mercredi, 20 mai 2009
Socio-psych-machinologie vroum vroum (1)
Première partie d'une liste de symptômes qui devraient, après prise de connaissance par la Faculté, me valoir le prix Nobel de médecine ou au moins le concours Lépine de psychologie expérimentale.
En ces temps de crise, il serait salutaire d'inventer enfin de nouveaux métiers qui, bien qu'étant inexistants, n'en sont pas moins indispensables. Par exemple, médecin de voiture, voilà un métier dont il faut urgemment poser les bases. Oui, j'en vois un qui rigole au fond "ça s'appelle un garagiste, ils vont bien merci vu le prix qu'ils m'ont pris pour changer mon rétro." Et je lui répondrais : "Tu avais qu'à ne pas casser ton rétro, abruti." En fait non.
Je lui répondrais que je signifiais médecin de l'intérieur de la voiture et plus précisément de l'appendice de la voiture qui a une vie autonome : le conducteur. Psychologue pour conducteur, voilà le terme exact que je cherchais, allez je l'ai trouvé, je réécris tout. Oh et puis non, il va falloir appuyer sur une touche, ça me soûle.
Donc le psychologue de conducteur serait chargé d'étudier et d'expliquer certains comportements étranges. Par exemple, sur la route, (oui je sais on rencontre rarement un conducteur ailleurs, c'est une juste une mise en condition. ) donc sur la route (c'est fou des fois comme les gens peuvent être formalistes) sur la route donc (ça fait perdre un temps fou.). Bref, tu roules à 90 kilomètres à l'heure. (ah, ça faut drôle l'ellipse hein ?) Sur une route nationale ou départementale bien sûr, pas en ville.
A ce moment-là, une voiture en face fait des appels de phare: "tchaf-tchaf". Très brefs les appels, tellement brefs que ça m'épate. Moi quand je m'y essaye ça fait "pac-cling-tchacabong-pac-cling-tchaca merde la voiture est passée". On se demande où ils ont acquis une telle aisance et une telle rapidité digitale. Des harpistes peut-être, je ne vois que ça. Et en plus ils ne font jamais "tchaf" ni "tchaf tchaf tchaf", toujours "tchaf tachf", une sorte d'élégance d'harpiste, assez pour qu'on note la virtuosité et pas trop pour éviter le mauvais goût.
Vous imaginez les réunions d'harpiste ? Des centaines de musiciens en frac ou en robe de soirée, autour d'une voiture : "fait voir ce que tu sais faire toi." - "Tchaf" - "Ahah, sale tantouze."
Bon bref. Donc il fait un appel de phare pour te signaler le radar posé sur le bas-côté un peu plus loin. Environ à cinq kilomètres. En fait c'est le complexe du chic type. Le conducteur susdit (je vous en prie hein) est tellement content de rendre service qu'il fait des appels à toutes les voitures qu'il croise pendant cinq kilomètres, il voyage avec une valise d'ampoules de code. Et chaque fois qu'il fait un appel de phare il se dit : "quel chic type je suis, j'évite tellement de tracas à mes corrélégionnaires automobilistes, c'est beau la solidarité, éh connard tu la pousses ta charrette, sale enculé de mes deux, on à pas idée de rouler à 89, c'est limité à 90, connard."
Toute la famille est d'accord, d'ailleurs. La femme : "mon mari est tellement un chic type". Les gosses : "oh mon papa à moi c'est vraiment un sacré chic type." Le chien : "Oh mon maître, quel chic type, il vient de m'offrir un arbra à moi tout seul pour faire pipi où je veux, j'ai plus qu'à lui apprendre à marcher, allez bouge une racine l'arbre."
J'en étais où moi ? Les appels de phare, oui. Bon sang, j'en suis que là, je devrais peut-être effacer quelques passages superfétatoires. Oh et puis non, il faut appuyer sur une touche, ça m'esclave trop. J'en étais à : et moi qui roule à 90 km/h, J'EN AI RIEN A FOUTRE DE SES APPELS DE PHARE A LA CON.
Par contre le type qui venait de me doubler à 130 donne tout d'un coup un grand coup de frein et pendant cinq kilomètres, il ne dépassera pas le 60 en ralentissant à chaque recoin où les pandores pourraient se cacher : "il sont là ? Ils sont là ? Attends voir... non. Bon ils sont sûrement derrière le panneau 'interdiction de...', 'interdiction de...' enfin bon le panneau bleu là... non. Dis donc ils sont rudement bien cachés ces enculés." Et dès qu'il a dépassé le radar : "Oh putain le temps que j'ai perdu, si je veux arriver à l'heure il faut que je tienne une moyenne de 120... C'est parti."
Voilà pour notre première pathologie : le COMPLEXE DU CHIC TYPE. Il n'existe aucun médicament connu à ce jour.
Docteur Cohen LB, ancien interné des hôpitaux de Paris.
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jeudi, 07 mai 2009
Mon auto, mon amour.
Listes d'arguments énervants qui semblent n'être que des cache-sexe pour protéger la sensation grisante d'être tout-puissant en certaines circonstances ou de bien lécher certaines bottes électorales.
J'ai eu un accident. Parce que j'étais fatigué mais que je croyais que ce n'était rien, que je pouvais rentrer chez moi, j'ai eu un accident. Je me suis endormi, j'ai foncé dans un arbre. J'ai eu de la chance : l'appuie-tête a été arraché par le tronc et je n'ai encastré aucune autre voiture. Depuis je me méfie de mes certitudes d'automobiliste.
Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, deux sénateurs ont déposé une proposition de loi au sénat afin de défendre les pauvres conducteurs. Oups, deux sénateurs ont déposé une proposition de loi afin de défendre les pauvres conducteurs en infraction. Dis comme ça c'est complètement con comme idée. Tant mieux.
L'idée est la suivante : quand on dépasse de peu la limite de vitesse autorisée, ce n'est pas grave. Donc pas besoin d'enlever des points. Car comme ils le disent, certains voient ainsi leurs points se réduirent "comme peau de chagrin" (ici), ce qui au passage est la comparaison la plus tarte de la semaine. L'idée de départ est la suivante : une personne qui dépasse la vitesse autorisée de 5 km/h n'est pas coupable d'actes d'incivilité (ici). Taguer un mur par contre... Et puis ce n'est pas dangereux du tout. Réfléchissons un peu.
Les autorités nous donnent déjà généreusement 5 km/h de marge, donc une personne flashée parce qu'elle dépasse de 3km/h la limite de vitesse la dépasse en fait de 8 km/h. Replongeons-nous dans nos cours de code. La distance de freinage est environ du carré de la vitesse divisé par 20. Soit pour 8 km/h environ 3 mètres. Sachant que les piétons traversent sur un passage de un mètre de largeur, qu'une voiture arrivant 8 km/h plus vite et freinant au même endroit finira derrière le pâssage piéton, dites-moi : où se trouve le piéton ?
Alors on m'objectera que certains perdent leur boulot à cause de cela. Oui. Certains le perdent à cause des délocalisations, une loi a-t-elle été déposée pour les interdire ? Et puis si ils étaient un rien responsable, ils feraient un tout petit effort du genre... rouler en-dessous de la limitation de vitesse. Ça paraît simple dit comme ça mais, comme le dit le type qui vient de se faire arrêter : "on ne peut pas toujours avoir les yeux sur l'indicateur de vitesse."
C'est vrai, c'est comme les rétros, on ne peut pas toujours les regarder. D'ailleurs c'est à se demander pourquoi on a de tels instruments dans notre voiture. Et puis c'est pas comme si on avait eu des cours d'auto-école où on nous apprenait comment faire en sorte de prendre l'information.
Bref, dans la grande série de : "je me demande comment on peut élire des irresponsables." Nous avons ici deux sénateurs qui en sont à dire qu'ils faut autoriser les conducteurs à commettre des infractions. Bien sûr on me dira qu'on paye tout de même une amende, mais si on veut être de bonne foi, qu'est-ce qui peut le plus efficacement pousser un type à lever le pied sur l'accélérateur ? La perspective de perdre son permis ou celle de payer une amende ?
Parce qu'il faut en avoir conscience : perdre son permis sur un petit dépassement de vitesse, ça ne se fait pas en une fois ; il faut tout de même se faire choper douze fois en moins d'un an ! Douze fois ce n'est pas par inadvertance, c'est un comportement habituel : celui d'un chauffard.
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samedi, 02 mai 2009
Et sinon, comment va la démocratie ?
Ce matin, comme tous les samedis, sur France Culture est donnée l'émission " Le Rendez-vous des politiques", une émission que je trouve un peu gentillette pour les élus qui viennent, mais baste, quand on veut s'intéresser au débat public, on fait avec ce qu'on a. Et à ce rendez-vous des politiques, il y avait... un homme politique. Je ne sais pas qui, je n'ai pas entendu le nom. Si j'en crois certaines phrases, il serait plutôt de droite, mais bon, mon propos n'est pas là.
Alors où est le propos ? le propos est dans la cuisine. Non ! Le propos est que j'ai bientôt éteint la radio tant ce que cet élu (député ce me semble et élu au Conseil de Paris) me mettait en colère : il faisait beau, il aurait été foutu de me gâcher mon premier barbecue de la saison. Deux marronniers revenaient en boucle dans sa bouche, et quand je parle de marronnier, je parle de propos que l'on peut attribuer à la grande majorité des élus, de droite comme de gauche (et peut-être même au centre va savoir).
Le premier de ces propos est une expression si habituelle qu'elle passe inaperçue : " typiquement français". Depuis quelques années nos hommes politiques l'utilisent pour marquer combien nous sommes un pays d'arriérés. Les séquestrations de patron : "typiquement français", donc c'est mal. Les manifestations, les grèves : "typiquement français", donc c'est idiot. Ici, notre élu de dedans la radio affirmait avec un aplomb qui faisait plaisir à voir que "le fait de chercher des boucs émissaires était très français", comme en 33 quand la France à mené le NSDAP au pouvoir car le juif était le bouc émissaire idéal, par exemple.
Bref, ce qui me choque c'est qu'un élu de la République puisse avec autant d'aisance, par l'entremise d'une expression imbécile être en haine du peuple qu'il doit représenter. Car, que dit-elle cette petite phrase ? Elle dit simplement que, bon dieu, s'il n'y avait pas de français en France, le pays ne s'en porterait que mieux. Quel est le problème de la France ? Les français qui sont tellement français.
Étrangement, dans la même phrase, cet élu évoquait la pitoyable raclée de la majorité concernant le projet de loi Hadopi, dénonçant les médias qui font preuve d'antiparlementarisme en mettant en cause les députés absents de l'Hémicycle. Que l'on ne s'y trompe pas, les médias ne sont pas les boucs émissaires, les députés le sont. Ce discours a été tenu aussi bien par la droite que par la gauche : il est abominable. Comment un citoyen responsable ne pourrait-il pas être choqué quand pour voter une loi, moins de 10 % des élus sont en séance ? Est-ce être antiparlementaire que d'exiger de la personne pour qui l'on a voté qu'elle fasse son travail ? est-il normal que dans la presse on parle de "nombre remarquable de députés présents" pour le débat quand il y en a 150 sur 557, soit un peu plus d'un quart ? (la mienne était en train de faire un créneau devant chez elle à ce moment là.)
Bien sûr que de telles pratiques peuvent faire naître de l'antiparlementarisme. Mais les dénoncer, et demander à ce qu'elles cessent, voilà qui au contraire est un geste citoyen. J'ai aujourd'hui l'impression de vivre dans un régime où, à chaque instant, la représentation nationale me méprise parce que je suis "typiquement français" : je demande des comptes aux gens que j'élis.
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jeudi, 23 avril 2009
Etude de texte

Sans le faire exprès, j'ai repris ce texte (que j'étudie depuis trois ans) avec mes troisièmes. A l'aulne de la crise, il prend un nouveau sens.
Entre deux bourgeois d'une ville
S'émut jadis un différend:
L'un était pauvre, mais habile;
L'autre riche, mais ignorant.
Celui-ci sur son concurrent
Voulait emporter l'avantage,
Prétendait que tout homme sage
Était tenu de l'honorer.
C'était tout homme sot; car pourquoi révérer
Des biens dépourvus de mérite?
La raison m'en semble petite.
« Mon ami, disait-il souvent
Au savant,
Vous vous croyez considérable;
Mais dites-moi, tenez-vous table ?
Que sert à vos pareils de lire incessamment ?
Ils sont toujours logés à la troisième chambre,
Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre,
Ayant pour tout laquais leur ombre seulement.
La république a bien affaire
De gens qui ne dépensent rien!
Je ne sais d'homme nécessaire
Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien.
Nous en usons, Dieu sait! notre plaisir occupe
L'artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
Et celle qui la porte, et vous, qui dédiez
A Messieurs les gens de finance
De méchants livres bien payés.»
Ces mots remplis d'impertinence
Eurent le sort qu'ils méritaient.
L'homme lettré se tut, il avait trop à dire.
La guerre le vengea bien mieux qu'une satire.
Mars détruisit le lieu que nos gens habitaient:
L'un et l'autre quitta sa ville.
L'ignorant resta sans asile:
Il reçut partout des mépris;
L'autre reçut partout quelque faveur nouvelle.
Cela décida leur querelle.
Laissez dire les sots: le savoir a son prix.
Jean de la Fontaine, Livre VIII.
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lundi, 23 mars 2009
Quizz littéraire

Bon.
Cécile est là, qui me rappelele à me réveiller. c'est bien.
C'est une patate et on ne dit pas non à une patate, c'est le meilleur moyen de blogguer. On appelle ça Tagger aujourd'hui, il me semble. Vu la minceur de mes liens je verrais pour faire passer.
Alors vas-y (la photo est faite en direct, c'est la bibliothçque de la chambre d'amis avec les livres à lire en un soir parce qu'après t'es foutu à la porte j'aime pas les gens).
Catégorie tout et n'importe quoi , mais surtout n'importe quoi :
J'ai commencé à lire il y a vingt ans "Connaissance de la douleur" de Catlo Emilio Gadda. C'était pour faire mon snob en fac. Un de mes échecs les pires; J'en suis toujours à la page trente et un, quand le docteur monte le chemin. Je reprend parfois le livre. Je ne dépasse pas la page trente et un. Dans la catégorie jouissive j'ai beaucoup aimé "Tristram Shandy" de Sterne et son pendant français "Jacques le Fataliste" de Diderot. Ils ont tous les deux dit que c'est l'autre qui a copié. Deux grands moments de récit à dormir debout. On pourrait continuer longtemps, c'est une littérature que j'aime.
Catégorie des livres pas que pour les enfants :
Sans hésiter "Pinocchio" de Collodi. C'est du Shrek avec quelques décennies d'avance. Bien sûr, c'est extrêmement moralisateur, mais en même temps, on sent bien qu'il est content de faire du mal à ce pantin.
Catégorie Grands classiques :
Là non plus aucune hésitation, je vote pour Flaubert et notamment les trois titres suivants : "Madame Bovary", "L'Education Sentimentale" et "Bouvard et Pécuchet". Jusqu'à l'âge de 22 ans, j'avais un à priori extrêmement négatif sur ces oeuvres. Après, j'ai eu un prof qui me les a fait lire. Et j'ai trouvé alors un monument de comique et de (vrai) second degré.
Catégorie Littérature contemporaine :
Hélas, je suis nul dans ce domaine. Je lis peu d'auteurs vivants. Ceci dit je relis encore et encore "Le Pendule de Foucault" ou "l'îLe Du Jour d'Avant" d'Eco. C'est pour moi un vrai monstre littéraire.
Catégorie apprendre en s'amusant :
Ah. Quand je m'amuse, je n'ai jamais l'impression d'apprendre. Peut-être dériverai-je un peu sur la BD, et surtout la série des Anselme Lanturlu de Petit. C'est parfois dur à suivre, mais grâce à lui j'ai réussi à épater le prof de maths au boulot en lui montrant comment on pouvait obtenir des figures géométriques monoangles (à un seul angle oui oui).
Catégorie parfois je lis des trucs intelligents mais après j'ai mal à la tête.
On peut remonter à Gadda. Sinon, j'essaie de toujours lire des trucs intelligents.
Catégorie que je rajoute pour le fun : catégorie des livres que je relis pour la quinzième fois en prenant mon bain ou avant de faire la sieste.
Pratchett ne fait plus rire quand on lit les livres autant de fois, mais il se dégage toujours des chroniques du disque-monde ce rien d'insousciance qui fait que la journée sera belle.
A qui je passe ? Voyons voir.
Ca y est, je fais dans l'exotisme : Chantal pour des trucs improbables de batave et Sven pour des trucs improbables de dans soixante ans.
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lundi, 19 janvier 2009
Gaston, y'a le téléfon qui son et y'a un mongolien qui y répond.
Liste de mes différents états de colère à la vue d'un spot publicitaire de publicité qui me hérisse le poil dans le mauvais sens tout en me faisant me poser la question de savoir pourquoi elle m'agace.
Depuis quelques jours, ça tourne sur la télé. C'est Pascal Duquenne qui vend une marque de téléphone. Les différentes réactions que j'ai pu noter sont très positives. C'est bien qu'un mongolien fasse de la publicité dit-on. Et ma foi pourquoi pas ? Pourquoi Pascal Duquenne ne pourrait-il pas s'asseoir comme n'importe quel comédien en quête de cacheton autour d'une table et dire "oulala il est bon ce poulet Délice du Prince entièrement élevé à la farine de chèvre morte" ? Parce qu'il est mongolien ? Non. Il a le droit.
Donc il aurait le droit de faire une pub pour un opérateur mobile à bas coût ? Ben oui. Mais.
Mais il dit d'emblée qu'il est différent (mais comme nous aussi). Donc nous sommes en droit de considérer que son handicap est un argument de vente. Il aurait pu dire "ce téléphone est bien, mangez-en", mais en l'occurence il dit "je suis différent, ce téléphone est bien, mangez-en". Alors que voit-on à ce moment-là dans la boîte à con ? On voit un jeune homme sympathique qui nous dit qu'il est mongolien et que puisque nous on l'est même pas et que lui il utilise son téléphone Truc, tout le monde doit utiliser un téléphone Truc.
L'argument de vente est le suivant : "le téléphone Truc, même les mongoliens savent que c'est le meilleur." Alors maintenant, on peut m'en faire des caisses sur le talent et le côté "énergisant" de Pascal Duquenne, ce clip est tout bonnement dégueulasse.
D'autant plus dégueulasse qu'il va avoir comme défenseurs la bonne cohorte moutonnière des cul-bénis qui ont si peur des "différents" qu'ils les traitent de "différents" sans vouloir dire qu'ils sont handicapés, qui trouvent sans y réfléchir plus avant que tout ce que fait une personne "différente" c'est bien. Ces mêmes qui trouvent que c'est une tribune très visible pour les personnes différentes cette pub, comme si la publicité était une affaire sociale ou une réunion de charité. D'ailleurs dans les pubs Nutella, au milieu des petits gamins heureux, pas un mongolien, pas un différent, non, le mongolien ou autre différent est un argument de vente seulement si il est tout seul, mis en valeur.
Donc voilà cette pub est dégueulasse, ceux qui l'ont fait sont des beaux salauds et Pascal Duquenne s'est bien fait enculer (et là je suis optimiste parce que s'il est conscient de ce qu'il a fait c'est un bel enculé), et je n'achèterai jamais rien à Simyo parce que s'ils sont capables de tant de calculs sur leur com', je pense que leurs pris bas cachent une saloperie.
Sur ce, je vous laisse on m'a commandé une pub pour un déodorant. J'ai pris un acteur noir et je lui fais dire : "Vous voyez je suis noir et pourtant avec Truc je sens bon sous les aisselles". J'espère que le client trouvera ça dans l'air du temps.
NB : l'image à gauche est sans trucage et une affiche de pub pour Simyo. Ce coup-ci ils ont mis des pédés qui s'enculent et comme slogan "j'aime que mon numéro commence par un 5". Des visionnaires et des bienfaiteurs de l'humanité je vous dis.
Je viens de la revoir : "si vous êtes comme moi, l'offre Simyo peut vous intéresser", donc c'est des téléphones pour mongoliens.
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samedi, 17 janvier 2009
De l'art de se tirer une balle dans le pied.
Liste de réactions à propos de l'actualité au Moyen-Orient en tâchant d'être à peu près mesuré dans mes propos sauf peut-être pour une brune idiote vue à la télémais finalement je vais me retenir.
Il y aura peut-être une trêve unilatérale à Gaza demain, peut-être. Alors ce sera officiel : Israël aura perdu cette guerre. Je ne vois d'ailleurs pas ce qui pourrait la lui faire gagner aujourd'hui, sinon une soudaine poussée de bonté du Hamas. Et encore, ce serait peut-être cette organisation terroriste qui s'en sortirait à bon compte, se fabriquant ainsi une légitimité inespérée. Mais à priori les roquettes devraient reprendre leur vol vers Israël pendant cette trève : en effet le Hamas a proposé il y a quelques jours son cessez-le-feu avec des conditions qui ne sont pas acceptable pour Israël. Un cache-sexe pouraffirmer sa bonne foi.
Israël a perdu la guerre militairement car le camp opposé n'a pas perdu de sa force de frappe, on peut même raisonnablement dire que le Hamas n'aura pas beaucoup de peine à recruter dans les mois à venir. A partir de ce moment il n'y aura plus qu'à trouver des marchands d'armes, je ne suis pas sûr que ce soit le plus dur. Hamas a-t-il été au moins désorganisé, rien n'est moins sûr. Autant dire que si le but de cette guerre était de défaire une organisation terroriste, il est manqué de loin.
Israël a perdu la guerre de l'opinion dès le premier jour. Les frappes aveugles présentées comme des frappes chirurgicales, l'absence de couverture journalistique, la mise en parallèle du sort des Israëliens sous les tirs de roquette et celle des morts palestiniens, tout aussi innocents, autant d'erreurs grossières de communication. On peut d'ailleurs se demander comment des gens aux responsabilités, disposant de moyens confortables épaulés par des services de renseignements qu'on dit les meilleurs du monde peuvent commettre tant d'erreurs. Il me semble que la réponse est la suivante : cette guerre n'était pas défendable.
Enfin Israël a perdu la guerre de la peur. Ce soir il y avait un reportage sur France3, édition nationale. Un médecin palestinien, honnête homme qui a toujours tenté de lancer des passerelles entre Israël et le peuple palestinien, un médecin donc, envoyé spécial d'une chaîne israëlienne à Gaza où il habite, a vu sa maison bombardée et ses enfants tués. L'histoire d'une abomnable tritesse tourne à l'horreur à l'hôpital où il est pris à partie par une femme qui justifie la mort de ses enfants de la façon suivante : "vous auriez pu cacher des armes. Mon fils est parachutiste, ces armes auraient pu le tuer." Je ne m'étendrais pas sur la stupidité de cette justification : elle était dictée par la peur. Et c'est bien cela qui est terrible : Israël a peur pour ses fils envoyés à la guerre et Israël tue pour se débarasser de cette peur. Les gazaouis, eux qui ont presque tout perdu, ont-ils encore peur de quoi que ce soit, et notamment d'Israël ?
Ce ne sont guère que quelques idées pessimistes. Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais je ne vois pas pourquoi je me tairais. Enfin je tiens à signaler que je ne suis en aucun cas antisémite. Dire qu'Israël a tort de faire cette guerre, ce n'est pas dire qu'Israël n'a pas le droit d'exister. Israël a le droit d'exister et son peuple de vivre dans la paix. Les palestiniens aussi. Dire qu'Israël a tort ce n'est pas non plus insulter les juifs. Seuls les esprits obtus prennent parti pour quelqu'un sous le seul prétexte qu'il partage leur foi. J'ai seulement l'impression qu'à Gaza la guerre arrange bien certains, dans les deux camps.
Pour ceux que ça intéresse : le pacte de Genève qu'on a mis de côté.
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mercredi, 22 octobre 2008
Promotion de l'incompétence.
Je suis (du verbe suivre ) depuis quelques temps déjà les tribulations de Mickaël Vendetta, le buzz blog du moment. Le jeune homme vient apparemment de signer un contrat (de quoi , là est la question ) avec une société de production nommée Trendy Prod, société qui possède dans ses poulains la jeune (?) Cindy Sander. Son blog reçoit près de deux mille visiteurs par jour et présente les oeuvres cinématographiques et pensées de son auteur qui dit être comme comédien, réalisateur et producteur.
Si l'on se penche sur les-dites oeuvres, on ne peut constater que l'étendue des dégâts : absence totale de scénario, dialogue d'une pauvreté affligeante, technique cinématographique proche du zéro absolu, films n'ayant pas de fin... Si cela vous intéresse vraiment, vous pouvez aller sur sa page You Tube. Si nous nous contentons de ses pensées, nous lirons un ramassis de lieux communs, d'arrogance idiote, d'égotisme et de fautes de français. Bref, nous sommes face à un mythomane qui croit à la belle vie qu'il s'est inventée sur le net. Rires en cascade des bloggeurs patentés, moqueries, insultes, chacun veut voir le phénomène de foire. Ils (nous) viennent à plus de mille par jour et le blog n'ayant qu'une approche quantitative du succès, le blog de MV est un succès ! La farce pourrait s'arrêter là et le soufflé doucement retomber.
C'est alors qu'interviennent les véritable malfaisants, ceux pour qui l'équation notoriété=rentabilité est la clé du succès. Ici il s'agit de Trendy Prod, ils auraient beau jeu de dire que si ce n'avait pas été eux, c'en aurait été d'autres. Toujours est-il que surfant sur ce succès d'estime, ils décident d'exploiter le filon et flattent affreusement le pape de la "bogossité" pour faire un peu d'argent. Qu'en pense la blogosphère ? Pas grand-chose, les plus optimistes pensent que MV a tout compris, les autres qu'on va bien rigoler. Bref, tout le monde accepte cet état de fait,, le répand même, personne ne met en doute l'équation.
Pourtant il y aurait beaucoup a dire sur cette promotion de la nullité et de l'incompétence. Peut-on vraiment parler de réussite quand on fait l'éloge de ce qui dessert l'intérêt commun ? N'y a -t-il rien d'immoral à exploiter ce qui est le moins défendable en l'être humain : le mensonge (y compris à soi-même) le sentiment vélléitaire, l'inabouti, l'arrogance ? Il me semble choquant qu'on puisse dire des gens qui ont eu l'idée de ce genre d'usage qu'ils ont "réussi". Un tel point de vue est un point de vue de calculatrice et rien d'autre. La réussite est-elle simplement le reflet de ce que nous avons recueilli pour notre besoin personnel ? Ou alors est-elle aussi l'ensemble de ce que nous avons légué aux autres ? Dans le premier cas, on pourrait dire de l'oeuvre de Verlaine qu'elle est moins réussie que celle de Sulitzer.
Ou bien n'y a-t-il plus rien d'humain dans ces relations ? Peut-être n'est-ce que de l'exploitation, on prend un produit humain, on l'élève comme on le ferait d'une poule et on tente de le revendre plus cher qu'on ne l'a acheté. Pour le coup c'est assez facile, puisqu'on l'a acheté un croûton de pain. L'homme serait donc une marchandise comme une autre ? Et si ce jeune homme gagne sa vie en étant volontairement acteur de la farce, ce n'est pas un signe d'intelligence contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est au mieux le signe du cynisme le plus absolu (celui qui vole un argent qui lui est indu), au pire celui d'une immoralité assumée (celle qui ment pour son propre bien-être).
Enfin, suis-je le seul à être choqué qu'on puisse récompenser l'incompétence plutôt que la compétence, qu'on promeuve le vide plutôt que le sens ? Manquons-nous tellement de gens talentueux pour que nous en soyons à nous rabattre sur le pire qu'on nous propose ? Sommes-nous nous-même assez cyniques, assez vide d'empathie pour rire de la grotesque glorification de MV ? Pourquoi ne trouvons-nous pas les moyens d'empêcher de telles évènements d'advenir ?
Il est vrai qu'on ne peut aller contre la liberté d'un homme : chacun a le droit de se montrer tel qu'il se croit. Cependant, lorsqu'il est évident que cet homme se fourvoie, ne propose rien qui soit de qualité, rien d'enrichissant pour lui et pour les autres, n'est-il pas de notre devoir de le lui dire ? Il est déroutant de constater que l'accès à la richesse soit devenu le seul référent de réussite sans même qu'on s'autorise à prendre en compte la culture, ou encore le talent, ou bien la contribution au bien commun, ou finalement ce gros mot : la vertu.
13:36 Publié dans barbarismes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : colère, vendetta, trendy prod
samedi, 18 octobre 2008
Journée poisson.
Hier à la cantoche il y avait sardines à l'huile en entrée et tarte au saumon en plat.
Quand je suis rentré, on a fait un apéro à base de rillettes de thon et de maquereau.
Je sentais des pieds.
Et j'ai baisé avec ma compagne.
Journée poisson.
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dimanche, 13 novembre 2005
Pot de caste le retour
Juste pour dire j'en ai fait un second à droite.
Voilà voilà.
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