, ça j’en ai franchement rien à cirer d’autant que le temps de s’y rendre en hors saison combien tu paries qu’il y a un tremblement de terre qui va te l’éradiquer sous six mètres de boue ta civilisation de pègreleux ? Par contre j’en apprends un bout sur les réalisateurs de documentaires et leur capacité innée à pimenter leurs reportages de poncifs tout à fait jubilatoires.

On peut s’attarder sur l’osmose par exemple. Tous les peuples plus ou moins primitifs qu’on nous dépeint vivent en osmose.Ainsi, les fiers ex-guerriers et néo-alcooliques des steppes du Kialeboukistan entretiennent une relation symbiotique avec le yaourt dont ils tirent nourriture, vêtements et armes. De même les Mapotos vivent en osmose avec le poisson-chat à tête plate duquel ils tirent nourriture, vêtements et armes, ce qui explique que le cri de guerre  de cette tribu de l’âge de pierre soit « Akawédétolo », ce qui signifie approximativement « allez les gars, piquons leur les fesses ».

Il y a aussi le passage obligé nous démontrant la sauvage beauté du paysage aux éclats rougissant d’un soleil qui se meurt, le passage le plus apprécié de tonton Roger qui fait presque aussi bien avec son caméscope sauf qu’on voit la déchetterie (à chaque fois, hein ? Même à Corfou, il a pris le soleil couchant ben, paf, une déchetterie qui se la radine en bas à gauche).

Il y a enfin, il y a surtout, la séquence sur les travaux des champs (ou sur la préparation d’un plat typique, ou sur une kermesse locale, des trucs de gonzesse quoi) qui est rythmée par le chant venu du fond des âges que la doyenne de la tribu entonne d’une voix légèrement éraillée. Tandis qu’elle laisse s’échapper cette mélopée antique, sa tête se relève et fixe un point vague du ciel, il semble flotter dans l’air un lourd parfum de traditions, des fantômes se joignent à son chœur…

Et si ça se trouve, ce qu’elle chante c’est « un jour la p’tite Huguette, tripote-moi la bite avec les doigts… »

Alors après qu’ils viennent pas se plaindre de voir dénaturées leurs traditions à la con, merde.

 

vendredi, 07 octobre 2005

Imagine all the people...

Liste d'explications de ma mutance actuelle.

 

 

 

Imagine. Imagine un coin de campagne de notre beau pays avec un collège au milieu. Imagine un paysage fait plus de champ et de nationale que de forêts où les voitures passent vite vite parce que le paysage suinte tellement l'ennui. Imagine. Imagine que tu serais employé à l'éducation nationale.

 

Imagine un gamin de quatorze ans, l'air bête et les boutons naissants. Imagine qu'il aurait fumé, trafiqué, roulé du hash, de la beu en voyage pédagogique. Imagine qu'il ne serait pas le seul, mais qu'il ait été trop bête pour ne pas se faire prendre. Imagine que tu l'entendes te raconter sa pauvre vie de gamin perdu. Imagine que la seule solution possible soit de le virer.

 

Imagine une cour avec tout plein de gamins. Tous différents. Imagine que les grands d'un mètre quatre-vingt isoleraient un bout de chou de vingt kilos contre un mur. Imagine qu'ils le terroriseraient doucement, patiemment. Imagine qu'en parlant au petit, il reste désespérément muet pendant que les larmes coulent sur ses joues. Imagine qu'il ne puisse même plus te regarder en face.

 

Imagine que les parents d'un enfant de sept ans viendraient au collège. Imagine que leur enfant aurait été tabassé par quatre élèves de l'établissement. Imagine que ton chef d'établissement les accueille en leur disant que hors du collège rien n'est de sa responsabilité, au revoir, merci.

 

Imagine bien tout ça. Et maintenant mesure le bonheur que peuvent t'apporter tous ces élèves pour que tu restes là-bas, dans ce collège, au milieu d'un paysage qui suinte tellement l'ennui.

samedi, 01 octobre 2005

Le mieux disant du moins disant (ou l'inverse si t'es gaucher).

Liste dont j'ai tellement honte que je dirai même pas de quoi elle parle parce que ça pourrait dégouter mes lecteurs et que le truc choquant est tout à la fin, on sait jamais, vous pourriez lire le premier paragraphe(et je demande encore pardon à mes lecteurs, ainsi qu'à mes parents qui ne m'ont pas élevé comme ça, j'ai juste pas pu me retenir).

 

 

En ce jour de la Saint Jérôme, deux qui le tiennent, trois qui l’arôment, je vous le dis mes biens chers frères, nous vivons les dernières heures de l’ère industrielle. Il est fini le temps où l’ouvrier allait pointer à six heures à l’usine. Le constat est parfois dur, mais la machine l’a remplacé. Nous vivons les dernières heures de l’ère industrielle et nous entrons de plain-pied dans celle des services.

 

L’homme aujourd’hui ne vend plus sa force de travail, il marchande sa capacité à venir en aide à son prochain. Et si les annonces publicitaires sont crédibles, c’est un sacré incompétent, l’homme susdit. Car enfin les chiffres parlent d’eux-mêmes (j’aurais pu faire une carrière politique, non ?). Il y a encore deux ans, quand je m’abonnai à l’ADSL, le contrat type était de 20 euros environ pour un contenu quasi illimité.

 

Aujourd’hui,à la pub, le mieux disant est arrivé, qui me promet l’ADSL, le téléphone, la télévision et le tout pour la moitié du prix de mon abonnement. Et si t’es pas content, pas de problème, on t’offre trente minutes gratuites de hot-line. Merveille. Bonheur. Tropiques. Vahinés. Daïquiri.

 

Enthousiaste devant mon écran télé, j’ai tapé dans mes mains en voyant ces offres. Je ne m’y abonnerais pas. Pas tout de suite. J’attends un effort commercial.

 

Je m’abonne si on me suce.

 

Oh et puis non.

 

Je m’abonne si on me suce et qu’on avale.

 

(pardon)

 

mercredi, 28 septembre 2005

Un train plein de SS.

Liste des raisons qui me poussent à ne pas oublier mon casque lourd quand j'utilise les services de la SNCF. 

 

 

Sceptique, cartésien et quadricapillosécuteur, j'ai une forte tendance à me méfier des généralités dans tous les domaines et notamment dans celui des transports. Par exemple, en général l'avion vole, c'est pourquoi je ne le prends pas et l'actualité me donne raison. Du moins c'est l'une des raisons, les suivantes étant le manque d'argent, l'absence assourdissante d'aéroport dans mes environs immédiat et le néant total d'endroits où partir alors qu'on est si bien chez soi à regarder les voitures du garage Peugeot en face. En général l'avion vole, donc je prends le train. Raisonnement implacable.

 

 

 

Je ne prends pas le TGV, bien entendu, puisqu'il s'agit d'une sorte d'avion sans ailes qui chanterait toute la nuit...Pouf pouf. Je ne prends pas le TGV, bien entendu, puisqu'il s'agit d'un sorte d'avion sans ailes qui, en général, ne vole pas, mais on ne sait jamais. De plus, il faut, pour emprunter ce fleuron de la technologie ferroviaire française, faire une réservation et après si un gros con qui pue de l'oignon vient s'asseoir à côté de toi éh ben t'as pas le droit de changer de place c'est puni par la justice, donnez-moi votre carnet, vous me ferez deux heures de colle. Donc je prends le TER, appellation snobinarde pour "tape-cul", qui en général roule, comme quoi vous voyez bien que j'ai raison de me méfier des généralités.

 

 

 

Dans ces transports en commun, il me vient souvent à l'idée que le monde est mal fait (en général, hein. Ca marche pas pour moi.).  En effet, le luxueux TGV comporte des places assez larges finalement, et vos voisins de wagon vous tournant ostensiblement le dos, l'atmosphère y reste feutrée et de bon aloi. Le TER, lui, vous offre l'assise de banquettes montées sur ressorts pointus qui se font face. Et c'est la que je dis qu'il serait raisonnable d'obliger les gens qui prennent ces trains de faire une réservation, car quitte à voyager en ayant trois voisins directs, on devrait nous laisser le loisir de les choisir.

 

 

 

Les gens qui prennent le TER sont en général insupportables. Soit ils se taisent et font semblant de vous ignorer, soit ils disent des conneries. Soit ils tirent une tronche de trois pieds de long, soit ils rigolent comme des abrutis. Soit ils puent la sueur, soit ils sentent la cocotte. Et s'il n'y avait que ça. Mais regardez-les ces vicieux, ces sagouins au perfide regard quand ils s'asseyent. Au début tout va bien puis les cahots aidant, l'avachissement leur permet d'ourdir leur complot rotulesque. Car c'est bien lui, cet infime os triangulaire, qui insidieusement vient toucher votre jambe, puis progressant sournoisement s’introduit en direction de votre entrecuisse, vous obligeant à une retraite digne et discrète mais néanmoins humiliante.

 

 

Doucement, traîtreusement, à couvert, l’ennemi vous prive de votre espace. Il circonscrit votre territoire, il vous envahit les Sudettes du genou, il vous prive de votre Lebensraum ! Et voilà ! Vous pensiez faire Montereau-Rungis en une heure et vous vous retrouvez assis en face d’Hitler ! Encore une fois ! C’est pourquoi, de nouveau, et avec une ferme énergie (si, ma copine me l’a dit ce matin) je m’élève contre la gabegie qui fait qu’un service de la République accueille en son sein des ennemis de la Démocratie.

 

 

Villepin démission !

 

 

Rangez vos affaires, au prochain cours nous apprendrons à savoir comment on reconnaît un nazi dans une voiture.

 

 

vendredi, 23 septembre 2005

Vaches dans la brume.

Liste d'animal qu'on s'en méfie pas assez à mon avis et tout ça parce que ça a de beaux yeux alors que chez les femmes c'est exactement l'inverse et je trouve ça plutôt injuste.

 

 

Moi je vis un pays de lourde brume opaque

Un pays si mutin que parfois il se cache

Qu’on se croirait noyé dans du coton en lac

Si jamais dépassait quelque corne de vache

Louis SEMEUR (1902-1985)

 

C’est le quatrain automnal de mon trajet vers le travail, car sur les prairies éparses coule un épais brouillard. Il s’en faudrait de peu qu’on se croie sur les landes des Baskerville, un rien quelques oblitérations : celle par exemple des trente-six tonnes et des cent véhicules qui passent la nationale, de la voie de chemin de fer et des lignes haute tension. Une paille. Il y faudrait bien sûr quelque loup pour que nous tremblassions dans nos slips. Ils ne sont guère légion, mais heureusement nos campagnes recèlent des animaux bien plus féroces, à notre insu.

 

Réfléchissons et soyons objectifs : qu’est-ce qu’un loup, un tigre ou un lion ? Des griffes acérées et des crocs tout pointus qui piquent, servis par une musculature puissante. Oui, c’est vrai. Mais bof . Une fois que le dit fauve vous a sauté à la gueule, égorgé, déchiré, démembré et déchiqueté, que reste-t-il ? Une mort banale dans ces affres sanglantes, et puis basta.

 

Mais dans nos campagnes, tapis sous une apparence bonhomme, se cache l’animal le plus terrible de la création : la vache ! Tous ces prédateurs terribles que nous avons cités ne sont que des amateurs face à cet animal. La vache est ce qui se rapproche le plus du caïd de banlieue : elle mastique à longueur de journée, l’œil chafouin, et elle a un bonnet !

 

Souvenez-vous de vos cours de biologie : un être vivant normal mange puis chie. Mais la vache, nenni (à moins que ce soit le cheval). Elle mange, régurgite, mâche, régurgite et ce cinq fois d’affilée. Et ceci me permet d’affirmer que si, en lieu et place de roquets tapageurs, nous faisions surveiller nos maisons par des vaches de garde, les cambrioleurs y regarderaient à deux fois avant de pénétrer nos propriétés pour nous voler nos cassettes pornographiques (oui,d’accord c’est une allusion un peu personnelle). Il est déjà douloureux d’être mordu, alors imaginez : être mordu puis régurgité et mâché cinq fois, quel calvaire !

 

Ma vie de bâtons de chaises me vaudra certainement dans un lointain avenir (faut pas déconner non plus, j’ai des trucs à faire) de devenir l’hôte du Tartare des mythes pour avoir dérogé à une quelconque volonté divine (et puis quand ils veulent trouver, ces salauds-là, ils cherchent, on dirait des profs). Je me vois déjà, attaché à mon rocher, proie douloureuse d’un bovidé diabolique qui me régurgitera cinq fois le foie, tournant ma face mortifiée vers mon voisin de palier, un certain Prométhée, et lui lançant, fanfaron : « Minable, va ! »