vendredi, 21 octobre 2005

Et vous le matin, vous êtes thé ou pâté de foie ?

Liste de minutes habituelles qu’au matin je vis et que m’a obligé à mettre sur le papier Christian après avoir fait un superbe texte et ce dans l’intention évidente de m’humilier en me faisant sentir l’inanité de ma prose qui, entre nous soit dit, est tout de même un peu plus élégante que ma poésie(et sur la photo c'est moi mais rarement quand même).

  

Je ne voudrais pas faire mon original, mais moi, tous les matins, je me recouche. Mon travail ne commençant qu’aux alentours de huit heures vingt, le fait de se lever à six heures du matin ne me paraît guère judicieux. C’est un avis que je suis seul à partager dans mon couple.

 

 Tandis que j’essaie de me replonger dans le monde merveilleux des songes où mes moindres désirs sont assouvis par de fantastiques créatures (la plupart du temps des lutins tout verts), ma compagne est souvent d’humeur affectueuse. Avec un sens de la diplomatie qui n’appartient qu’à moi, je lui fait comprendre que « groumpf » car en vérité je vous le dis, le doux baiser du matin, il a une fâcheuse tendance à bien canarder de la gueule.

 

M’enroulant plus profondément au creux de la couette, et tandis que dans la cuisine l’on se livre à une savante alchimie culinaire, je comate doucement, à l’écoute de l’Ecole du Savoir, moment privilégié de culture qui m’échappe souvent car il me faut sacrifier à une inéluctable coutume : ma flatulence quotidienne.Qu’il est doux au matin de soulager son abdomen, tendu par tout un processus nocturne de digestion, empli de quelques litres de méthane, grâce  à un long, sonore, profond, vibrant et jubilatoire pet, mon Hiroshima familier. Sur mon visage froissé un sourire s’épanouit. Je me réveille. Il est six heures cinquante-neuf.

 

Vite je me lève car le bisou n’est pas loin qui viendrait m’inciter à émerger, bisou certes moins nauséabond, mais plus graisseux (c’est de la margarine). J’ai trois minutes. Passé ce délai, les portes-fenêtres s’ouvriront toutes grandes dans l’optique louable d’assainir l’atmosphère (oui d’accord, j’ai pété). Un vent glacé pénètrera la chambre et j’aurais les poils des fesses qui s’horripileront. J’ai trois minutes, montre en main, pour trouver un boxer propre (pas trop sale à tout le moins) et des chaussettes peu trouées.

 

Enfin, me voilà dans la salle de bains. La manifestation raide de ma virilité m’informe de l’urgence à procéder à une miction matinale : je n’hésite pas un instant et je m’empare de ma brosse à dents. La coloration jaunâtre de ma denture souligne le fait que j’ai longtemps considéré l’hygiène buccale comme un moment privilégié d’ennui, face à soi-même, s’astiquant les chailles sans enthousiasme. J’y ai pallié en lui alliant le pissou matinal, que je pratique assis, et la lecture de quatre pages de roman quelconque (ou très bien des fois) ce qui nous mène à trois minutes. Mon trois en un à moi.

 

Ensuite, je me récure, je me savonne, je me gante de crin, je me rosis, je me rince, quasiment d’humeur badine, et enfin je mets le doigt sur ce qui me tracassait depuis le début de la douche : comme tous les matins, j’ai oublié d’aller chercher ma serviette de bains, mise à sécher dans la chambre d’amis (oui ben la logique, c’est pas elle qui est située plein sud non plus). J’appelle, j’implore, je hurle, on m’extorque un bisou.

 

Plus que vingt minutes avant le départ, je n’ai plus le temps de déjeuner, juste celui d’avaler une gorgée d’eau et de me rendre au dressing, appelé aussi « bureau », pour choisir mon habillement : quel costume enfilerais-je ?  Quelle chemise repassée est-elle disponible et seyante ? Met-on une cravate à carreaux avec une chemise rayée ? Habit Rouge, ça se pchitte sur un costume gris anthracite ? C’est mon indispensable quart d’heure pétasse.

 

Au sortir, je jette un œil dans le psyché, j’ébouriffe les quelques cheveux qui me restent, je sens bon, j’ai l’haleine fraîche, tout est parfait…

 

J’ai juste oublié de me raser. D’un pas rageur j’agrippe ma sacoche et je sors de la maison en claquant la porte


 

Les quatrièmes ont pas intérêt à trop la ramener en première heure.

Commentaires

Actif de bon matin ! Je reviendrais...

Ecrit par : Eve | samedi, 22 octobre 2005

ouai, ben Christian il pete pas lui au matin... c'est ce qui te rends plus humain toi... t'es comme nous! pas Christian!

Ecrit par : largentula | samedi, 22 octobre 2005

Une chose m'échappe....tu mets ton calebard et tes chaussettes avant d'aller te doucher toi????

Ecrit par : la marmotte | samedi, 22 octobre 2005

Largentula, si effectivement, j'avais oublié ce point de détail, le pet, ce cri du cul spontané et enflammé qui s'éveille à la vie !

CohenLeBaràBarbe, je suis sous le charme de ton texte comme quand on se coiffe les poils de cul avec une brosse à dents : c'est doux, soyeux et raffiné !

(la semaine prochaine : je fais caca ailleurs que chez moi, racontez.)

Ecrit par : christian | samedi, 22 octobre 2005

Oui bon finalement, je suis pas si désolée que ça que tu puisses pas le matin...

Ecrit par : ardente | samedi, 22 octobre 2005

Les chailles ?

Ecrit par : jeanphi | samedi, 22 octobre 2005

Toute cette longue note pour caser le fait que tu portes des boxers. Minable. MI-NABLE !
STV.

Ecrit par : STV. | samedi, 22 octobre 2005

Moi je suis tête dans le paté de foie...
Voila juste un commentaire on ne peut plus constructif

Ecrit par : rienkotchoz | samedi, 22 octobre 2005

C'est passionnant, de nombreuses notes en ce moment portent sur la bouffe et le réveil. C'est à certains égards un peu prosaïque, mais c'est follement passionnant!!
Après Christian, Cohen, quel est le suivant?
Au fait, je ne comprends pas pourquoi les gens semblent tous avoir la têt' dans l'cul le matin... C'est si simple d'être en forme!

Ecrit par : Roxane | samedi, 22 octobre 2005

Ton élégante prose soulève tout de même plusieurs interrogations... La première est évoquée par la Marmotte, je n'y reviendrai donc pas. La seconde: tu te brosses les dents en urinant, peut-on en déduire que tu fais partie de cette espèce étrange et méconnue des hommes qui pissent assis? (on a déjà parlé de ce phénomène paranormal chez Wawa je crois, mais bon)

Ecrit par : pimpeleu | samedi, 22 octobre 2005

ah, j'allais oublier une troisième tout de même: qui, je vous le demande, en cette 6ème année du 21è siècle, porte des pyjamas aussi hideux, qui?!

Ecrit par : pimpeleu | samedi, 22 octobre 2005

Resumé de texte (6°5°4°3°)
Te te lèves
et tu te bouscules
tu ne te réveilles pas comme d'habitude. (en gros c'est ça, non ?)

Synthèse (comm de texte 2nde, 1ère, terminale):
Description minutieuse, profonde auto dérision, "je me gante de crin" c'est prodigieux...

Barbare mais néammoins cohennique, (ou le contraire je sais pas trop)j'adore ce que vous faites.

Ecrit par : Abcisse | samedi, 22 octobre 2005

Eve > Reviens reviens...

Largentula > Je suis comme vous, je suis comme vous... bon, mais faudrait pas que ça devienne une habitude.

Lamarmotte > Je prends mon calbar et mes chaussettes parce qu'après il fait trop froid pour pénétrer dans la chambre !

Christian > Toi t'en as des bonnes zidées.

Ardente > Ben moi je suis désolé pour le coup.

JeanPhi > les ratiches quoi.

STV > J'ai eu un maître (en boxer également).

Rienkotchoz > ça fait du gel.

Roxane > si simple d'être en forme quand on sait qu'on va aller au boulot ?


Pimpeleu > Oui je pisse assis, ça évite d'en mettre partout et j'ai quand même autre chose à faire dans la vie que me tenir la quique.

Pimpeleu > je dors tout nu.

Abscisse > Même au petit matin ?

Ecrit par : CohenLeBarbare | samedi, 22 octobre 2005

Cohen> Oui, c'est bien ce qui était ressorti de la conversation chez Wawa... (autre chose!? Et quoi donc? te gratter les...)

Cohen bis> Tout le monde dit ça... :)

Bon wikent

Ecrit par : pimpeleu | samedi, 22 octobre 2005

c'est le concept de la télé réalité dans le blog. Je suis toute émue , gênée de cette intimité (en+ son et odeurs!), mais en même temps très curieuse... voire voyeuse...

ça marche !

Ecrit par : véronique | samedi, 22 octobre 2005

Cohen: faudrait voir à pas exagérer!! C'est pas Germinal, quand même...

Ecrit par : Roxane | samedi, 22 octobre 2005

Mais oui!
je ne risque rien ...c'est virtuel...

Ecrit par : ab6 | dimanche, 23 octobre 2005

je suis étonné de n'avoir pas vu l'ami Ricoré, qui arrive toujours au bon moment, avec ses pains et ses croissants...

Ecrit par : P-H | dimanche, 23 octobre 2005

hiroshiprout mon aprout.
:)

Ecrit par : domrod | dimanche, 23 octobre 2005

Ben moi je suis plutôt thé et pâté de foie...
Bon mais j'ai quand même lu le texte en entier, faut pas croire!
On appelle ça comment: le blog réalité?

Ecrit par : cendrine | dimanche, 23 octobre 2005

Pimpeleu > Moi je le fais.

Véronique > Bienvenue dans mon intimité, et surtout bonne chance.

Roxane > Ah si, fouetter des gamins pour qu'ils bossent, c'est Germinal.

Ab6 > C'est virtuel ?

P-h > Il se lève toujours trop tard cette feignasse.

Domrod > Faut arrêter les KInder surprise hein.

Cendrine > On appelle pas. On devrait pas appeler.

Ecrit par : CohenLeBarbare | lundi, 24 octobre 2005

Visualisons: donc EN MEME TEMPS le barbare est assis sur ces wawa, libérant sa vessie, se brosse les dents ET lit un (bon) livre. 4 pages.

Et maintenant actor studio: celui qui arrive à faire pareil est engagé.

Ecrit par : marietoune | lundi, 24 octobre 2005

Si j'ai bien compris, tu as plus de poils au cul que de cheveux sur la tête.

Ecrit par : FdM | lundi, 24 octobre 2005

Marietoune > Sérieusement, c'est une grande découverte. Se laver les dents en affectuant la miction permet de se cultiver. C'est pas merveilleux ? Je vais déposer le brevet de ce pas.

Fdm > C'est la raison pour laquelle je me lave les cheveux avec préparation H ces derniers temps.

Ecrit par : CohenLeBarbare | mardi, 25 octobre 2005

Quelle mauvaise foi Cohen ! Tu crois vraiment qu'après ton pet-raviolis de 7h du mat', tes poils de cul s'offusqueront d'un vent frais matinal ?!

Ecrit par : Kir | jeudi, 27 octobre 2005

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