jeudi, 16 octobre 2008

12 euros foutus en l'air.

ChaussonBBenlainefoul%E9e.jpgAujourd'hui j'ai ruiné mes chaussons. Bien sûr tout le monde s'en fout. N'empêche c'était des chaussons de collection quasiment par les temps qui courent, avec une semelle épaisse en polymachin de schmilblick, tout en pétrole. Ruinés parce que j'ai du sortir dehors sous la pluie, parfaitement, sous la pluie, en chaussons. Il fallait que je me presse à cause de cette satanée vieille conne.

 

J'avais rien demandé moi, j'étais tranquille en congé à regarder le Renard sur la trois (des fois on se demande à quoi servent les congés) quand soudain le téléphone sonna. D'accord c'est pas terrible comme soudain , mais face au suspens du renard c'est déjà bien je trouve. Donc soudain le téléphone sonna et je décrochis : "allo M. Cohen ?" Chic me dis-je, ma mandoline électrique est arrivée (oublions cette dernière phrase). "Voilà je viens de retrouver votre portefeuille dans un caddie et je me demandais au vu de votre physique avantageux sur votre carte d'identité si je pouvais avoir l'honneur de coucher avec vous ou au moins de vous faire une fellation, mon nom est Uma Thurmann. " Pour le caddie et le portefeuille c'était vrai.

 

J'ai donc dû sortir sous la pluie pour aller chercher mon portefeuille parce que la vieille chose qui me le rapportait était infoutue de lire une adresse et s'était garée à deux cents mètres. J'étais d'autant plus en colère que ces satanées tatanes, quand elles prennent l'eau, font un bruit qui oscille entre le poumon écrasé et le chat malade (très malade). Je me promettais donc de faire savoir mon mécontentement à qui de droit, c'est -à-dire à ma compagne qui m'a suggéré que  puisque je foutais rien autant me rendre utile, pour une fois, ça serait original, et d'aller faire les courses. Les courses du manger de la semaine.

 

J'y suis allé. Deux fois. Car la première fois en,lieu et place de la liste des courses, j'ai pris la liste des menus de la semaine. je m'en serais tiré à peu près à bon compte si une soudaine attaque d'abrutite aigüe ne m'ai poussé à confondre fondue savoyarde et raclette, ce qui me poussa à acheter un kilo de comté et de gruyère ainsi que de la viande des grison, du jambon, du bacon... Bref, 90 euros plus tard, j'étais déjà dans une humeur de dogue, mais je me contenais en pensant au Renard que j'allais regarder tranquillement dans mon canapé après le deuxième voyage. Certes, j'eusse pu (j'adoore la conjugaison) me dire que ma compagne irait faire le complément un autre jour, mais viril en diable, je décidais à nouveau d'affronter les rayons de mon supermarché préféré.

 

Au début tout se passa bien. J'avais onze produits dans mon caddie. Quand la charmante caissière m'intima l'ordre de changer de file attendu que j'étais dans celle des clients payant MOINS de 10 articles, j'aurais peut-être dû lui écraser les oeufs sur la gueule en lui demandant si ce coup-là je pouvais passer ou si elle voulait aussi que je lui mette le saucisson dans le cul. Mais en fait un sursaut d'intelligence vint me signifier que je devais m'en prendre plutôt à son chef, lequel mesurant son double-mètre, m'incita à m'écraser et à passer à la file la plus proche.

 

Ce fut une grave erreur. Des deux personnes me précédant, la première avait pour ambition de résorber la faim dans le monde, et entassait encore et toujours des tonnes de produits alimentaires divers sur le tapis roulant. Une demi-heure après, tandis qu'elle rajoutait un zéro à son chèque, je me dis que nous étions sur la bonne voie et que le Renard n'avait qu'à bien se tenir. L'observation de la seconde personne me fit alors frissonner d'horreur. Autant le premier client entassait des montagnes de produit, autant le second les posait comme l'eût pu faire le petit Poucet. Ahanant, quasi grabataire, mesurant deux cents kilos de trop, il enfilait (mettait en file) les bouteilles de bière et les sacs du rayon charcuterie.

 

Ne voulant pas le vexer en lui  faisant sentir son handicap, je ne lui proposait pas de l'aider, et je me contentais de lui lancer des regards furieux. Regards qui me furent rendus d'ailleurs lorsque la caissière s'aperçut qu'un de mes articles (2€60) n'avait pas de code-barre. Savez-vous combien de temps cela prend pour trouver une vendeuse en rayon ? Ceux qui me suivaient le savent et je ne dois ma survie qu'à ma parfaite maîtrise du nunchaku-saucisse sèche.

 

Pour faire court, lorsque ma compagne est rentrée, je n'ai pas cessé de regarder le Renard et j'ai dit que la prochaine fois c'était elle qui faisait les courses et qu'elle ferait bien de m'offrir des chaussons.

 

 

Commentaires

C'est bien de te retrouver Cohen, vraiment.

Ecrit par : Chantal | mercredi, 22 octobre 2008

Tu maîtrises le "nunchaku-saucisse sèche" ? J'ai peur.
Dorénavant, je ne ferai plus de courses.

Ecrit par : Je Rêve | dimanche, 26 octobre 2008

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