jeudi, 23 avril 2009

Etude de texte

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Sans le faire exprès, j'ai repris ce texte (que j'étudie depuis trois ans) avec mes troisièmes. A l'aulne de la crise, il prend un nouveau sens.

Entre deux bourgeois d'une ville
S'émut jadis un différend:
L'un était pauvre, mais habile;
L'autre riche, mais ignorant.
Celui-ci sur son concurrent
Voulait emporter l'avantage,
Prétendait que tout homme sage
Était tenu de l'honorer.
C'était tout homme sot; car pourquoi révérer
Des biens dépourvus de mérite?
La raison m'en semble petite.
« Mon ami, disait-il souvent
Au savant,
Vous vous croyez considérable;
Mais dites-moi, tenez-vous table ?
Que sert à vos pareils de lire incessamment ?
Ils sont toujours logés à la troisième chambre,
Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre,
Ayant pour tout laquais leur ombre seulement.
La république a bien affaire
De gens qui ne dépensent rien!
Je ne sais d'homme nécessaire
Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien.
Nous en usons, Dieu sait! notre plaisir occupe
L'artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
Et celle qui la porte,
et vous, qui dédiez
A Messieurs les gens de finance
De méchants livres bien payés.»
Ces mots remplis d'impertinence
Eurent le sort qu'ils méritaient.
L'homme lettré se tut, il avait trop à dire.
La guerre le vengea bien mieux qu'une satire.
Mars détruisit le lieu que nos gens habitaient:
L'un et l'autre quitta sa ville.
L'ignorant resta sans asile:
Il reçut partout des mépris;
L'autre reçut partout quelque faveur nouvelle.
Cela décida leur querelle.

Laissez dire les sots: le savoir a son prix.

Jean de la Fontaine, Livre VIII.

Commentaires

atta je relis

Ecrit par : Cécile. | vendredi, 24 avril 2009

Oui, bien, je ne connaissais pas. (et maintenant je me coucherai moins bête ce soir!)

Ecrit par : Chantal | vendredi, 24 avril 2009

Je ne vois rien dans l'actualité qui puisse confirmer la morale de cette fable. Hélas...On méprise toujours le savoir et ceux qui cherchent à savoir, on glorifie les rollex.

Ecrit par : Berthoise | samedi, 25 avril 2009

voilà, comme dit Berthoise, ce texte n'est helas que la confirmation que l'homme reste un sombre crétin qui vénère le clinquant et méprise le savoir.
( merci Bethoise d'avoir verbalisé ma pensée)

Ecrit par : Cécile. | samedi, 25 avril 2009

A vrai dire j'y voyais surtout une critique d'une idée qui se veut moderne et libérale et qui consiste à dire que le riche est utile à la société par le "ruissellement" de richesse qu'il provoque. Idée dont on peut voir ici qu'elle date de l'ancien régime.

Ecrit par : Cohen | samedi, 25 avril 2009

mmh... c'est vrai aussi

Ecrit par : Cécile. | dimanche, 26 avril 2009

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