jeudi, 26 mars 2009
Ils ne me font plus rire.
L'un fait la pub pour son film, l'autre fait la pub pour le sidaction.
L'un a commis une bouse infâme pour se faire du fric : il en a profité pour se payer trois salaires, celui de l'acteur, celui du réalisateur et celui du scénariste. A-t-il créé quelque chose ? Non il s'est contenté de reprendre ses sketchs. Il tire à la ligne pour que le tiroir-caisse marche bien, et c'est le cas, il vient de gagner tous mes salaires depuis mon entrée dans la carrière.
L'autre n'a plus vraiment d'actualité. Mais il s'engage pour une action caritative, il apparaît ainsi à la télévision pour demander au téléspectateur lambda de particper à une grande opération de solidarité nationale, voire plus. Il a trop de pudeur pour montrer comment il y participe financièrement.
L'un s'appelle Gad et l'autre Elie.
L'un affirme qu'il paye bien assez d'impôts enfin merde. L'autre dit que les gens qui ne participent pas à la grande foire du sidaction, qui ne donnent pas de sous ce jour là sont des "ordures".
L'un n'a aucun souci pour faire payer 48 euros son spectacle, somme que je paye pour me nourrir une semaine, ni pour faire payer plein pot une place de cinéma. Il produit un film concernant une caricature du juif parvenu qui finalement semble découvrir que les valeurs de l'amour familial sont plus importantes que celles de la réussite sociale. Un beau message humaniste à 50 % d'impôts, parce qu'au dessus, apparemment la solidarité devient un concept nébuleux, et cela ne fait plus rire l'humoriste.
L'autre insulte les gens. Je donne personnellement 1% de mon salaire chaque mois pour la lutte contre le sida. Je ne profite pas de cette cause pour gagner des sous sur mes impôts, quand on donne, c'est gratuit. J'estimais que tout cela me donnait le droit de passer à côté des grands-messes obligées de la bonne conscience. Non. Elie Sémoun a jugé que j'étais une ordure. En tant qu'ordure j'ai écrit à l'association que je supportais et j'ai dit qu'une solidarité comme celle-là ils pouvaient se la garder, que j'avais du mal à donner à des gens qui me crachent à la gueule.
Les comiques d'aujourd'hui ne me font pas rire. Ils sentent le moisi de la communication et de la promotion. Et quand ils se moquent dans leurs spectacles de la course à l'argent ou au pouvoir ils ne sont que la mise en abyme de leur propre situation. Non franchement, ils ne me font plus rire.
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mardi, 06 janvier 2009
L'internet, la com' et l'indifférence.
Je suis un assidu du blog d'Mry, depuis longtemps. Mry est un pro de la com', il ne le cache pas, il ne le dit pas non plus. Son blog est un blog de com', il ne le cache pas, il ne le dit quasiment jamais. Ce que j'apprécie chez lui c'est qu'il est toujours pile tendance pour moi, je ne suis pas trop en retard sur les buzz. Ces derniers temps, Mry s'essaie à Seesmic. Seesmic est un gadget qu'on utilise avec une webcam, on s'enregistre en impromptu, quand bon nous semble. Seesmic privilégie la réaction et le mouvement d'humeur à la réflexion. L'image est souvent mauvaise, le son médiocre, le contenu affligeant.
Mry a commis aujourd'hui ou hier un Seesmic intitulé "Gaza c'est local". Le fond du message est le suivant : il compare le conflit Israël-Gaza à un obscur problème au Congo dont il a entendu parler par un article dont il ne se rappelle pas les références. Il se demande pourquoi d'un côté le conflit est médiatisé et pas de l'autre. Il nous assène pour morale la phrase suivante : "ça demande (...) c'est pour ça que je veux pas me renseigner dessus, parce que c'est plein d'affect, (...) ça demande le calme.". L'indifférence comme mode de pensée, le relativisme plutôt que l'engagement.
Loin de moi l'idée de vouloir critiquer ce monsieur seul, il n'est que l'exemple qui me permet de mettre en exergue une tendance majeure de la blogosphère : l'enfermement volontaire et le traitement par l'indifférence de tout ce qui peut vous déplaire, vous dépasser, vous ennuyer. Les stratégies sont diverses pour arriver à cette fin. La plus banale est l'adolescent "je suis comme ça et rien ne me changera", il en est de plus fouillées : l'acceptation de toute critique sans y répondre ("merci" ou "tout le monde à le droit d'avoir son avis") ou encore la demande de précisions jusqu'à ce que l'adversaire s'épuise.
Ainsi chacun s'invente un monde dans lequel il est compétent. Cette compétence ne concerne plus que les savoir faire, les outils. Il devient plus important de maîtriser les techniques que de les utiliser. Il est plus important de faire une vidéo propre techniquement que d'y mettre un sens. Il vaut mieux dire une banalité en utilisant un widget quelconque ou un média nouveau que de développer de bonnes idées dans l'anonymat. La compétence technique est objectivement reconnaissable : on sait faire une chose ou pas. Par contre on peut toujours objecter sa subjectivité à la compétence intellectuelle.
Il est remarquable que dans un média "innovant", on se débarasse si facilement du but pour ne s'intéresser qu'au processus, qu'on privilégie la stratégie de communication au message. On utilise l'instrument parce qu'il existe sans se préoccuper outre mesure non pas de ce qui est contenu, mais du bien fondé de ce qui est contenu. On dégage tout "affect" ainsi, on se situe au-dessus de la mélée et l'on n'a plus à prendre en compte d'avis inverse puisqu'on est dans une objectivité personnelle qui exclut d'emblée toute contradiction. En résumé, si l'on a réussi à montrer son avis à beaucoup de gens, alors on a raison !
NB : sur le même blog un article intitulé " La bourde de Frédéric Lefèvre..." qui vient illustrer mon propos. Quelle est la bourde de Lefèvre ? Ne pas avoir dit que le web 2.0 c'est l'internet des réseaux sociaux (?) et de l'interactivité. Encore une fois rien sur le fond du discours de Lefèvre (qui mériterait pourtant réflexion) la compétence technique le dénigre. Le journaliste l'a bien compris qui pose - regardez sa mine réjouie- une question minée.
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vendredi, 12 décembre 2008
Un point à faire.
Si un blog a une utilité, quelle est-elle ?
21:50 Publié dans Ethique en toc | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mardi, 27 décembre 2005
Poete moins fort...
Listes de trucs parce que ce soir j'ai franchement pas la forme, et ce truc de faire des sous-titres, c'est franchement gonflant, je sais bien que c'est moi qui ai mis ça en place mais quand même vous exagérez.
Tout brinquebalant qu’il soit, mon véhicule automoteur est équipé d’une merveille technologique que l’on nomme communément poste auto-radio et dont la principale qualité est de recevoir des émissions radiophoniques sans que j’aie à payer. Ainsi, pendant les longs trajets, un simple appui sur un bouton permet de balayer l’ensemble des stations en modulation de fréquence et d’arrêter mon choix sur la plus pertinente à l’humeur du moment. Au cours de ces recherches, j’ai souvent l’occasion de m’intéresser à une station de musique de jeunes.
Ainsi, je parviens à garder le contact avec mon auditoire quotidien, en écoutant la nouvelle chanson française. Entendons-nous bien, je ne glose pas ici sur les Delerm et autres Bénabar, icônes parnassiennes des vieillards adolescents (35 ans environ). Non, je parle des vrais jeunes chanteurs qui expectorent vraiment de la vraie musique pour vrais jeunes, le genre à mettre le mot « trop » à toutes les sauces. Et j’ai trouvé, j’ai trouvé une nouvelle science humaine : l’Economie Poétique.
Elle était en branle (je vous en prie) depuis les merveilleuses (qui peuvent être admirées) paroles de la comédie musicale Roméo et Juliette que je vous rappelle en passant :
Aimer, c’est c’qu’y ad’p’us beau
Aimer, c’est voler plus haut
Toucher les ailes des oiseaux
Aimer, c’est c’qu’y ad’p’us beau.
Nul doute que l’immortel barde de Strafford sur l’Avon, du fond de sa tombe, ne verse une larmichette ou une gerbe va savoir.
Certes, cette énumération philosophico-métaphorique eût pu être prolongée par d’autres vers inoubliables du style :
Aimer, c’est pisser dans l’eau…
Ou mieux :
Aimer, c’est faire du vélo,
Aimer, c’est met’ l’grand plateau,
Rattra-per Bernard Hinault,
Aimer, c’est faire du vélo.
Le fait remarquable ne tenant pas dans le message, (y en a pas) il réside dans le fait de convoquer encore et toujours la même rime.
Cette école de la rime unique fait florès comme le prouve le dernier et remarquable opus de la divine (je dis divine parce que sur les photos elle est floue avec des gros nichons et des trucs qui brillent autour) Tina Aréna :
Aimer jusqu’à l’impossible.
Aimer se dire que c’est possible.
Aimer, etc…
Bien sûr il manque quelques rimes : imprévisible, incessible, imputrescible, impassible, inadmissible…et l’on notera le merveilleux oxymore à la rime qui joint deux mots de la même famille, ce qui ferait venir un ulcère à Boileau, mais heureusement il est mort le bougre.
Cet oxymore n’est pas sas rappeler le sublime :
Et l’on s’aimera encore
Lorsque l’amour sera mort.
Du superbe et brushingué poète qui était le frère de Dalida (je dis ça à l’œil).
Résumons : deux chansons, deux rimes, un thème. Cela prouve que la poésie est elle-même touchée par la rentabilité. Pourquoi se faire chier la bite avec pleins de rimes là où une seule suffit ? Et les autres ? Ben elles iront pointer au dictionnaire de rimes, y’a pas de raison. Je vous le dis tout net, foin des bocks et de la limonade (oups, faute de goût), il faut bien venir à un vocabulaire qui parle aux gens comme ils parlent, c’est bien plus efficace, il faut causer comme tout le monde et les rimes qui marchent sont « aimer, amour, cadeau, peur, cœur ». C’est cette réforme de la poésie que nous appelons de nos vœux afin de bouger, parce que je vous le dis, en vérité, si on se met à faire de l’Aragon, on va pas tarder à délocaliser en Corée du Nord.
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dimanche, 27 novembre 2005
La poésie j'aime d'amour.

Liste de vers et de raison d'être prof.
J’avais le temps. J’avais l’intimité. J’avais à mes côtés une enfant amoureuse, amoureuse comme on ne l’est plus jamais par la suite, parce que ces amours ne comptent guère, parce qu’ils ne sont pas graves donc forcément heureux. Une amoureuse reprenant de pâles vers sur une feuille pour se rappeler celui qu’elle s’entraîne à aimer. J’ai pris la feuille, et j’ai écrit.
« J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends »
J’ai mis le nom de l’auteur parce que la beauté a souvent un propriétaire, même si on se l’approprie. Et elle m’a dit : « c’est beau ». Simplement.
Alors j’ai repris son bic et j’ai écrit.
"Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus lègère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.
Ô traverse les murs, s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans, couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort."
Pas tout entier parce que j’avais oublié un peu. La beauté aussi on peut l’oublier. Elle a lu, elle n’a rien dit et j’ai eu l’impression que les mots peut-être dépassaient les sentiments. Nous avons attendu un moment, juste le temps que la magie opère, un long moment, et puis elle m’a demandé « un poème monsieur, avec de l’amour, mais sans que ça fasse mal, tranquille. »
Alors j ai écrit les paroles de Saturne de Brassens.
Et j’ai réalisé que ces textes ne servaient pas à rien, qu’ils pouvaient redevenir, quotidiennement, bêtement, un porte parole, j’ai redécouvert leur pouvoir d’accompagnement. Et je suis bien content de savoir que dans un coin de ses carnets il y aura les plus grands poètes du monde. A côté de M.Pokora.
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lundi, 20 juin 2005
Une mouche peut pêcher.
Liste des différentes raisons qui expliquent que je travaille dans l'Education Nationale plutôt que dans la police municipale.
Le soir, j’aime bien suivre, d’un œil distrait, la série New York section criminelle, entre deux cavalcades sur Canal Plus (Les chevaux c’est ma grande passion).C’est l’histoire de deux flics normaux, mais à vrai dire vraiment très normaux, ce qui est l’apanage de la série policière américaine. Les séries européennes quant à elles mettent en scène un flic tout seul (on n’a pas les mêmes budgets), normal, mais normalement normal. Et puis le flic européen a une famille tandis que le flic américain a des états d’âme.
Dans cette série admirable, deux enquêteurs vivent de passionnantes aventures de viols et de meurtres : un homme joué par Vincent d’Onofrio et une femme jouée par on s’en fout c’est un faire-valoir. Car en effet c’est le moutonneux Vincent qui fait tout le boulot pendant que l’autre feignasse fait rien d’autre qu’à être scandalisée. A cet effet, notre héros a une méthode toute personnelle : pendant l’inévitable interrogatoire, il parle au suspect d’un air candide, les yeux dans les yeux, tout en se cassant en deux vers l’avant et en penchant la tête sur le côté. L’assassin le plus féroce est vite déstabilisé. A tous les coups. Il avoue donc en pleurant sa mère.
Permettez-moi d’ailleurs d’ouvrir une parenthèse et de vous signaler que je suis le Vincent d’Onofrio du boulot. Je me plante devant un gamin, je me casse en deux, je penche la tête sur le côté et là il craque. Il me récite le nombre Pi jusqu’à la vingtième décimal en pleurant sa mère. D’accord, j’enseigne le français, mais il me semble que la méthode est porteuse d’espoir.
Revenons à nos moutons ou plus exactement à nos mouches puisque c’est de cela qu’il s’agit. Ce diptère trop commun est un monument d’inopportunité comme l’été commençant nous amène à le constater. Quiconque a tenté de profiter de la sieste de quatorze heures pour tenter de lutiner doucement sa compagne tandis qu’au plafond vibrionne une énorme mouche à merde qui sous prétexte de son armure verte brillante se prend pour un chasseur zéro attaquant Pearl Harbour, quiconque a connu cet intense moment d’agacement qui transforme la complicité la plus forte et la plus érotisé en engueulade monstrueuse consistant à savoir qui doit sortir la poubelle, quiconque s’est retrouvé la bite en berne et suant de colère à ce moment-là me comprend.
Et bien, j’ai découvert que cet animal est aussi vicieux, méchant et têtu comme un âne. Tandis que je vous concoctais l’autre jour une note flamboyante (je dis ce que je veux, je suis chez moi.), deux mouches vinrent s’ébattre dans mon voisinage. Il était évident que l’une d’elle avait l’œil égrillard et contemplait avec envie les formes avantageuses de sa partenaire ; hélas (pour lui, moi je m’en fous, c’était pas du tout mon type) cette dernière restait de marbre face aux avances dont elle était la cible. Quelle ne fut pas alors ma surprise horrifiée quand le mâle sauta sur sa partenaire, la clouant au sol, lui bloquant les ptères, dans le but manifeste de la violenter.
N’écoutant que mon courage, j’attrapai le criminel insecte et le regardai dans les yeux (j’ai un peu louché devant toutes ces facettes mais baste.) et lui hurlant à la face qu’il n’était qu’un monstre, une abomination, un rebut de l’humanité, un caca boudin.
Croyez-le où non, mais l’animal resta placide et je ne suis pas assuré qu’il n’avait pas un sourire au coin de la trompe.
L’entrevue dura longtemps pendant laquelle je fis pression pour lui faire avouer son crime, exprimer quelques remords. Mais avec un sang-froid imparable, la mouche me tint tête si bien que je la laissais finalement partir.
Et là je pose la question : il est où Vincent d’Onofrio quand on a besoin de lui ?
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dimanche, 15 mai 2005
Avoir les qualités de ses défauts, c'est pas ça qui console.
Liste de trois de mes défauts (pas plus, parce qu’il ne faut pas éxagérer.)
J’ai été condamné, mais je tiens à le crier à la face du monde : « je suis innocent. » Tellement innocent même que j’ignore en fait de quoi je suis innocent. Le jury était partial, le juge était vendu, la presse était subjective. Je n’ai commis que le délit de sale gueule ; on m’a jugé sur la couleur de ma peau, c’est dégueulasse, même si c’est vrai que ce teint rouge-violacé n’est pas joli.
Oyez donc : le sieur STV s’est senti insulté et m’a condamné de façon inique à décrire par le menu sur mon propre blog trois défauts que je me reconnais où que l’on me reconnaît. Amen. Qu’il en soit donc ainsi. Roulez tambour : mesdames et messieurs, sans filets ni aucune protection et devant vos yeux ébahis, le temps de me trouver une plaie et je me retourne le couteau en son intérieur.
Mais qu’on m’autorise un léger préliminaire monsieur le président, monsieur le procureur, mesdames et messieurs les jurés. Sachez que je m’engage avec une solennité extrême à ne pas sucer la roue du peloton des faux-culs qui transforment une qualité en défaut par le truchement du seul mot « trop », de ceux qui pensent qu’ils sont trop perfectionnistes ou trop naïfs, voire trop généreux. Ah la vilaine troupe dont pas un n’avouera jamais qu’il pue de la gueule ou qu’il a la bite en pointe.
Recentrons-nous sur le sujet, messieurs les jurés, et d’une : je suis une feignasse. Oh, je vous épargnerai les envolées lyriques sur les bienfaits de la paresse, mère de la prudence ou le raisonnement par l’absurde qui veut qu’il faille énormément travailler pour arriver à ne rien faire. Non, le fait est là. Je suis une grosse feignasse. Si la vaisselle n’est pas faite, j’attendrais patiemment qu’elle pue bien (comme les poils du même nom) pour que quelqu’un la fasse à ma place. Ai-je un travail à effectuer sous une semaine que j’attendrai le sixième jour au soir pour n’en faire que la moitié. En un mot : je préfère me faire chier à rien faire que de m’éclater au boulot.
Et de deux : je suis d’une lenteur intellectuelle assez exceptionnelle pour un mammifère. Le type qui, dans la rue, le nez bas s’écrie soudain : « Et toi t’as vu ton chien ? Voilà ce que j’aurais du lui répondre ! », le type qui comprend soudain que ce n’était pas la chose à dire alors qu’il est trop tard pour éviter la gifle, le type qui vote le lundi parce que dimanche il n’était pas encore sûr, ce type-là, c’est moi. Une certaine forme d’imbécillité me fait loucher vers le haut sitôt que l’on aborde des sujets demandant à la fois des connaissances et de la présence d’esprit.
Enfin, et ce n’est pas le moindre de mes défauts, je suis un vrai dégoûtant. C’est bien simple, ma copine m’appelle Tupuduku. Au début, quand je pétais et que je rotais, les gens trouvaient cela drôle. Alors, j’ai continué en bon bambin nombriliste. Puis les gens ont fini par trouver cela honteux et révoltant. Alors j’ai continué, punk rebelle que j’étais devenu. Et ensuite, plus rien, les gens se sont habitués. Alors j’ai continué, comme ça, comme on fume ou comme on boit.
Voilà.
J’espère, monsieur STV, briseur de rêves, tueur de mythe, iconoclaste, que vous êtes heureux. Vous m’avez fait tomber de mon piédestal.
En même temps, il était pas bien haut et je m’ai même pas tordu la chouwille.
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lundi, 18 avril 2005
Crac boum hue
Liste des anticipations qui m'amènent souvent à avoir mauvaise conscience et par là même à être un type vachement attachant (je vous assure.)
Le concepteur de la Renault Clio est un abruti.
Le concepteur de la 307 Peugeot est un crétin.
Le responsable de la circulation de la mairie de ma ville est un couillon.
Le type qui a inventé les trottoirs est un sagouin.
Et Dieu lui-même doit avoir les oreilles qui sifflent ce soir.
Résumons : deux voitures, une rue étroite et néanmoins à double sens, un drame humain. La jeune femme et moi nous sommes évité avec élégance, par contre elle a accroché le trottoir avec une rare violence. Ca a fait « POM » (si si) et deux morceaux de pare-chocs luisants ont volé par-dessus la voiture.
Jusque là, rien de bien grave, je peux m’esbigner, mais (et j’ai oublié de le préciser) la conductrice est plutôt jolie. Et rien ne m’émeut plus que la beauté (ah si, un demi.). Je m’arrête donc et en un instant me vient en tête tout un scénario. Tandis qu’elle ramasse les deux bouts de pare-chocs en une tentative bien vaine de recoller les morceaux, je la vois dans quelques heures.
Elle est dans son salon, tête baissée devant son conjoint (on n’a pas une 307 si on est célibataire.), elle vient de lui avouer ce qui s’est passé dans l’après-midi. Ce gros con qui tient à cette bagnole comme à la prunelle de ses yeux (elle est neuve, noire et rutilante, juste ce qu’il faut pour draguer le vendredi soir un peu bourré et se taper une pauv’ pétasse qui a un bâton de gloss à la place du cerveau pendant que sa femme torche les mômes. Gros enculé.) – Ce gros con donc est en train de la pourrir d’une voix de stentor alors qu’il est à cinquante centimètres.
Il lui signifie qu’il faut être gourde pour avoir ce genre d’accident, qu’au moins elle aurait pu tenter d’accrocher la voiture venant en face et que les torts auraient été partagés, ou alors relever la plaque de cet abruti en Clio pour qu’ils portent plainte. Il lui affirme qu’elle est une médiocre conductrice, une assurée irresponsable, une cuisinière déplorable, une mère exécrable et une baiseuse incompétente. Tout cela devant les enfants.
Ces derniers cessent de respecter leur mère, ils travaillent mal à l’école n’ayant plus d’autorité pour les y pousser (l’autre andouille de père est en train de baiser dans l’Audi), ils ont de mauvaises fréquentations, s’ennuient et tombent dans l’enfer de la drogue. L’un se fera arrêter et condamner à dix ans de prison pendant lesquelles il sera le passe-temps anal de ses compagnons, tandis que l’autre s’étiolera entre prostitution, douleur et addiction.
Alors je prends la seule décision que peut prendre un honnête homme. Ayant du bonus sur l’assurance je m’approche d’elle dans l’intention de faire un constat pour que les torts soient partagés, grand prince, chevalier blanc. J’en pleurerais presque tant je suis bon.
Elle lève la tête.
Elle me lance un regard noir.
Sa bouche se tord dans un abominable rictus de haine.
J’ai failli y mettre une mandale à cette conne.
Et je suis reparti.
Bien content.
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